Viandes bovines

Prix élevés, à la production comme à la consommation

À l’approche des fêtes de fin d’année, les prix des animaux finis bien conformés sont tirés par la rareté de l’offre en Europe. Ces hausses concernent tant les veaux que les vaches et les jeunes bovins. Le marché reste équilibré avec une demande restreinte du fait des hausses de prix à la consommation. Le commerce du maigre est marqué à la fois par la baisse saisonnière des cours, toutefois limitée par la faiblesse de l’offre, et les restrictions de mouvements liées à la DNC.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

La baisse de l’offre soutient les prix des bovins finis

Le recul de l’offre en bovins finis conduit à une forte concurrence entre abatteurs pour l’approvisionnement des outils. En décembre, les prix des bovins les mieux conformés restaient en hausse. Ceux des vaches laitières poursuivaient leur baisse saisonnière tout en restant historiquement élevés.

Volumes d’abattage toujours limités malgré l’alourdissement des carcasses

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de gros bovins sur les quatre dernières semaines connues (47 à 50) étaient en recul de 2,3% d’un an sur l’autre en têtes. Toutefois, l’alourdissement des carcasses, stimulé par la hausse des cours et une alimentation bon marché, a permis de limiter la baisse en tonnage à 1,0%.

Dans le détail :

  • Les abattages de vaches de type viande étaient en baisse de 5,1% en têtes mais de seulement 3,7% en tonnages,
  • Ceux de génisses de type viande reculaient de 4,7% en têtes et de 3,4% en tonnages.
  • Les abattages de vaches laitières ont enregistré une hausse de 0,9% en têtes et de 2,2% en tonnages
  • Les jeunes bovins de type viande affichaient une baisse de 3,9% en têtes mais de seulement 2,3% en tonnages.
  • Les abattages de jeunes bovins laitiers étaient en baisse de 4,1% en têtes et de 3,0% en tonnages.

Les abattages de gros bovins sont orientés à la baisse depuis 2022, conséquence de la décapitalisation à l’œuvre depuis maintenant 8 ans. Après une pause en 2024 liée à un regain d’engraissement de jeunes bovins en France et à une hausse des poids de carcasse de l’ensemble des catégories de bovins, la baisse des volumes abattus a repris en 2025.

En cumul sur les 11 premiers mois de l’année 2025, les abattages de gros bovins ont totalisé 1,028 million de tonnes équivalent carcasse, enregistrant un recul de 2,3% par rapport à 2024.

La cotation de la vache U en hausse à l’approche des fêtes

En décembre, les opérateurs veulent s’assurer des volumes suffisants mais aussi la qualité adéquate afin de fournir leurs clients pour les fêtes de fin d’année. Les cours des vaches les mieux conformées sont donc en hausse, d’autant que les disponibilités semblent limitées.

La cotation de la vache U a atteint 8,03 €/kg de carcasse en semaine 50 (+26% /2024). Celle de la vache R a encore gagné un centime en semaine 50, à 7,47 €/kg (+34% /2024).

Le Label rouge reprend le large en novembre

Les cotations des vaches « sous SIQO hors bio » (Label Rouge, AOP et IGP) disponibles mensuellement depuis juillet 2022 étaient également en forte hausse en novembre. Alors qu’elles couraient derrière le conventionnel depuis le début de l’année, avec une différence qui se réduisait de mois en mois, les cotations des bovins sous SIQO ont retrouvé de l’air, accroissant ponctuellement l’écart avec le conventionnel à l’approche des fêtes. La vache U de race à viande sous SIQO cotait ainsi 8,08 €/kg de carcasse en novembre (+26% /2024).

Baisse saisonnière des cours des vaches laitières

Les cours des vaches laitières ont poursuivi leur baisse saisonnière, liée à l’arrivée des réformes automnales sur le marché. Les cotations restent toutefois à des niveaux jamais atteints par le passé à cette saison.

La cotation de la vache O a beau avoir perdu 14 centimes en quatre semaines, elle reste 40% au-dessus de son niveau de 2024 en semaine 50, à 6,42 €/kg de carcasse. Celle de la vache P, à 6,11 €/kg en semaine 50, dépassait de 44% son niveau de 2024 malgré les 20 centimes perdus sur le mois.

