Viande ovine

L’offre faible tire le cours de l’agneau français vers le haut

Tirée conjointement par la hausse du cours de l’agneau au Royaume-Uni et la baisse des disponibilités sur le marché national, la cotation de l’agneau français ne cesse de croître : elle a atteint 6,67 €/kg en semaine 49 (se terminant le 8 décembre). Elle dépasse ainsi son niveau de 2017 (+5 centimes) et surpasse largement celui de l’an passé (+33 centimes).

Viande ovine » France »

La cotation de l’agneau français s’envole

Face à des abattages en recul et des importations de viande ovine ralenties, le marché français de la viande ovine s’est redressé depuis cet été. Parallèlement, le cours de l’agneau britannique, lui aussi tiré par une offre réduite à l’approche des fêtes, continue de croître.

Le cours de l’agneau français profite d’un manque d’offre

Après avoir commencé à lentement se redresser à partir de mi-octobre, la cotation de l’agneau français a connu une remontée encore plus rapide durant le mois de novembre et début décembre. En l’espace de six semaines (du 28 octobre au 8 décembre), la cotation nationale de l’agneau pondéré des régions a bondi de +0,48 €/kg, un peu moins vite que la cotation britannique qui a quant à lui gagné +66 centimes sur cette même période.

Outre le fort impact de l’amélioration du cours britannique, la cotation de l’agneau français a aussi pu profiter d’un retrait des abattages (-3% /2018 en octobre).

La baisse des importations françaises de viande ovine perdure

Après une baisse de -12 % /2018 en juillet, la diminution des importations françaises de viande ovine était moins importante puis s’est de nouveau accentuée en octobre, à hauteur de -9% /2018 à 7 450 téc. Les achats sont en baisse quelle que soit la provenance, excepté d’Espagne. Ce fournisseur a fortement accru ses expéditions vers la France en septembre et octobre (+29% /2018). Les importations de viande ovine britannique sont en retrait à hauteur de -7% en octobre, après avoir été très dynamiques de mars à septembre. Les achats de viande irlandaise sont restés ralentis, au même rythme qu’en août et septembre (-10% /2018). Les importations de viande en provenance de Nouvelle-Zélande ont été exceptionnellement faibles en octobre (-45%), mais devraient rebondir en novembre et décembre, d’après les douanes néo-zélandaises qui affichent un rebond au départ de Nouvelle-Zélande en octobre (+31% /2018).

Après avoir été dynamiques en début d’année, notamment en provenance du Royaume-Uni, les importations de viande ovine ont été ralenties si bien que le volume cumulé sur dix mois est finalement stationnaire d’une année sur l’autre.

Des abattages en recul au mois d’octobre

La production française de viande ovine a aussi reculé en octobre (-3% /2018). La baisse des effectifs d’agneaux  est de même ampleur (-3%, soit -6 900 têtes) que celle des réformes (-3% soit -1 200 têtes). En cumul sur 10 mois, la production de viande ovine est stable, avec une légère hausse pour la viande d’agneau (+1%) et un fort retrait concernant la viande issue de réformes (-5%). C’est la hausse des poids de carcasse moyens des agneaux sur 10 mois qui permet à la production nationale de viande ovine d’être stable malgré un recul du nombre d’ovins abattus. Le recul des abattages des réformes sous-tend une possible stabilisation du cheptel reproducteur, après plusieurs années de baisse.

En somme, les disponibilités sont limitées, face à une demande décrite comme faible mais frémissante, à l’approche de Noël.

La consommation estimée par bilan a légèrement reculé en octobre. Malgré cela, elle a légèrement progressé sur dix mois, de +0,5% /2018. D’après le panel Kantar, les achats de viande ovine par les ménages français (sans prise en compte des plats élaborés) sont toujours en baisse sur ces mêmes dix mois. L’approche des festivités devrait cependant relancer ces achats des ménages de façon temporaire au mois de décembre.

Des exportations de viande ovine en légère hausse

Après plusieurs mois de baisse, les envois de viande ovine sont de nouveau orientée en légère hausse en octobre (+2% /2018), malgré une légère baisse vers la principale destination : l’Italie. Dans le même temps, on enregistre des envois vers diverses destinations : la Belgique, le Danemark, la Pologne ou encore le Royaume-Uni, mais aussi bien que dans une moindre mesure, vers le Congo, l’Allemagne, la Suisse, le Gabon, l’Espagne ou encore le Tchad (premier envoi de l’année vers cette destination avec12 téc). Pour rappel, les envois de viande ovine étaient plutôt à la hausse en début d’année (+16% en février et +28% en avril), mais le total des envois sur 10 mois est tout de même en net retrait par rapport à l’an passé (-7%, soit -575 téc).

