Après deux années à de modestes niveaux, l’offre de viande ovine britannique s’étoffe début 2026 et permet, associée à la poursuite de bons niveaux d’importations de viande australienne, et à un léger recul de la consommation intérieure, une nouvelle hausse des exportations de viande ovine. Cette situation de marché permet aux prix à la production de se maintenir à des niveaux historiquement élevés, proches du record observé en 2024. Côté français, si le disponible rebondit sur les premiers mois de l'année, la demande ne suit pas et les distributeurs indiquent des achats en repli.
Viande ovine » France »
Léger regain de la cotation avant l’Aïd
Dernière révision leÀ l'approche de l’Aïd el Kébir, le cours français entrée abattoir établi par FranceAgriMer remonte légèrement, probablement en lien avec la réactivation du commerce. La tendance diverge selon les bassins : au Sud, le cours se redresse tandis qu’au Nord, il s’effrite.
Le cours français remonte à quelques semaines de l’Aïd el Kébir
En semaine 20 de 2026 (se terminant le 17 mai), la cotation entrée abattoir de l’agneau français atteignait 10,55 €/kg, en hausse de 0,05 €/kg d’une semaine sur l’autre et de 0,04 € /2025.
À deux semaines de l’Aïd el Kébir, prévu le 27 mai, le commerce semble se réactiver et le cours de l’agneau remonte légèrement dans le Sud de la France. Au Nord, les cours poursuivent leur baisse.

La cotation pourrait de nouveau diminuer après l’Aïd, à l’image de son évolution l’an passé : les agneaux espagnols pourraient revenir sur le marché français et s’ajouter à d’autres d’agneaux d’import (du Royaume-Uni notamment) ainsi qu’à ceux issus de divers bassins de production français. Cela devrait alourdir le marché et peser sur les cours, la consommation étant orientée à la baisse.
La production française de viande ovine se redresse début 2026
Selon Agreste, la production abattue de viande ovine en France était en hausse de 14% d’une année sur l’autre au 1er trimestre 2026, totalisant 17 800 téc mais reculait de 6% comparée à la moyenne des cinq dernières années (2021-2025). Rappelons-nous toutefois que la production française avait été basse en 2025.
De plus, la hausse de mars 2026/2025 (+29%) est artificiellement gonflée par la date de la Pâques catholique (5 avril contre 20 avril en 2025) : les commandes ont été davantage préparées en mars qu’en avril cette année.
Cette hausse de production reflète à la fois à l’augmentation du nombre de réformes abattues, de +8% à 100 000 têtes, et le net alourdissement de leurs carcasses (de 27,3 à 28,4 kg). Le nombre d’agneaux abattus progresse davantage, de 14% à 800 000 têtes, avec un poids moyen de carcasse stable, à 18,6 kg.
La production française a augmenté malgré la forte baisse des effectifs d’agneaux importés vivants : aucun en janvier, -74% /2025 en février et -31% en mars, soit -47% sur trois mois. La part des agneaux importés dans les abattages français a nettement baissé au fil des ans : 8%, puis 6%, puis 5%, puis 4%, puis enfin 3% entre 2021 et 2025, et 2026 semble ne pas faire exception.

Les imports de viande ovine augmentent en février et mars 2026
Les importations françaises de viande ovine destinées au marché français (en soustrayant le réexport estimé de viande ovine britannique) ont poursuivi leur hausse en mars 2026 (+6%/2025), totalisant 8 400 téc. Au total, sur le 1er trimestre 2026, elles ont augmenté de 5% /2025, totalisant 21 000 téc (-5% /moyenne 2015-2019). Elles ont reculé en provenance d’Espagne et d’Irlande mais ont augmenté en provenance du Royaume-Uni et de Nouvelle-Zélande.

Le disponible français en viande ovine se redresse
Au 1er trimestre 2026, la production française et les importations de viande ovine sont en hausse d’une année sur l’autre (en lien avec la date de Pâques) : le disponible français en viande ovine augmente ainsi de 9% /2025 mais reste 9 % sous la moyenne 2015-2019 (avant Covid et Brexit).

Selon les professionnels de la distribution, les achats de viande ovine par les ménages français ont reculé sur trois comme sur quatre mois cumulés en 2026 comparé à 2025. Les niveaux de prix atteints déjà l’an dernier semblent avoir dépassé le seuil d’acceptabilité de nombreux consommateurs. Ils augmentent encore aujourd’hui.