Les prix des jeunes bovins U continuent de gagner des centimes chaque semaine

Les cotations des jeunes bovins finis poursuivent tranquillement leur progression. L’augmentation du prix du broutard nécessite de passer des hausses sur les animaux finis en France comme en Italie. Par ailleurs, les faibles effectifs à abattre dans tous les États membres accroissent le pouvoir de négociation des éleveurs face à leurs clients abatteurs (pour plus d’information, voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).

La cotation du jeune bovin U a encore gagné 7 centimes en quatre semaines pour atteindre 7,51 €/kg de carcasse en semaine 50, soit +28% /2024. La hausse depuis le début de l’année se chiffre à 1,63 €/kg. La cotation du jeune bovin R a atteint 7,33 €/kg en semaine 50 (+29% /2024). Celle du jeune bovin O, à 6,75 €/kg, dépassait de 38% sa cotation de 2024.

L’IPAMPA relativement stable

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) évolue peu depuis plusieurs mois. En octobre, il était à l’indice 123,8 (=/ octobre 2024). La baisse du prix de l’aliment (-3,6%) était compensée par la hausse du prix des engrais (+10%).

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2024.

Viandes bovines » Gros bovins » France »

Les exports français à un niveau intermédiaire entre 2023 et 2024

En octobre 2025, les exports français de viande bovine ont certes reculé par rapport à 2024, mais restaient tout de même en hausse comparés à 2023. Les imports ont progressé, faute de disponibilités nationales suffisantes, tandis que le prix au consommateur progresse encore.

En octobre, les exports à un niveau intermédiaire entre 2023 et 2024

En octobre 2025, les exportations françaises de viandes bovines ont fortement reculé, de 14% par rapport à l’excellent mois d’octobre 2024, alors stimulé par les forts besoins en viande en UE et les sorties dynamiques de jeunes bovins en France. Les volumes d’octobre 2025, à 20 900 téc restaient tout de même à un niveau bien supérieur à celui de 2023 (+10%). Nos exportations cumulées sur les dix premiers mois de l’année restaient en progrès de 1% /2024 (+1 500 téc) à 201 000 téc, grâce à un prix français plus compétitif que dans de nombreux États membres, du printemps jusqu’à l’automne (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).

Au cours des dix premiers mois de 2025, les expéditions françaises de viande bovine ont progressé vers :

  • l’Italie (+1% /2024, -300 téc à 46 000 téc), bien qu’ils soient ralentis depuis septembre,
  • la Belgique (+9%, à 20 500 téc), en manque de bovins à abattre du fait du recul de son cheptel,
  • les Pays-Bas (+9%, +2 500 téc) à 31 500 téc, notamment du fait de la hausse de nos imports depuis le Royaume-Uni (+2 500 téc) dont une part est réexportée vers la Hollande. Cependant, le Royaume-Uni a sans doute augmenté ses envois nets vers la France, pour approvisionner notre marché en manque de viande de vache,
  • l’Espagne (+36%) à 5 000 téc, bien que les expéditions reculent à présent depuis septembre,
  • le Portugal (+31%) à 4 500 téc.

Les envois de viande bovine sont restés stables vers l’Allemagne, à 32 500 téc.

Ils ont reculé vers :

  • la Grèce (-5% ou -1 500 téc) à 29 000 téc,
  • et vers les pays tiers (-46%, à 6 500 téc). Aucun envoi de viande n’a été fait vers la Turquie en septembre ou octobre 2025 selon les douanes françaises.

Des imports en hausse pour le deuxième mois consécutif

En octobre, les importations de viandes bovines (veau inclus) ont augmenté de 5% par rapport à 2024 (après une hausse de 4% /2024 en septembre) pour atteindre 31 500 téc. En effet, avec la relance de la hausse du prix des vaches de réformes françaises mi-août, les importations depuis certains États membres sont devenues plus attrayantes. En cumul sur les dix premiers mois de l’année, nos importations refluent tout de même légèrement de 1% /2024 à 294 000 téc.

En cumulé sur dix mois, nos importations ont progressé depuis :

  • la Pologne (+7% /2024 à 32 000 téc),
  • le Royaume-Uni (+7%, à 38 000 téc),
  • et d’autres pays tiers (+8%, à 4 500 téc),

Nos importations se sont maintenues depuis l’Irlande (49 000 téc) et l’Italie (12 000 téc).