Viande ovine » UE et monde »

Marchés euphoriques grâce à une offre réduite et une demande forte

La conjoncture s’améliore au sein de l’Union européenne, où les disponibilités sont limitées, notamment dans les îles britanniques. La Nouvelle-Zélande bénéficie quant à elle de la forte demande asiatique malgré une production toujours faible.

ROYAUME-UNI : le cours de l’agneau britannique poursuit son envolée

Entre la mi-octobre et début décembre (semaines 41 à 49), le cours de l’agneau britannique s’est apprécié de 86 centimes. En semaine 49 (se terminant le 8 décembre), celui-ci a frôlé les 5 €/kg (4,99 €/kg), soit près de 50 centimes de plus qu’en 2017 et 2018 la même semaine.

Cette hausse des cours s’explique, comme en France, par un allègement du marché britannique conjointement à une amélioration de la situation globale en Union européenne. En effet, les importations britanniques de viande ovine en provenance de Nouvelle-Zélande sont toujours en net retrait et la production nationale de viande ovine, bien que toujours croissante, semble ralentir (+2% en oct. 2019 /2018, à 29 400 téc).

Les envois néozélandais (douanes NZ) vers le Royaume-Uni étaient en retrait de -37% en septembre et de -24% en octobre, par rapport aux mêmes périodes en 2018. La Nouvelle-Zélande fournissant près de 70% de la viande ovine que le Royaume-Uni importe, la tendance baissière s’est poursuivie en octobre, novembre, voire décembre (les marchandises néozélandaises mettent en moyenne 6 semaines à arriver en Europe).

La nette victoire des conservateurs lors de l’élection législative du 12 décembre devrait confirmer la sortie du Royaume-Uni de l’UE avec un accord au plus tard le 31 janvier 2020. Une telle perspective ne devrait pas perturber outre mesure les flux commerciaux de viande ovine avec la France en 2020 durant la phase de négociation de la future relation commerciale. Ensuite, les futures relations commerciales dépendront de l’accord commercial entre les deux parties.

IRLANDE : les achats de fin d’année tirent le cours de l’agneau vers le haut

Après avoir dépassé légèrement ses niveaux de 2018 et 2017, la cotation de l’agneau irlandais a stagné à 5,05 €/kg en semaines 47 et 48, puis est montée à 5,15 €/kg en semaine 49 (se terminant le 8 décembre).

La production de viande ovine est en net retrait : -5% d’abattages d’agneaux depuis le début de l’année, soit -110 400 têtes et -30% pour les réformes, soit -152 600 têtes (par rapport à 2018).

La hausse des importations de viande ovine en Irlande cette année (+1 020 téc de janvier à septembre d’une année sur l’autre) ne permet pas de compenser la forte baisse de production: – 3 040 téc, toujours de janvier à septembre, comparé à cette même période l’an passé.

Finalement, le commerce des agneaux gras est tout de même très actif à l’approche des fêtes et, face à des disponibilités limitées, permet au cours de l’agneau de poursuivre son ascension.

NOUVELLE-ZÉLANDE : une hausse des envois qui s’accentue en octobre

En Nouvelle-Zélande, la production de viande ovine a de nouveau en baissé en octobre (-3% /2018). la forte baisse des abattages d’agneaux (-4%, soit -65 500 têtes) n’ a été que partiellement compensé par des abattages de réformes dynamiques (+3%, soit + 3 800 têtes). Depuis le début de l’année, la tendance est toutefois baissière pour les agneaux comme pour les réformes (respectivement -5% et -16% sur un cumul 10 mois, comparé à 2018), illustrant une décapitalisation déjà à l’œuvre. Le cours de l’agneau néozélandais continue de prendre de la valeur, face à la forte demande internationale, en particulier chinoise.

Les envois vers l’UE sont quasi stables en octobre (-1% / 2018), tirés par un rebond des achats français de viande ovine néozélandaise (+31% d’envois vers la France). L’amélioration de la situation du marché français et le manque de disponibilités en viande ovine associé, peuvent expliquer cette hausse des envois en provenance de la Nouvelle-Zélande. Toutefois, les envois vers le Royaume-Uni restent en berne (-10% /2018 en octobre). Les envois vers la Chine restent bien évidemment très conséquents (+51%).