UE et monde

Regain des abattages d’agneaux irlandais

Après une année 2025 compliquée pour la filière ovine irlandaise, 2026 semble mieux débuter. Les abattages d’agneaux observés jusqu’à mi-février sont globalement à la hausse. Cela devrait permettre une relance de l’export.

Irlande : reprise progressive de la production début 2026

Après une année 2025 marquée par une forte baisse de l’offre, la production ovine irlandaise est repartie à la hausse début 2026. Sur les 7 premières semaines de l’année, les abattages d’agneaux ont augmenté de 4% tandis que ceux des réformes étaient stables.

En semaine 6 de 2026, selon la commission européenne, la cotation du Hogget irlandais atteignait 7,80 €/kg pour la 3ème semaine consécutive. Il était alors en baisse de 1,30 €/kg comparé à la même semaine de 2025.

Malgré des importations d’ovins vivants qui ont triplé, principalement du Royaume-Uni (pour contrebalancer la baisse des naissances d’agneaux irlandais et celle des flux nord-irlandais), la production irlandaise de viande ovine a chuté de 15% /2024 en 2025, totalisant 53 000 tonnes. C’est 19% de moins que sur la moyenne des cinq dernières années.

Les effectifs d’agneaux abattus ont diminué de 17% /2024 et de 15% en volume, illustrant une hausse de leur poids moyen de carcasse, de 21,6 à 22,1 kg. Ils augmentent de 4% de début janvier à mi-février 2026/2025. Le nombre de réformes a reculé, de 20% /2024 en têtes, et de 19% en volume, avec un poids moyen de carcasse en légère hausse, à 26,0 kg. Ils sont stables début 2026.

De nombreux facteurs expliquent ce recul dont la baisse du cheptel de reproductrices, le recul du nombre d’agneaux de report suite à une fin d’année 2024 dynamique, mais aussi une baisse des flux d’agneaux en provenance d’Irlande du Nord… La filière irlandaise espère une légère reprise de la production mais l’apparition récente de la FCO pourrait changer la donne.

Bord Bia estime que les exports irlandais de viande ovine auraient chuté de 15% en 2025 par rapport à 2024, tombant à 51 000 tonnes, leur plus bas niveau depuis 2016.

Royaume-Uni : des abattages en recul début 2026

En semaine 6 de 2026, la cotation de l’agneau britannique atteignait 8,11 €/kg, soit 0,29 €/kg d’une semaine sur l’autre, et reculait de 0,67 €/kg comparée à 2024.

En janvier 2026, les abattages d’agneaux reculent de 3% d’une année sur l’autre et ceux des réformes de 7%. Les carcasses s’alourdissent pour ces deux catégories d’ovins. Selon Kantar, en janvier 2026, les achats de viande ovine au détail par les Britanniques ont diminué d’une année sur l’autre, de près de 8% en volume, après avoir été dynamiques pour Noël.

Le recul de production début 2026 fait suite à une année 2025 marquée par une hausse des disponibilités tant nationales qu’importées.

En effet, selon l’enquête du Defra (Département de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales), les abattages d’agneaux étaient en légère hausse (+1%) d’une année sur l’autre en 2025, totalisant 11,5 millions de têtes. Leur poids moyen de carcasse a bondi, passant de 19,9 à 20,5 kg.

Les abattages de réformes ont quant à eux diminué de 5% sur l’année, à 1,4 million de têtes. A l’inverse des agneaux, les carcasses de réformes se sont nettement allégées en 2025, après avoir atteint des sommets en 2024. Elles passent de 27,2 à 26,5 kg en moyenne.

Finalement, et malgré un nombre d’ovins abattus stable, la production britannique totale de viande ovine a atteint 272 300 t en 2025, soit +2% /2024, mais en forte baisse, de 12%, comparée à la moyenne 2015-2019.

Pour rappel, selon l’enquête du Defra, le cheptel ovin britannique connaît des baisses depuis quelques années et le nombre d’agneaux de moins d’un an a atteint en juin 2025 son niveau le plus bas enregistré depuis le début de la collecte de données, en 1984.

Les hausses de production et d’importations de viande ovine en 2025 ont permis de libérer des volumes à l’export.

Les exportations britanniques de viande ovine étaient alors en hausse de 9% en 2025, à 87 600 téc. Elles dépassaient de seulement 1% leur niveau d’avant Brexit et pandémie de Covid-19 (moyenne 2015-2019). En décembre, elles repartaient légèrement à la baisse (-1% /déc.2024).