Enfin, nos importations depuis certains États membres ont reculé du fait du manque de disponibilités dans ces pays :

  • -6% /2024 depuis les Pays-Bas, notre principal fournisseur, à 62 000 téc, notamment du fait du recul des abattages de veaux et de gros bovins aux Pays-Bas,
  • -16% depuis la Belgique (18 500 téc),
  • -12% depuis l’Espagne (16 000 téc).

Attention, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France avant réexportation vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.

Le disponible consommable de viande bovine recule un peu moins

La consommation calculée par bilan sur les dix premiers mois de l’année recule de 2,7% comparée à 2024, alors que l’an passé à pareille époque, cette consommation reculait déjà de 2,0%. Cette baisse de la consommation est avant tout liée au recul des disponibilités en bovins en France et même en Europe.

Attention toutefois, ce calcul ne tient pas compte des éventuelles variations de stocks qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

La part d’import dans la consommation se situait en octobre, comme en septembre, à 28%, du fait de la progression des imports (+5% /2024 et octobre et +4% en septembre) et du manque de viande française. En cumul depuis le début de l’année, la part d’import dans la consommation est par conséquent de 26%, contre 25% sur la même période en 2024.

Par ailleurs, depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. En effet, plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.

En novembre, le prix du bœuf augmente toujours

En novembre selon l’INSEE, l’inflation sur le bœuf et le veau se poursuivait, conséquence de la hausse des prix aux producteurs et au manque d’offre, à 9,3% sur un an (+8,2% un mois plus tôt, +6,8% deux mois plus tôt). L’inflation générale continuait à un rythme annuel modéré de 0,9%, inchangé en un mois. Au global, les prix de l’alimentaire ont progressé plus vite que l’inflation générale (+1,4% sur un an) comme depuis plusieurs mois, porté ce mois-ci par les hausses de l’indice de prix des viandes, du sucre, miel, confitures, chocolat et boissons non alcoolisées.

Viandes bovines » Jeunes bovins » Europe »

La hausse des cours des jeunes bovins se poursuit

Les prix des jeunes bovins finis restent orientés à la hausse dans les principaux États membres de l’Union européenne. Le manque d’offre sur le marché permet de répercuter le prix élevé d’achat du maigre.

Des prix toujours plus hauts à l’approche des fêtes

À l’approche des fêtes de fin d’année, les opérateurs mettent le prix pour avoir les volumes et la qualité. Ce phénomène saisonnier est amplifié cette année par l’offre particulièrement restreinte dans chacun des États membres, qui accroît la concurrence entre abatteurs. Les engraisseurs peuvent ainsi répercuter la forte hausse des prix d’achat des bovins maigres sur ceux des jeunes bovins finis.

En Italie, les cours de toutes les catégories de jeunes bovins mâles ont repris leur hausse mi-novembre à la bourse de Modène. Le JB charolais Prima Qualità a atteint 8,17 €/kg de carcasse en semaine 49 (+26% /2024).
En Espagne, même s’ils ont parfois du mal à répercuter les hausses à leurs clients, les abatteurs s’arrachent les jeunes bovins finis afin de s’assurer des volumes. Ceci fait grimper les cours. La cotation espagnole du jeune bovin U a encore gagné 17 centimes entre mi-novembre et mi-décembre, atteignant 7,77 €/kg en semaine 49 (+26% /2024).
La France suit le mouvement. La cotation française du JB U atteignait 7,80 €/kg en semaine 49 (+28% /2024).
Même en Allemagne, les prix sont repartis à la hausse après un tassement début novembre lié à des sorties plus nombreuses en octobre. Le JB U allemand cotait 7,31 en semaine 49 (+25% /2024).


Italie : forte inflation sur le prix de la viande bovine

En Italie, la hausse des prix des jeunes bovins finis ainsi que celle de la viande importée se répercutent à la consommation.

En novembre 2025, l’inflation sur la viande bovine était la plus élevée de tous les produits animaux. Le prix de la viande bovine à la consommation était en hausse de 8,2% /2024 contre seulement 1,9% pour le total alimentaire. La viande de volaille, sa principale concurrente, enregistrait une hausse de 5,5% et le porc une hausse de 3,9%. Les œufs s’étaient eux aussi renchéris (+7,7%) et les fromages également (+6,4%).

Cette hausse des prix à la consommation semble commencer à peser sur la demande. Néanmoins, les volumes produits et importés étant globalement restreints, le marché reste équilibré.

