Viande ovine

Offre et demande relativement équilibrées pour Pâques 2026

L’offre française a été en repli comparée aux années précédentes pour Pâques, qui correspond à un pic de consommation d’agneau en France. Des disparités ont été observées en termes d’approvisionnement en agneaux entre le Nord et le Sud du pays. Les achats ont été au rendez-vous, comme pour chaque fête religieuse, mais la consommation « courante » de viande ovine, plus onéreuse, pourrait être victime de la hausse du prix des carburants et de l’incertitude économique associée. Ailleurs en Europe, les prix restent élevés, en particulier en Espagne où l'offre manque.

Viande ovine » France »

Un approvisionnement en agneaux français limité pour Pâques

Pâques 2026 s’est dans l’ensemble bien déroulé pour la filière ovine, malgré quelques déficits en approvisionnement dans la partie nord de la France. Les achats des Français auraient été légèrement inférieurs à ceux de l’an passé.

La cotation française atteint encore de bons niveaux pour Pâques 2026

Pour Pâques 2026, la cotation de l’agneau français a atteint 10,83 €/kg, en baisse de 0,21 €/kg comparée à Pâques 2025. Au global l’offre pascale française a été en baisse cette année. Mais une différences entre le Nord et le Sud de la France a été observée. Le Nord a manqué d’agneaux tandis qu’au Sud, où ils sont dans l’ensemble moins chers, l’offre était suffisante. La moitié sud de la France ayant probablement plus pesé dans les volumes nationaux, cela peut expliquer, au moins en partie, la baisse des cours nationaux comparés à l’an passé.

En semaine 15 de 2026 (se terminant le 12 avril), la cotation entrée abattoir de l’agneau français atteignait 10,71 €/kg, en baisse de 0,12 €/kg d’une semaine sur l’autre (et -0,21 € /2025).

La filière redoute une chute de la cotation après l’Aïd (fin mai), comme l’an passé, avec un marché encombré : les agneaux espagnols arriveront sur le marché français après avoir fourni les pays du Moyen-Orient (contrats jusqu’à la mi-mai). La consommation des ménages français pourrait de nouveau baisser du fait de l’impact de la guerre en Iran sur leur pouvoir d’achat.

La production augmente sous l’effet d’une hausse des réformes

Selon Agreste, la production abattue de viande ovine en France était en hausse de 2% d’une année sur l’autre sur les deux premiers mois de 2026, à 9 800 téc, mais en recul de 10% comparée à la moyenne des cinq dernières années (2021-2025).

Cette hausse est due à la fois à l’augmentation du nombre de réformes abattues, de +14% à 65 000 têtes, et au net alourdissement de leurs carcasses, qui sont passées en moyenne de 27,2 à 28,4 kg. À l’inverse, le nombre d’agneaux abattus recule, de 1% à 433 000 têtes, mais leur poids moyen de carcasse a lui aussi augmenté, passant de 18,4 à 18,7 kg. L’absence d’agneaux importés vivants dans les abattoirs en janvier ainsi que le recul de 75% en février accentuent la baisse des effectifs abattus. La part des agneaux importés dans les abattages français a nettement baissé au fil des ans : 8%, puis 6%, puis 5%, puis 4%, puis enfin 3% entre 2021 et 2025.

À l’échelle nationale, on a produit moins de viande ovine que l’an passé pour Pâques, et cela provient surtout d’une baisse des approvisionnements dans la partie Nord de la France. Dans le Sud, l’export des Lacaunes en février-mars vers l’Espagne, l’Allemagne ou encore l’Italie a pesé dans le disponible. La filière constate une dégradation de la qualité des carcasses en lien avec l’alourdissement des animaux.

Selon les données d’Ovinfos, fournies par Interbev, les volumes abattus autour de Pâques étaient en légère baisse par rapport à leurs niveaux de 2025.

Les exports français d’agneaux vivants ont par ailleurs augmenté de 16% sur deux mois en 2026, totalisant 93 000 têtes. Les exports de réformes étaient en baisse de 7%.

Un décalage des sorties d’agneaux au-delà des fêtes religieuses dans certaines régions est à prévoir cette année encore : les éleveurs ont tenté de recaler les calendriers de naissance, suite au décalage de 2025 lié à la FCO, mais cela n’a pas toujours été concluant.

Après un recul en janvier, les imports de viande ovine bondissent

Les importations françaises de viande ovine destinées au marché français (en soustrayant le réexport estimé de viande ovine britannique) ont rebondi de 21% en février 2026, totalisant 7 000 téc. Au total, sur un cumul de deux mois, elles ont augmenté de 4% /2025, totalisant 12 500 téc (-3% /moyenne 2015-2019). Elles ont reculé en provenance d’Espagne et d’Irlande mais ont augmenté en provenance du Royaume-Uni et de Nouvelle-Zélande.

Les importations de viande ovine néozélandaise chilled pour Pâques ont été en partie impactées par la fermeture du détroit d’Ormuz. De nombreux gigots sont arrivés en France après Pâques.

