Viande ovine

Une offre française toujours modeste en ce début d’année

La production de viande ovine en France semble rester modeste en ce début d’année, en partie du fait d’une hausse des envois d’agnelets vivants vers l’Espagne fin 2025, pour Noël. Les prix exorbitants atteints en Espagne ont créé une opportunité pour le marché français du vif, au détriment d’une partie des agneaux mis à l’engraissement en France pour un approvisionnement de notre marché prévu ce début d’année.

Viande ovine » France »

La cotation débute 2026 sous son niveau de 2025

Si la cotation de l’agneau lourd entrée abattoir s’est nettement redressée pour les fêtes de fin d’année, elle reste sous ses niveaux de 2025 : le commerce pour cette période festive aurait été quelque peu décevant. La cotation démarre 2026 sous son niveau de l’an passé mais surpasse toutefois de loin celles de 2023 et 2024.

La cotation française proche des 10€/kg début 2026

En semaine 3 de 2026 (se terminant le 18 janvier), la cotation entrée abattoir de l’agneau français atteignait 9,95 €/kg, stable d’une semaine sur l’autre. Elle restait par ailleurs 0,52 €/kg sous son niveau de 2025.

En novembre 2025, l’IPAMPA ovin viande était en légère hausse d’un mois sur l’autre et quasiment stable d’une année sur l’autre. Si on regarde dans le détail :
• L’indice énergie et lubrifiants a augmenté de 6% d’un mois sur l’autre et diminué de 2% /2024 ;
• L’indice engrais était en hausse de 3% d’un mois sur l’autre et de 12% d’une année sur l’autre ;
• L’indice aliments achetés était stable d’un mois sur l’autre et reculait de 5% d’une année sur l’autre.

Le prix des engrais et des énergies repart donc à la hausse fin 2025. Attention, d’autres charges comme le travail effectué par un tiers ou le fermage, ne sont pas incluses dans l’IPAMPA.

Les abattages français continuent de se redresser d’une année sur l’autre en novembre

Selon Agreste, la production abattue de viande ovine était en recul de 3% d’une année sur l’autre sur 11 mois en 2025, à 62 000 téc, et de 14% comparée à la moyenne des cinq dernières années (2020-2024).
Sur la période, les abattages d’agneaux comme de réformes ont diminué de 6 % en effectif et de 3 % en volume. Ces replis sont au moins en partie imputables à l’épidémie de FCO. L’alourdissement des carcasses explique les évolutions en volume. Le poids moyen de carcasse des agneaux est passé de 18,4 à 19,0 kgéc et celui des réformes de 26,2 à 27,1 kgéc.

Selon les données d’Ovinfos, fournies par Interbev, les volumes abattus en décembre seraient en légère baisse d’une année sur l’autre. Ils sont en légère hausse la première semaine de 2026 puis s’effondrent la 2ème.

Les importations françaises d’agneaux vivants ont diminué sur les onze premiers mois de 2024, de 38% /2024, totalisant 79 000 têtes. Elles reculent de 39 000 têtes d’Espagne, notre principal fournisseur. Les imports de réformes, toutes espagnoles, ont baissé de 20% /2024, à 13 300 têtes et aucun flux n’a été constaté en novembre. Ces reculs participent à la baisse des abattages en France.

Après avoir diminué de 18% sur un cumul de 10 mois, les exports français d’agneaux vivants ont doublé d’une année sur l’autre en novembre 2025, à destination de l’Espagne et de l’Italie, inversant la tendance à l’œuvre. Ils augmentent de 13% sur un cumul 11 mois en 2025, totalisant 270 000 têtes. En décembre, les effectifs exportés seront probablement importants : le remplissage des ateliers d’engraissement dans le Sud de la France ayant diminué au profit de l’export d’agnelets. Cela devrait impacter la disponibilité en agneaux finis pour le 1er semestre 2026.

Par ailleurs, selon les retours du terrain, il est possible qu’il y ait eu de la recapitalisation dans certaines exploitations ovines : attendons les données cheptel du SSP de fin 2025.

Toujours sur 11 mois cumulés, les exports de réformes ont légèrement baissé, de 1%, à 47 000 têtes. On enregistre un bond de 50% vers l’Italie mais un repli de 97% vers la Hongrie et un arrêt des envois vers Chypre.