Allemagne : peu de jeunes bovins à sortir en cette fin d’année

En Allemagne, la baisse des naissances de veaux en 2024, en partie liée à la FCO 3, a conduit à un recul des mises à l’engraissement et à une baisse des sorties de jeunes bovins, particulièrement marquée depuis début novembre.

Sur les semaines 46 à 49, le nombre de jeunes bovins abattus était largement inférieur aux niveaux des années précédentes (-6% /2024 et -15% /2023). Toutefois, cette offre semble satisfaire la filière, la demande s’étant quelque peu resserrée du fait des prix élevés.

Viandes bovines » Femelles » Europe »

Faible baisse saisonnière des prix des réformes laitières

Les prix des vaches laitières de réforme en UE se replient modérément avec la hausse saisonnière des abattages, très contenue dans de nombreux pays tant les disponibilités sont faibles.

Baisse saisonnière modérée des cours

Dans la plupart des États membres, les prix des vaches de réformes laitières ont amorcé en octobre une baisse saisonnière. Celle-ci a été modeste et tardive, du fait de la faiblesse globale des disponibilités. En Allemagne, les cours ont même rebondi depuis mi-novembre.

En semaine 49, les cotations étaient les suivantes :

  • 6,51 €/kg de carcasse pour la vache O irlandaise (-6% en quatre semaines, mais encore +38% /2024) valeur toujours la plus élevée en UE,
  • 6,44 €/kg de carcasse pour la cotation française qui talonne l’irlandaise (-2% en quatre semaines, à tout de même +41% /2024),
  • 6,09 €/kg de carcasse pour la vache O belge (-2% en quatre semaines, mais +36% /2024) qui est repassée sous la valeur française depuis cet été après une escalade des prix au 2ème trimestre,
  • 6,08 €/kg de carcasse pour la vache O polonaise (+1% en quatre semaines ou + 5 centimes et +36% /2024).

Le décrochage des abattages irlandais se poursuit

En Irlande, les abattages de vaches sont particulièrement réduits, malgré l’approche de l’hiver. D’après les données du ministère de l’Agriculture irlandais, les abattages de vaches entre les semaines 45 et 49 ont encore reculé de 29% par rapport à 2024, un recul comparable à celui constaté le mois précédent. Les autres catégories de bovins sont également en net recul : -13% pour les bœufs, -18% pour les génisses et -9% pour les jeunes bovins.

Comme les volumes de réformes laitières restent faibles à l’entrée des abattoirs, le prix de la vache O oscille à haut niveau depuis plusieurs mois et reste le plus élevé en UE, malgré une baisse ces quatre dernières semaines. Le cours s’établissait à 6,51 €/kg de carcasse en semaine 49 (-6% en quatre semaines mais encore +38% /2024).

L’Irlande a finalement obtenu auprès de la Commission européenne la prolongation pour une durée de trois ans de sa dérogation à la directive Nitrates, qui devait cesser initialement le 1er janvier 2026. Lire l’article d’Agriland.ie du 9 décembre. Cette prorogation permettra à l’île d’Emeraude de tenter de conserver son cheptel laitier, par ailleurs déjà en léger déclin. Les conditions assorties à la prolongation de la dérogation ne sont pas encore connues.

Les abattages de vaches en Allemagne à nouveau au ralenti

Alors que le rythme des réformes avait accéléré en octobre en Allemagne, avec la baisse du prix du lait outre-rhin, il a de nouveau nettement ralenti depuis début novembre en passant sous le niveau 2024. Selon l’indicateur hebdomadaire AMI, les abattages allemands de vaches sur les semaines 46 à 49 étaient inférieurs de 13% à 2024.

La réduction des volumes présentés à l’abattage a mécaniquement entraîné un rebond de la cotation de la vache O à partir de mi-novembre. Le prix de la vache O est remonté à 5,91 €/kg carcasse en semaine 49 (+24 cts en trois semaines, +32% /2024).

Prix-de-la-vache-O-en-Allemagne-en-semaine-49-de-2025

Le cours de la vache O polonaise rejoint celui de la Belgique

Le prix de la vache O polonaise reste ferme, du fait des besoins en viande en Europe, gagnant même 5 centimes en quatre semaines. En semaine 49, la vache O polonaise cotait 6,08 €/kg de carcasse (+1% en quatre semaines et +36% /2024) arrivant ainsi au même niveau de prix que la laitière de réforme belge.