Si les achats de viande ovine chutaient plus que la normale après Pâques, du fait des incertitudes économique induites par la guerre en Iran, les importations seraient les premières impactée : l’arbitrage se ferait avec l’import si on avait du mal à vendre les agneaux français.

Le disponible français en viande ovine se redresse sur les deux premiers mois de 2026

Sur les deux premiers mois de 2026, la production française et les importations de viande ovine ont rebondi d’une année sur l’autre, conduisant à une hausse du disponible consommable.

Le disponible français en viande ovine augmente ainsi de 3,5% /2025 mais reste 10 % sous la moyenne 2015-2019.

Selon le panel Numerator (données fournies par FranceAgriMer), les achats de viande ovine par les ménages français ont progressé de 1% sur 2 mois en 2026 /2025, parallèlement à une hausse de 6% du prix moyen (à 20,17 €/kg).

La hausse des prix du carburant et l’incertitude liée à la guerre au Moyen Orient semblent ne pas avoir eu d’effet sur les achats d’agneaux pour la Pâques chrétienne, peut-être un peu plus sur la Pâques juive (prix plus élevé du casher). Une nouvelle baisse du pouvoir d’achat des Français pourrait toutefois impacter les achats hors fêtes religieuses.

Viande ovine » UE et monde »

Contre-coup pour la filière espagnole

Le cheptel ovin espagnol s’est effondré fin 2025. La production et les exports, de vif comme de viande, sont en net recul. La cotation reste exceptionnellement élevée, illustrant le déséquilibre entre une offre restreinte et une demande particulièrement dynamique. Les cours britanniques sont proches de leur haut niveau de 2024, les cours irlandais remontent au-dessus de leur niveau de 2025

Espagne : la cotation reste à des niveaux exceptionnellement élevés

Après avoir atteint un point haut pour Pâques, phénomène d’ordinaire non observé en Espagne, le cours de l’agneau lourd espagnol entrée abattoir atteignait 11,49 €/kg en semaine 15, en baisse de 0,34€/kg d’une semaine sur l’autre et en hausse de +2,80 €/kg d’une année sur l’autre.

La production espagnole de viande ovine a baissé de 3% /2025 sur les deux premiers mois de 2026, totalisant 14 000 t. Les abattages d’agneaux ont reculé de 8% et ceux des réformes ont par ailleurs progressé de 5% /2025.

Les exportations de viande ovine espagnoles auraient de leur côté diminué de 5%, totalisant 7 400 téc, selon les douanes espagnoles.

Toujours sur les deux premiers mois de 2026, les exportations espagnoles d’agneaux vivants ont baissé de 64%, cumulant 64 000 têtes tandis que celles des réformes ont baissé de 66%, à 12 400 têtes.

Royaume-Uni : la cotation reste proche de son niveau de 2024

Le cours de l’agneau britannique entrée abattoir atteignait 9,72 €/kg en semaine 15, soit -0,22 €/kg d’une semaine sur l’autre et +1,40 €/kg d’une année sur l’autre. Il évolue globalement aux niveaux de 2024, bien au-dessus de ceux de 2025.

La production de viande ovine britannique avait progressé de 2% entre 2024 et 2025, mais cette hausse n’avait pas permis de contrebalancer la baisse de 7% entre 2024 et 2023. Elle est en hausse de 7% sur le 1er trimestre de 2026 /2025, à 70 000 t. C’est 2% de moins que la production ovine moyenne sur les 1er trimestres entre 2015 et 2019, avant Brexit. Les effectifs d’agneaux abattus ont gagné 5%, à 2,9 M de têtes et ceux des réformes 1% à 321 300 têtes. Les carcasses des agneaux et des réformes se sont alourdies de respectivement 0,5 kg et 0,7 kg, atteignant respectivement 21,1 et 27,6 kg.

Les importations britanniques de viande ovine ne cessent de progresser depuis l’application des accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande et l’Australie en 2023 : +42% en 2024 et +3% en 2025. Sur 2 mois en 2026, ils bondissent de 12%, à 12 600 téc, avec +50% d’Australie.

Cela permet de libérer des volumes de viande ovine britannique à l’export. En effet, ces derniers ont progressé de 9% en 2025 mais c’est une hausse plus forte qui a été enregistrée pour les deux premiers mois de 2026 : +19% /2025, à 15 600 téc.

Les achats des ménages britanniques reculent de 2% sur le 1er trimestre 2026, avec des hausses de prix de 11% en moyenne sur la viande ovine.

Irlande : production et exportations toujours en retrait début 2026

Le cours de l’agneau irlandais de printemps entrée abattoir atteignait 10,10 €/kg en semaine 14, stable d’une semaine sur l’autre et +0,35 €/kg d’une année sur l’autre.

La production irlandaise de viande ovine a baissé de 3% /2025 sur les deux premiers mois de 2026, totalisant 8 360 t. Les abattages d’agneaux ont reculé de 4% et ceux des réformes étaient par ailleurs stables comparé à 2025.

Les exportations de viande ovine irlandaises auraient de leur côté diminué de 10%, totalisant 6 800 téc, selon les douanes irlandaises.