La baisse des importations de viande ovine s’accélère en novembre

Les importations françaises de viande ovine destinées au marché français (en soustrayant le réexport estimé de viande ovine britannique) voient leurs volumes baisser sur un cumul de 11 mois en 2025 (-3,6 %), totalisant 74 000 téc. Elles sont désormais stables en provenance du Royaume-Uni (flux en hausse jusqu’en novembre où les volumes britanniques chutent) mais baissent fortement en provenance des autres fournisseurs principaux : -12% depuis l’Irlande, -5% depuis la Nouvelle-Zélande et -12% depuis l’Espagne.

Les importations françaises de viande ovine reculeraient de 13 % comparées à la moyenne 2015-2019, sur 11 mois cumulés.

Après une hausse en octobre, les achats des ménages dégringolent en novembre

Sur les 11 premiers mois de 2025, les abattages français sont toujours en repli d’une année sur l’autre, tout comme les importations de viande ovine.

Le disponible français en viande ovine recule ainsi de 4% /2024 et même de 16 % comparé à la moyenne 2015-2019. Il avait repris des couleurs en octobre mais baissé de nouveau en novembre.

Selon le panel Kantar, les achats de viande ovine par les ménages français, hors RHD, ont baissé de 13% sur 11 mois en 2025 comparés à 2024, parallèlement à une hausse de 9% du prix moyen (à 19,82 €/kg). On remarque un regain des achats d’une année sur l’autre en octobre 2025 puis un effondrement en novembre (-26% /2024). Cela pourrait aller de pair avec un prix moyen de vente en hausse de seulement 3% en octobre mais de 12% en novembre.

Viande ovine » UE et monde »

L’export britannique résiste malgré un cheptel affaibli

En 2025, malgré une offre modeste, la hausse des importations de viande ovine, notamment depuis l’application de l’accord de libre-échange avec l’Australie, permet au Royaume-Uni de concentrer sa production sur le débouché export. Les volumes associés sont en hausse notable cette année, au détriment de ceux d’autres exportateurs.

Royaume-Uni : les effectifs d’agneaux atteignaient leur plus bas niveau en juin 2025

Début 2026, en semaine 2, la cotation de l’agneau britannique atteignait 8,29 €/kg soit -0,01 €/kg d’une semaine sur l’autre et -0,33 €/kg comparée à 2024.

Selon l’enquête du Defra (Département de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales), le cheptel ovin britannique continue de se contracter. En juin 2025, il était inférieur de près de 2% à celui de l’année précédente, avec des baisses dans toutes les catégories, y compris les brebis. Le nombre d’agneaux de moins d’un an atteignait 14,8 millions de têtes, soit le niveau le plus bas enregistré depuis le début de la collecte de données en 1984.

Toujours d’après le Defra, après une hausse de 3% sur 7 mois, les abattages d’agneaux décrochent : ils n’ont cessé de reculer d’une année sur l’autre en août (-5%), septembre (-3%), octobre (-9%) et novembre (-12%) et sont alors en recul de 2% d’une année sur l’autre sur 11 mois cumulés. Les abattages de réformes baissent de 8% sur la période, et n’ont dépassé leur niveau de 2024 qu’au mois de juin.

Avec des poids moyens de carcasse en hausse de +0,6 kg pour les agneaux, à 20,5 kg, et une baisse de 0,7 kg pour les réformes, à 26,5 kg, la production britannique totale de viande ovine a atteint 240 300 t sur les 11 premiers mois de 2025, soit-0,3% /2024 et -11% comparée à la moyenne 2015-2019. Les importations d’ovins vivants ont fortement augmenté au Royaume-Uni en 2025 ; on constate notamment une hausse de 155% (+29 000 têtes) des ovins vivants nord-irlandais importés pour abattage direct, totalisant 47 500 têtes.

On constate un regain des achats d’agneau au détail par les Britanniques sur le dernier trimestre de 2025 comparés à la même période de 2024, de 4% d’une année sur l’autre, en parallèle d’une hausse de 2 % du prix moyen payé (Kantar).

Les exportations britanniques de viande ovine étaient en hausse de 10% sur la période, à 79 000 téc. Elles dépassaient de seulement 1% leur niveau d’avant Brexit et pandémie de Covid-19 (moyenne 2015-2019). En novembre, elles se stabilisaient d’une année sur l’autre après deux mois de hausses.

