Alors que la demande est toujours calme en automne, le manque d’offre a fait croître les prix en magasin et cela a pu peser sur les achats d’agneau qui reculent encore. La baisse des abattages, notamment liée au contexte sanitaire, est en partie responsable de cette hausse des prix de vente et du recul induit de la consommation. La filière cherche à relancer la production ovine.
Viande ovine » France »
Les achats de viande ovine restent en repli
Dernière révision leL’automne bien entamé, les achats des consommateurs restent faibles. Parallèlement, les abattages diminuent de façon progressive, comme chaque année, faisant augmenter mécaniquement la cotation des agneaux. Le manque d’approvisionnement maintient des prix de vente toujours haussiers, limitant une reprise de la consommation hors périodes de fêtes religieuses.
La cotation française reste sous ses niveaux de 2024 cet automne
La première semaine de novembre (45), la cotation de l’agneau lourd poursuivait sur la tendance d’octobre, augmentant plus lentement que les années passées pour sa traditionnelle hausse automnale qui devrait se poursuivre jusqu’à Noël.
En semaine 46 de 2025 (se terminant le 16 novembre), la hausse s’est accélérée et la cotation s’est redressée de 0,15 €/kg d’une semaine sur l’autre, à 9,02 €/kg. Elle restait par ailleurs 0,91 €/kg sous son niveau de 2024. Le commerce à l’aval est resté particulièrement calme et les abattages – tout du moins ceux d’octobre – étaient plus élevés que l’an passé. Cela a alourdi le marché et pesé sur la cotation.

L’IPAMPA ovin viande poursuit très progressivement sa baisse amorcée fin 2022, même s’il est doucement reparti à la hausse fin 2024 pour régresser ensuite. En septembre 2025, il était stable d’un mois sur l’autre comme d’une année sur l’autre. Si on regarde dans le détail :
• L’indice énergie et lubrifiants a augmenté de 3% d’un mois sur l’autre et reculé de 3% /2024 ;
• L’indice engrais était en recul de 1% d’un mois sur l’autre et en hausse de 10% d’une année sur l’autre ;
• L’indice aliments achetés s’est replié de 1% d’un mois sur l’autre et de 3% d’une année sur l’autre.
Attention, d’autres charges comme le travail effectué par un tiers ou le fermage, non incluses dans l’IPAMPA, continuent de croître.
Rebond des abattages en octobre selon Ovinfos
Selon Agreste, la production abattue de viande ovine était en recul de 7% d’une année sur l’autre sur les neuf premiers mois de 2025, à 52 000 téc, et de 15% comparée à la moyenne des cinq dernières années (2020-2024).

Sur la période, les abattages d’agneaux ont diminué de 8 % en effectif et de 6 % en volume, à 2,3 M de têtes et 43 000 téc, avec un poids de carcasse à 18,9 kgéc (+0,5 kgéc /2024). Les réformes ont vu leurs carcasses s’alourdir plus nettement, passant en moyenne de 26,1 kgéc à 27,0 kgéc. Leur nombre a diminué de 8% /2024 (à 339 000 têtes) : en volume la baisse de production est donc moins prononcée (-5%, à 9 100 téc). Ces replis sont au moins en partie imputables à l’épidémie de FCO.
Selon les données d’Ovinfos, les volumes abattus en octobre seraient plus élevés qu’au même mois l’an passé. Si cette tendance se poursuit en novembre cela pourrait expliquer, couplée à la faiblesse des achats, la lenteur de la reprise des cours cet automne.
Les importations françaises d’agneaux vivants ont diminué sur les neuf premiers mois de 2024, de 40% /2024, totalisant 58 000 têtes. Elles reculent de 33 000 têtes d’Espagne, notre principal fournisseur. Les imports de réformes, toutes espagnoles, ont baissé de 10% /2024, à 13 000 têtes. Ces reculs participent à la baisse des abattages en France.
Les exports d’agneaux vivants ont reculé de 11% sur la période, totalisant 182 000 têtes. Les envois vers l’Allemagne, expliqués par une baisse de leurs approvisionnements espagnols, ont quintuplé (+ 28 000 têtes) mais n’ont pas suffi à contrebalancer les baisses vers l’Espagne (- 12 500 têtes), l’Italie (- 25 400 têtes) et la Grèce (- 9 200 têtes). Les exports de réformes ont en revanche légèrement progressé, de 6%, à 42 400 têtes, principalement vers l’Italie.
La baisse de nos importations de viande ovine s’accélère en septembre
En léger recul sur l’année 2024, les importations françaises de viande ovine destinées au marché français (en soustrayant le réexport estimé de viande ovine britannique) voient leur baisse s’accentuer sur un cumul de 9 mois en 2025 (-5 %), totalisant 59 000 téc.

Sur cette période, on observe une baisse des volumes en provenance de tous nos principaux fournisseurs : Royaume-Uni (-3 %, estimation), Espagne (-15%), Nouvelle-Zélande (-5%) et Irlande (-12%). Jusque-là en hausse, les importations de viande ovine britannique se seraient effondrées en septembre (-55%), portant le cumul sur 9 mois à des volumes inférieurs à ceux de 2024.
Les importations françaises de viande ovine reculeraient même de 16 % comparées à la moyenne 2015-2019.
Le disponible français en viande ovine recule en 2025
Sur les neuf premiers mois de 2025, les abattages français sont toujours en repli d’une année sur l’autre, tout comme les importations de viande ovine.

Le disponible français en viande ovine recule ainsi de 6% /2024 et même de 18 % comparé à la moyenne 2015-2019.
Selon le panel Kantar, dont les données nous sont fournies par FranceAgriMer, les achats de viande ovine par les ménages français ont baissé de 13% sur 8 mois en 2025 comparés à 2024, parallèlement à une hausse de 10% du prix moyen des achats. Les données de septembre ne sont pas encore publiées mais les professionnels de la distribution confirment que les achats restent faibles, de même qu’au mois d’octobre.







