Alors que les deux premiers exportateurs mondiaux de viande ovine semblent se remettre doucement de la sécheresse de 2024 en recapitalisant leur cheptel ovin, ils doivent se préparer à affronter un nouvel épisode de El Niño. Annoncé pour le 2nd semestre 2026, cet évènement climatique pourrait être bien plus dévastateur que lors de ses précédentes apparitions.
Australie : recapitalisation en cours avant qu’El Niño ne frappe le pays
Après des années records en partie du fait d’une forte sécheresse en 2024, les abattages ovins australiens diminuent. Au 1er semestre 2026, on enregistre une baisse de 21% /2025, à 13 M de têtes, avec un repli de 14% des abattages d’agneaux et de 37% des abattages de réformes. La recapitalisation est en cours.

Toutefois, le Bureau of Meteorology (BOM) australien a récemment confirmé la présence du phénomène El Niño pour 2026 : il s’agit d’un phénomène climatique récurrent, qui crée des situations de chaleur et de sécheresse, et qui devrait impacter le pays au 2nd semestre 2026. Ce phénomène pourrait cette année revêtir un niveau exceptionnel, le taux de réchauffement qui le caractérise en début de phase étant déjà très élevé.
On s’attend alors à une nouvelle phase de décapitalisation en Australie, potentiellement plus importante que la précédente de 2024 où on observait déjà un pic exceptionnel des abattages ovins face à un manque sévère d’aliments.
Du côté des exportations australiennes de viande ovine, la baisse observée est de 29% sur le 1er semestre 2026, comparées à 2025, avec près de 74 000 téc au total. On observe des reculs importants vers la Chine (-45%), l’Arabie Saoudite (-42%) et les États-Unis (-16%), les trois premiers clients de l’Australie.

Face au disponible en retrait alors que la demande mondiale reste soutenue, les prix de la viande ovine australienne poursuivent leur hausse entamée fin 2023.
Nouvelle-Zélande : les exportations de viande ovine résistent
Après avoir augmenté de 2% entre 2023 et 2024, puis baissé de 1% /2024, la production ovine néozélandaise diminue de 1% /2025 sur cinq mois cumulés en 2026, à 216 000 téc.
En 2025, les abattages d’agneaux sont en hausse de 1% alors que les réformes reculent de 7%, en effectifs.

Les exportations néozélandaises ont reculé de 2%, totalisant 212 000 téc sur cinq mois en 2026, comparées à la même période en 2025. On constate un net recul vers la Chine (-16% soit -14 000 téc), le Royaume-Uni (-10% soit -2 400 téc) et l’Arabie Saoudite (-36% soit -2300 téc, du fait de fortes baisses en mars, avril, et mai, en lien avec le conflit au Moyen-Orient), que les hausses vers l’Amérique du Nord, le Japon, Taïwan et la Malaisie, n’ont su contrebalancer.

Tout comme en Australie, face au disponible en retrait en Nouvelle-Zélande alors que la demande mondiale reste soutenue, les prix de la viande ovine néozélandaise poursuivent leur hausse entamée en 2024.
Le phénomène El Niño devrait aussi impacter fortement la Nouvelle-Zélande au 2nd semestre 2026.