Viandes bovines » Maigre »

Les marchés perturbés par la DNC

L’apparition puis la diffusion de la DNC en France impacte lourdement les éleveurs touchés par cette maladie. Autre conséquence, la création de zones vaccinales complique les sorties d’animaux vers les zones indemnes ou à l’export. Certains marchés sont suspendus et les animaux doivent rester plus longtemps en ferme, s’alourdissant alors que les acheteurs privilégient les animaux plus légers.

Seuls les prix des croisés légers augmentent encore

Après deux semaines de fermeture des frontières à l’export de vif fin octobre, dans le cadre de la lutte française contre la DNC, et par conséquent d’interruption des cotations, les échanges ont repris début novembre. Les cours ont amorcé leur baisse saisonnière de fin d’automne, liée aux sorties d’animaux. Exception notable à cette baisse, les mâles croisés R de 300kg. Côté femelles, les prix se maintiennent malgré des courants contraires.

En semaine 50 :

  • les broutards charolais U de 350 kg atteignaient 5,97 €/kg vif en semaine 50 (+1,92 € /2024, -13 cts en 4 semaines),
  • les broutards limousins E de 350 kg cotaient à 5,95 €/kg vif (+1,75 € /2024 et stables sur quatre semaines),
  • les broutards croisés R de 300 kg atteignaient 6,05 €/kg vif (+2,25 € /2024, +5 cts en quatre semaines).

Pour les femelles, les cours des Charolaises U de 270 kg sont en recul tandis que ceux des Limousines E de 270 kg sont stables :

  • les femelles charolaises U de 270 kg, moins prisées à l’export et en France après une forte demande, cotaient à 5,58 €/kg vif en semaine 50 (+1,56 € /2024 et -12 cts en quatre semaines),
  • le cours des femelles limousines E de 270 kg s’élevait à 5,70 €/kg vif (+1,80 € /2024 et stable sur quatre semaines).

Les prix actuels des broutards engendrent un besoin en trésorerie conséquent, qui augmente avec le poids des animaux. Avec la propagation de la DNC sur le territoire, les naisseurs des zones règlementées ont dû garder leurs animaux plus longtemps, ce qui a alourdi dans ces zones les broutards. Or actuellement, les acheteurs privilégient les animaux moins lourds. En effet ces animaux, bien que souvent plus chers au kilo, représentent une avance de trésorerie moins importante à la tête. Par ailleurs, le coût alimentaire reste contenu depuis plusieurs mois.

La création de zones vaccinales de plus en plus étendues, depuis lesquelles les mouvements d’animaux vers les zones indemnes et à l’export doivent respecter un protocole strict, peut créer des conditions de marché contrastées. D’un côté, les animaux issus des zones indemnes – qui peuvent circuler et être exportés librement – sont très demandés. De l’autre, les broutards vaccinés sont peu demandés d’après les retours récents, en France, et surtout pour l’Italie (un accord est en cours de négociation avec l’Espagne pour l’export d’animaux vaccinés). Le protocole d’export est contraignant et la demande en France semble pour l’instant suffisante pour absorber ces animaux vaccinés. Cependant, les dernières décisions du gouvernement concernant la vaccination vont mathématiquement augmenter leur nombre. En effet, le 16 décembre, le premier ministre a annoncé l’extension du « cordon sanitaire vaccinal des Pyrénées » au Tarn et à l’Hérault. L’ensemble des éléments (carte des différentes zones, protocole pour les mouvements d’animaux…) sont disponible sur le site du ministère de l’Agriculture.

Hausse des naissances de mères allaitantes en octobre

En octobre 2025, les naissances ont marqué une hausse de 7% /2024. Il est à noter que les naissances d’octobre 2024 étaient particulièrement basses à cause notamment de la FCO. Si on compare octobre 2025 aux années antérieures, les naissances sont en retrait de 5% /2023 et 3% /2022.

Sur le premier quadrimestre de la campagne 2025-2026, 871 000 veaux allaitants sont nés, soit 21 000 de plus qu’en début de campagne 2024-2025 (+2,5% /2024-2025) grâce aux mois de juillet (+19% /2024) et d’octobre.

En cumul depuis le début de l’année 2025, 2,50 millions de veaux allaitants sont nés, soit 79 000 têtes de moins qu’en 2024, ou -3%.