Après un bond en 2024, les importations britanniques de viande ovine poursuivent leur croissance en 2025, augmentant de 3% /2024 sur les 11 premiers mois de 2025, à 73 300 téc. Elles augmentent de 35% soit +7 000 téc en provenance d’Australie, mais baissent de 9% en provenance de Nouvelle-Zélande.

Irlande : fortes baisses de la production et des exportations de viande ovine

En semaine 2 de 2026, selon la commission européenne, la cotation du Hogget irlandais atteignait 7,95 €/kg, en hausse de +0,10 €/kg d’une semaine sur l’autre et en baisse de 1,35 €/kg comparée à la même semaine en 2025.

Malgré une forte hausse des importations d’ovins vivants (x3), provenant principalement du Royaume-Uni (pour tenter de contrebalancer la baisse des sorties d’agneaux irlandais et celle des imports de vifs prêts à abattre originaires d’Irlande du Nord), et après avoir déjà baissé de 10% entre 2023 et 2024, la production irlandaise de viande ovine a chuté de 17% /2024 sur 11 mois en 2025, totalisant 49 000 tonnes. C’est 20% de moins que sur la moyenne des cinq dernières années. Après de fortes baisses d’une année sur l’autre de juillet à octobre, la tendance persiste mais ralentit en novembre (-4%).

Les effectifs d’agneaux abattus ont diminué de 19% /2024 et de 16% en volume, illustrant une hausse de leur poids moyen de carcasse, de 22,1 à 22,6 kg. Le nombre de réformes a reculé, de 20% /2024, et de 19% en volume, avec un poids moyen de carcasse en légère hausse, atteignant 26,1 kg.

Plusieurs facteurs pourraient expliquer ce franc recul de la production, plutôt structurels comme un renouvellement générationnel difficile, ou plus conjoncturels comme la baisse des abattages d’agneaux nord-irlandais (qu’il était plus intéressant d’abattre au Royaume-Uni où les agneaux sont pour le moment mieux valorisés, avec le label Red Tractor). La baisse de la production d’agneaux en Irlande du Nord y est aussi pour quelque chose : selon Irish Farmer Journal, l’approvisionnement d’ovins dans leurs abattoirs aurait diminué de 11% /2024. Avec une meilleure valorisation du lait de vache et de la viande de bœuf, certains éleveurs irlandais auraient aussi tendance à se détourner de la production ovine.

Un autre élément pourrait appuyer la tendance à l’œuvre : l’apparition de la FCO-3 en Irlande du Nord fin novembre 2025, qui a provoqué l’interdiction de l’envoi d’ovins vifs vers la République d’Irlande. Les exports pour abattage direct sont autorisés si le mouvement est déclaré au moins 48h à l’avance, ce qui ne devrait finalement pas trop bloquer les flux.

Malgré ce fort repli de l’offre, les douanes irlandaises ne font état que d’une légère baisse des exportations de viande ovine de 2% /2024, totalisant 45 000 téc. Les données sont erronées mais n’ont pour le moment pas été corrigées… Bord Bia évoqueune une chute – bien plus réaliste – de 15% des exports irlandais de viande ovine entre 2025 et 2024, atteignant leur plus bas niveau depuis 2016, avec 51 000 tonnes.

Espagne : une cotation de l’agneau lourd qui explose

Le cours de l’agneau espagnol entrée abattoir débutait 2026 à 11,02 €/kg en semaine 2. Il bondissait alors de 0,68 €/kg d’une semaine sur l’autre et restait 1,52 €/kg au-dessus de son niveau de 2025. Les prix de la viande s’envolent en Espagne, notamment ceux de l’agneau, ce qui peut résigner une partie des consommateurs.

La forte demande sur les marchés internationaux pour la viande espagnole, visiblement très appréciée, tire aussi les prix vers le haut : les acheteurs étrangers sont prêts à payer plus cher. Il en résulte une pression accrue sur l’approvisionnement du marché intérieur en animaux.
La FCO (mortalité, problèmes de reproduction, avortements, …), des épisodes climatiques extrêmes (forte sécheresse sur les dernières années) et des difficultés de transmission des élevages entre générations sont à l’origine d’une baisse des effectifs ovins en Espagne (près de 5% de brebis en moins chaque année), ce qui fait monter les cours, face à une forte demande internationale.

