Viande ovine

Des importations d’agneaux vivants en France de plus en plus limitées

En grande partie originaires d’Espagne, les effectifs d’agneaux vivants importés en France se sont effondrés en 2025. En janvier 2026, aucune entrée n’a été comptabilisée par les douanes françaises. Avec l’arrêt progressif des flux mondiaux de vifs, notamment d’Océanie, les pays méditerranéens se sont tournés vers l'Espagne. Ceci accentue la baisse des abattages en France. Au Royaume-Uni, la mise en œuvre des accords de libre-échange avec l'Océanie a provoqué une forte hausse des importations de viande ovine, qui a permis au pays d'exporter à son tour davantage de viande.

Viande ovine » France »

Un approvisionnement en agneaux limité pour Pâques

Alors que les sorties des élevages français restent en-deçà des niveaux des années précédentes, l’import de vif, essentiellement originaire d’Espagne, décline.

Le cours français se redresse pour les fêtes religieuses

En semaine 11 de 2026 (se terminant le 15 mars), la cotation entrée abattoir de l’agneau français atteignait 10,05 €/kg, en hausse de 0,11 €/kg d’une semaine sur l’autre. Elle restait par ailleurs 0,03 €/kg sous son niveau de 2025.

La consommation s’active avec les fêtes religieuses successives : Ramadan du 17 février au 18 mars, Pâques juives du 1er au 9 avril, Pâques chrétienne le 5 avril puis l’Aïd du 27 au 30 mai. La filière s’inquiète que la finition de certains agneaux pourrait cette année encore être décalée après les fêtes.

L’approvisionnement français pour Pâques pourrait de nouveau être limité cette année et il ne faudra pas compter sur l’import d’agneaux vivants (près de 6% de nos abattages d’agneaux pour mars-avril en 2024 et 4% en 2025), pour contrebalancer nos moindres sorties.

Les sorties et les imports de vif reculent, abattages en baisse

Selon Agreste, la production abattue de viande ovine était en hausse de 2% d’une année sur l’autre sur janvier 2026, à 4 400 téc, mais en recul de 14% comparée à la moyenne des cinq dernières années (2021-2025).

Cette hausse est due à la fois à l’augmentation du nombre de réformes abattues (+9% à 27 000 têtes), et au net alourdissement de leurs carcasses, qui sont passées en moyenne de 27,1 à 29,2 kg. À l’inverse, le nombre d’agneaux abattus recule, de 3% à 194 000 têtes, mais leur poids moyen de carcasse a lui aussi augmenté, mais plus modestement, de 18,2 à 18,5 kg. L’absence d’agneaux importés vivants dans les abattoirs en janvier accentue la baisse des effectifs abattus. La part de ces derniers a nettement baissé au fil des ans : 8%, puis 6%, puis 5%, puis 4%, puis enfin 3% entre 2021 et 2025.

Selon les données d’Ovinfos, fournies par Interbev, les volumes abattus en janvier et février seraient bien en-deçà des volumes de 2025. Cela résulte en grande partie du recul des entrées observé dans les centres d’engraissement fin 2025, combiné à une vive hausse des exports d’agneaux vifs. Les abattages début 2026 sont donc logiquement plus limités.

La France n’a importé aucun agneau vivant en janvier 2026 et les imports de réformes sont réduites à peau de chagrin (255 têtes). Ces reculs participent à la baisse des abattages en France.

Les exports français d’agneaux vivants ont par ailleurs augmenté de 21% en janvier 2026, totalisant 51 000 têtes, progressant vers l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. Les exports de réformes étaient en baisse de 15%.

On craint un décalage des sorties d’agneaux au-delà des fêtes religieuses cette année encore dans certaines régions : les éleveurs ont tenté de recaler les calendriers de naissance, suite au décalage de 2025 lié à la FCO, mais cela n’a pas toujours été concluant.

La nette baisse des importations de viande ovine se poursuit en janvier 2026

Les importations françaises de viande ovine destinées au marché français (en soustrayant le réexport estimé de viande ovine britannique) ont baissé en janvier 2026 (-13 %), totalisant 5 400 téc. Elles ont reculé en provenance de nos principaux fournisseurs, avec -27% du Royaume-Uni (flux en hausse jusqu’en novembre 2025), -25% depuis l’Irlande, et – 36% depuis l’Espagne. Seuls les imports en provenance de la Nouvelle-Zélande augmentent nettement (+53%).

Les importations françaises de viande ovine reculeraient de 19 % comparées à la moyenne 2015-2019.

La baisse du disponible français en viande ovine s’accentue en janvier 2026

En janvier 2026, les abattages français sont toujours en repli d’une année sur l’autre, tout comme les importations de viande ovine.

Le disponible français en viande ovine recule ainsi de 7% /2025 et même de 21 % comparé à la moyenne 2015-2019.

Selon le panel Kantar, les achats de viande ovine par les ménages français ont baissé de 14% en 2025 comparés à 2024, parallèlement à une hausse de 10% du prix moyen (à 20,22 €/kg en 2025). Les données de janvier 2026 ne sont pas encore publiées.

La consommation reste modeste et la demande pour les agneaux qui sortent au 1er semestre, moins nombreux, devrait se tasser à l’été, après les fêtes religieuses.

Viande ovine » UE et monde »

Les exports britanniques poursuivent sur une bonne lancée

Avec la hausse notable des importations de viande ovine en provenance d’Océanie et surtout d’Australie depuis l’application de l’accord de libre-échange entre les pays en mai 2023, le disponible de viande ovine britannique a nettement progressé. Cela permet au pays de libérer davantage de volumes à l’export lorsque la production intérieure le permet, et ces derniers progressent donc depuis 2025.

La cotation entrée abattoir de l’agneau britannique rejoint ses niveaux de 2024

Le cours de l’agneau britannique entrée abattoir atteignait 8,72 €/kg en semaine 10 (se terminant le 8 mars), soit +0,06 €/kg d’une semaine sur l’autre et -0,11 €/kg d’une année sur l’autre. Début mars, le cours de l’agneau britannique est au même niveau qu’en 2025 et 2024.

La production de viande ovine britannique avait progressé de 2% entre 2024 et 2025, mais cette hausse n’avait pas permis de contrebalancer la baisse de 7% entre 2024 et 2023.

Elle est en hausse de 0,5% en janvier 2026 /2025, à 21 400 téc. C’est 12% de moins que la production ovine moyenne des mois de janvier entre 2015 et 2019, avant Brexit.

Les effectifs d’agneaux abattus ont reculé de 3%, à 876 000 têtes et ceux des réformes de 7% à 102 000 têtes. Les carcasses des agneaux comme des réformes se sont alourdies de 0,9kg, atteignant respectivement 21,1 et 28,5 kg.

Les importations britanniques de viande ovine ne cessent de progresser depuis l’application des accords de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande et l’Australie en 2023 : +42% en 2024 et +3% en 2025. En janvier 2026, ils bondissent de 15%, à 5 100 téc, avec +70% d’Australie, +38% d’Irlande et – 4% de Nouvelle-Zélande.

Cela permet de libérer des volumes de viande ovine britannique à l’export. En effet, les exportations britanniques de viande ovine ont progressé de 9% en 2025. C’est la même progression qui a été enregistrée pour janvier 2026 : +9% /2025, à 7 500 téc, avec des hausses vers ses principaux clients, sauf les Pays-Bas. On note notamment +3% vers la France (dont une partie des volumes sont réexportés vers d’autres pays clients du Royaume-Uni), +20% vers l’Allemagne et +26% vers la Belgique.