Nouveau recul des effectifs de mâles de 6 à 12 mois

Au 1er novembre, 569 000 mâles allaitants de moins de six mois étaient présents en France, un chiffre stable par rapport à 2024. Pour les broutards de six à douze mois, la baisse d’effectif est de 5% /2024, avec 711 000 mâles présents.

Effet visible de la fermeture des frontières pendant deux semaines en octobre

Pour lutter contre la propagation de la DNC et rassurer nos partenaires européens, la ministre de l’Agriculture avait pris la décision le 17 octobre de fermer les frontières françaises à l’export de bovins vifs. Cette mesure a été levée le 1er novembre et ses effets sont visibles, avec un recul de 39% des exportations de broutards sur les semaines 40 à 44 (du 29/09 au 2/11), et seulement 59 000 têtes exportées.

En cumul sur 44 semaines, le retrait des exportations française de broutards s’est creusé en un mois, à 746 000 têtes exportées (-6% /2024 ou -45 000 têtes).

Cette baisse des exportations touche les Charolais un peu plus que les Limousins : en 44 semaines, 218 000 broutards charolais ont été exportés (-7% /2024), tandis que les envois de Limousins étaient en baisse de 3% /2024 à 250 000 têtes. Les naissances charolaises se réduisent plus fortement que les limousines. Les animaux plus lourds sont moins demandés à l’export, ce qui touche plutôt les Charolais, qui comptent plus d’animaux de plus de 400 kg que les Limousins. Il est à noter qu’en 2022, les Charolais étaient plus nombreux à l’export que les Limousins et que ces derniers sont maintenant supérieurs dans les exports en nombre de têtes.

Recul de 44% des envois vers l’Italie en octobre

En octobre, 46 000 broutards ont été exportés vers l’Italie d’après les Douanes françaises, en retrait de 36 000 têtes /2024, soit -44% /2024. 13 000 femelles ont été envoyées, soit -37% /2024, ainsi que 30 000 mâles de plus de 300 kg, soit -45% /2024.

Sur dix mois on compte 615 000 broutards exportés vers l’Italie (-7% /2024), dont 405 000 mâles de plus de 300 kg (-11% /2024).

 Pour l’Espagne, en octobre 2025, 8 000 têtes ont été envoyées (-22% /2024), dont :

  • 4 300 bovins de 160 à 300 kg (-20% /2024),
  • 3 100 mâles de plus de 300 kg (-28% /2024).

Sur dix mois, 119 000 broutards ont été exportés vers l’Espagne (+26 000 têtes /2024 ou +28%), dont :

  • 54 000 broutards de 160 à 300 kg (+16% /2024)
  • 56 000 mâles de plus de 300 kg (+37% /2024)

Compensation sur les exports de novembre

D’après des données TRACES, les exports de bovins vifs vers l’Espagne et l’Italie ont rebondi en novembre pour compenser les deux semaines de fermeture d’octobre.

Sur les semaines 45 à 50 (du 3/11 au 14/12) les envois français de bovins vivants ont augmenté de 22% vers l’Espagne et de 6% vers l’Italie par rapport à la même période de 2024.

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Des prix de plus en plus haut partout en Europe face à la baisse de production 

La monté des prix des jeunes veaux laitiers se répercute sur les prix des veaux de boucherie. De concert avec le manque d’offre, cette hausse des prix d’achat a fait prendre plus d’1 euro au veau de boucherie depuis le début de l’année partout en Europe.

Poursuite de la croissance des prix en France 

En France, la hausse des prix des veaux de boucherie continue de plus belle car l’offre de veaux finis est très limitée. Les cotations des veaux élevés en atelier approchent la barre symbolique des 9 €/kgéc, lorsqu’elle n’est pas déjà dépassée. 

  En semaine 50 : 

  • Le veau rosé clair O valait donc 8,88 € /kg de carcasse, soit +25 cts sur un mois, et supérieur de 1,29 € par rapport à 2024 (+23%), 
  • Le veau rosé clair R cotait 9,15 € /kg de carcasse, soit une hausse de 27 cts sur un mois et de 1,38 € /2024 (+24%),   
  • Enfin, le veau rosé clair U élevé au pis s’établissait à 11,86 € /kg de carcasse, avec une hausse de 41 cts en un mois, un prix supérieur de 1,77 € à son niveau de 2024 (+18%). 