Du côté de la FCO, il faut noter le changement de stratégie des autorités espagnoles dans la lutte contre la maladie depuis mars 2025, d’un plan d’éradication à un plan de contention et de prévention, qui semble avoir impacté les abattages d’agneaux au 2nd semestre. Les agnelages d’automne, déterminants pour la période des fêtes, auraient diminué de 30% /2024.

Selon le journal espagnol El Païs, l’agneau a atteint 23,85 € le kilo à Noël, soit une augmentation de 9 % d’une année sur l’autre. À cause de cela, « la consommation est pratiquement inexistante » indique le président de la coopérative Copreca en Estremadure, et « l’agneau est devenu un produit de niche ».

La production de viande ovine espagnole s’est stabilisée d’une année sur l’autre sur 11 mois 2025, totalisant 87 400 t. Près de 650 000 réformes ont été abattues, soit -0,6% /2024 et la baisse est plus forte en volume (-1,8%), du fait d’un poids moyen de carcasse en baisse, à 24,2 kgéc. Le nombre d’agneaux abattus a diminué sur 11 mois en 2025, de 5% /2024, totalisant 5,8 M de têtes, tandis que les volumes abattus étaient stables, à 72 000 t. On constate un alourdissement marqué des carcasses d’agneaux, de 0,7 kgéc sur la période considérée, à 12,3 kgéc, en lien avec l’annulation des envois vers le Maroc au 1er semestre mais aussi possiblement avec l’adaptation des professionnels à la demande des pays du Moyen-Orient (agneaux lourds).

Malgré un recul des abattages, les exportations de viande ovine espagnole sont en hausse d’une année sur l’autre sur 11 mois en 2025, de 12% /2024, à 45 000 téc. C’est 7% de plus que sur les cinq dernières années. On observe notamment une forte hausse des envois vers l’Algérie (qui ont quasiment triplé, de 4 400 à 12 400 téc).

Contrairement aux années précédentes, les exportations d’ovins vivants ont enregistré un recul, notamment une baisse notable des livraisons vers d’importants marchés comme le Maroc. Les envois d’agneaux espagnols reculent de 31% d’une année sur l’autre, totalisant près de 900 000 têtes et les envois de réformes ont reculé de 35% /2024, à 101 400 têtes.

Nouvelle-Zélande : vers une nouvelle baisse du cheptel ovin ?

Les difficultés structurelles auxquelles fait face la filière néozélandaise (compétition avec l’élevage bovin lait puis les plantations de pin subventionnées par l’état, qui participent aux difficultés de rentabilité des exploitations ovines) pèsent sur le cheptel ovin. Entre juin 2014 et 2024, ce dernier a diminué de 21%, totalisant 24 millions de têtes. Sur cette période, le cheptel bovin lait a baissé de 13% tandis que l’allaitant était stable. La superficie des prairies a diminué tandis que celle allouée à la plantation de kiwi ou de pins ont significativement augmenté.

Attendons les résultats de l’enquête cheptel de juin 2025 mais la hausse des réformes et la baisse de la production d’agneaux présument d’une poursuite de la décapitalisation du cheptel ovin néozélandais.

En effet, sur les 10 premiers mois de 2025, la production a reculé de 2% /2024, totalisant 344 000 téc. Le nombre d’agneaux abattus a diminué de 6% /2024, à 14,5 M de têtes, tandis que celui des réformes a augmenté de 5%, à 2,2 M de têtes. Les données d’abattage de novembre connaissent un retard de publication.

Les exportations de viande ovine ont totalisé 372 000 téc sur 11 mois, en recul de 1% /2024. La plus forte baisse est enregistrée vers le Royaume-Uni (-8 200 téc) puis vers la Chine (-7 800 téc), et les États-Unis (-3 200 téc). A contrario, les exports néozélandais augmentent vers les Pays-Bas (+3 900 téc, plateforme de réexport), l’Allemagne (+ 3 600 téc) et Taïwan (+ 3 100 téc). Après avoir augmenté d’une année sur l’autre entre août et octobre, ils baissent de 4% en novembre 2025.

Le prix de la viande ovine néozélandaise, sur une tendance haussière depuis début 2024 sous l’effet d’une demande internationale dynamique associée à une offre mondiale sous tension, semble s’être globalement stabilisé sur les dernières semaines de 2025, autour de 5,30 €/kg. En 2025 en moyenne, il était à 4,89 €/kg soit +1,05 €/kg comparé à 2024.