Après un bond en 2024, les importations britanniques de viande ovine poursuivent leur croissance en 2025, augmentant de 3% /2024, à 78 600 téc. Elles augmentent de 40% soit +8 500 téc en provenance d’Australie (très offensive sur le marché britannique depuis l’application de l’accord de libre-échange entre les deux pays en mai 2023), mais baissent de 11% en provenance de Nouvelle-Zélande, soit – 4 900 téc.

Espagne : un cours entrée abattoir record début 2026

Le cours de l’agneau espagnol entrée abattoir atteignait 10,77 €/kg en semaine 6, soit +1,29 €/kg d’une année sur l’autre. Le prix de la viande ovine espagnole est artificiellement élevé du fait des subventions accordées aux importateurs par leur gouvernement marocain, concernant les ovins vifs espagnols.

La forte demande sur les marchés internationaux pour les ovins espagnols, visiblement très appréciés, tire aussi les prix vers le haut : les acheteurs étrangers sont prêts à payer plus cher. Il en résulte une pression accrue sur l’approvisionnement du marché intérieur en animaux.

La FCO, des épisodes climatiques extrêmes, et des soucis de transmission des élevages entre générations réduisent par ailleurs les effectifs ovins en Espagne (près de 5% de brebis en moins chaque année), ce qui fait aussi monter les cours, face à une forte demande internationale.

La production de viande ovine espagnole s’est stabilisée d’une année sur l’autre en 2025, totalisant 98 400 t. Près de 681 000 réformes ont été abattues, quasiment au niveau de 2024 et la baisse est plus forte en volume (-1,4%), du fait d’un poids moyen de carcasse en légère baisse, à 24,2 kgéc. Le nombre d’agneaux abattus a diminué de 5% /2024, totalisant 6,8 M de têtes, tandis que les volumes étaient stables, à 82 000 t, du fait d’un alourdissement marqué des carcasses d’agneaux, de 11,6 à 12,3 kgéc, en lien avec l’annulation des envois vers le Maroc au 1er semestre mais aussi à l’adaptation à la demande des pays du Moyen-Orient.

Les exportations de viande ovine espagnole sont en nette hausse d’une année sur l’autre en 2025, de 14% /2024, à 49 000 téc. C’est 9% de plus que sur les cinq dernières années. On observe notamment une forte hausse des envois vers l’Algérie (qui ont quasiment triplé, de 5 000 à 13 700 téc). La baisse de la consommation intérieure, face à des prix de vente au consommateur très élevés, a pu libérer des volumes à l’export.

A l’inverse, les exportations d’ovins vivants ont enregistré un recul, notamment une baisse notable des livraisons vers d’importants marchés comme le Maroc. Les envois vers la Jordanie se sont interrompus mais ceux vers l’Algérie ont pris le relais. Les envois d’agneaux espagnols reculent au final de 34% d’une année sur l’autre, totalisant près de 935 000 têtes et les envois de réformes ont diminué de 38% /2024, à 107 100 têtes.

Nouvelle-Zélande : le prix de la viande ovine néozélandaise repart à la hausse

Le prix de la viande ovine en Nouvelle-Zélande, sur une tendance haussière depuis début 2024, s’était stabilisé fin 2025. Il est reparti à la hausse début 2026, sous l’effet d’une forte demande internationale en viande ovine face à des disponibilités limitées. En semaine 7, le prix de la viande ovine néozélandaise était enregistré en moyenne à 5,60 €/kg contre 4,45 €/kg la même semaine en 2025.

Après une hausse de 2% entre 2023 et 2024, la production a reculé de 1% sur un an en 2025, totalisant 427 000 téc. Le nombre d’agneaux abattus a diminué de 5% /2024, à 17,3 M de têtes, tandis que celui des réformes a augmenté de 3%, à 3,4 M de têtes.

Les exportations de viande ovine ont totalisé 414 000 téc en 2025, se maintenant d’une année sur l’autre. Le pays a enregistré une forte baisse des envois vers la Chine (-11 400 téc) puis vers le Royaume-Uni (-8 000 téc), et les États-Unis (-3 600 téc). A contrario, les exports néozélandais ont fortement augmenté vers les pays de l’UE, notamment les Pays-Bas (+3 900 téc, plateforme de réexport), l’Allemagne (+ 4 300 téc). On a aussi constaté une hausse vers Taïwan (+ 4 000 téc). Après une baisse en novembre, ils repartent à la hausse, de 9%/2024, en décembre 2025.