Abattages en forte baisse en France à l’automne 

Déjà en baisse significative depuis le début de l’année, les abattages de veaux ont plongé en octobre et novembre.

Au mois de novembre, 70 000 veaux ont été abattus, soit –13% par rapport à 2024, ce qui représente une baisse d’environ 11 000 animaux. 

En cumul sur 11 mois, 847 000 veaux ont été abattus (-8,4% /2024). 

Offre restreinte aux Pays-Bas 

Dans le même contexte, les abattages néerlandais, en forte baisse durant l’été, accusaient toujours un recul de 3% en septembre.

Aux Pays-Bas, 111 000 veaux ont été abattu en septembre, soit -2%/2024, et 17 000 téc ont été produites, soit une baisse de -3%/2024. Cela reste le meilleur mois de 2025, qui a enchainé les baisses à deux chiffres depuis janvier.  

Au total, sur les neuf premiers mois de l’année, 911 000 veaux ont été abattus, soit 118 000 de moins qu’en 2024. 137 000 téc ont été produites, soit 23 000 de moins qu’en 2024, ce qui représente respectivement une baisse de 11% /2024 et 15% /2024. 

Les cours des veaux néerlandais repartent de plus belle pour la fin d’année 

Suite aux difficultés de production aux Pays-Bas, le prix du veau pie-noir continue de fortement augmenter, voire accélère ces toutes dernières semaines.

S’établissant à 7,95€/kg en semaine 50, le prix du pie-noir a augmenté de 25 € ces quatre dernières semaines. Il est toujours en hausse de 20%/2024 soit +1,35€/kg et +38%/2023. 

   

   

  

Viandes bovines » Veaux laitiers »

Les exportations d’octobre pénalisées par la DNC 

Conséquence de l'arrêt des exports de bovins pendant deux semaines en octobre dans le cadre de la lutte contre la DNC, les envois ont fortement chuté sur le mois avant de rebondir en novembre. Depuis, le prix des veaux semble s’être stabilisé.

Des cotations stables début décembre 

Après une petite hausse début novembre, la cotation du veau laitier a légèrement baissé fin novembre, se stabilisant autour de prix similaires à ceux de fin octobre. 

En semaine 50, la cotation du veau mâle laitier français de 45 à 50 kg était à 185 €/tête. Malgré cette chute, la cotation reste 67 € au-dessus des chiffres de 2024 et environ deux fois supérieure à 2023.  

Avec la reprise des exportations et des mouvements internes dans la majorité des zones de production, la baisse brusque des prix des jeunes veaux semble avoir été enrayée.

Naissances en légère hausse en octobre

Après avoir baissé en août et septembre, les naissances de veaux laitiers ont légèrement rebondi en octobre.

Les naissances de veaux laitiers étaient en hausse de 1,0% /2024 en octobre avec près de 307 000 veaux nés. Cette hausse légère ne compense pas la chute observée au mois d’août (-13%). En cumul annuel, 2 467 000 veaux sont nés en France, soit une baisse de 2,7%/2024 (-69 000 têtes). Sur les quatre premiers mois de la campagne 2025-2026, 1 171 000 veaux sont nés, soit un recul de 2,8% /2024-2025 (-33 000 têtes) et -2,8%/2023-2024. 

Les naissances de veaux disponibles pour l’engraissement (femelles croisées et l’ensemble des mâles laitiers et croisés lait-viande), étaient stables en octobre à 180 000 têtes. Au total, en cumul annuel, 1 471 000 animaux disponibles pour l’engraissement sont nés, soit une baisse de 2,8% /2024 (-42 000 têtes). Sur la campagne 2025-2026, 693 000 veaux sont nés, soit un recul de 2,7% /2024-2025 (-19 000 têtes) et -2,6%/2023-2024. 

Forte baisse des exportations en octobre  

Conséquence de l’arrêt des exports en vif du 18 octobre au 1er novembre afin de clarifier la situation sur la DNC, les exportations françaises de veaux ont plongé de 49% d’un an sur l’autre en octobre (semaine 40 à 44). 

Cet arrêt momentané de l’export, que ce soit pour les veaux ou les broutards, a fait exploser la bulle du prix des veaux laitiers.

En cumul sur 10 mois d’après SPIE-BDNI, 256 000 têtes ont été exportées, soit 30 000 de moins qu’en 2024, une baisse de 10,7% /2024.