Viandes bovines

Bonne tenue des prix pour les veaux gras et JB, mais pas pour les vaches

Le marché du veau de boucherie est enfin assaini. Mais le redimensionnement de la production, qui s’ajoute à celui de la production de JB laitiers, pèse lourdement sur le marché des veaux de 8 jours qui reste particulièrement encombré malgré des naissances moindres.

La hausse saisonnière des cours des JB est restée modeste en Allemagne. Elle a été plus affirmée en Italie où les sorties de mâles sont modérées. La demande ferme du marché italien continue de soutenir les prix des broutards français, qui sont par ailleurs moins nombreux que l’an dernier. La décapitalisation s’accélère dans le cheptel allaitant, ce qui se traduira par une baisse de l’offre de viande bovine comme de bovins maigres en 2020. Les prix des vaches de réforme laitières sont dégradés en France comme dans les autres États-membres et ne profitent pas de la hausse des prix du porc.

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Accélération de la hausse saisonnière des cours

La remontée des cours, habituelle à cette période, s’est accélérée alors qu’elle était jusque-là timide. Les abattages, en lait comme en viande, sont toujours limités et les exportations françaises ont reculé depuis le début de l’année.

Poursuite de la hausse saisonnière des cours

L’amélioration nuancée du marché communautaire et l’offre toujours limitée en France bénéficient enfin au cours français. Quelles que soient les conformations, les cours des JB poursuivent leur remontée entamée timidement le mois dernier. Les cotations des JB U et R se sont appréciées de 7 et 8 centimes sur les quatre dernières semaines (+2%). A respectivement 4,03 €/kg de carcasse (+3% /2018 et -4% /2017) et 3,87 €/kg (+2% /2018 et -3% /2017) fin novembre (semaine 48), elles se situent toutes deux à des niveaux intermédiaires entre ceux des deux années précédentes. Si la cotation du JB O suit la même tendance (+7 centimes) à 3,27 €/kg en semaine 48, elle reste basse (-2% /2018 et -5% /2017), pénalisée par la morosité du marché des réformes.

Des abattages toujours en retrait, des effectifs allaitants qui s’étoffent

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, sur les 4 dernières semaines connues (semaines 46 à 49), les abattages de JB de race à viande ou croisés ont à nouveau été en retrait (-7% /2018) comme ceux de JB laitiers (-7% /2018), mais avec un jour ouvré en moins.

Les flux vers les abattoirs notamment en JB allaitants pourraient néanmoins évoluer dans les mois à venir. Si les stocks de bovins mâles de 18 à 24 mois en élevage étaient encore en retrait en type viande ou croisé au 1er novembre d’après la BDNI (-8 000 têtes ; -4% /2018), ce déficit est désormais bien moins élevé qu’il y a deux mois (-19 000 têtes au 1er septembre soit -11% /2018). Et les effectifs d’animaux plus jeunes de type viande ou croisé, âgés de 12 à 18 mois, sont eux en progression (+20 000 têtes ; +7% /2018).

En type laitier, les déficits d’effectifs restent marqués pour les 18-24 mois (-6 000 têtes ; -4%)  comme pour les 12-18 mois (-5 000 têtes ; -6%).

Des exportations à nouveau en retrait sur le 3ème trimestre

Depuis le début de l’année les exportations françaises sont en retrait. Avec des disponibilités toujours limitées, le troisième trimestre 2019 ne déroge pas à la règle : de juillet à août, seulement 56 000 téc ont ainsi été expédiées (-9% /2018). En cumul depuis janvier, les exportations sont inférieures aux années précédentes (168 000 téc soit -7% /2018 et -5% /2017).

La majorité des destinations de la viande bovine française réfrigérée et congelée est concernée par cette baisse cumulée depuis le début de l’année : l’Italie (-9% /2018), l’Allemagne (-8%) et même la Grèce (-1%) qui résistait pourtant depuis le début de l’année.

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Redressement des cours à des niveaux globalement faibles

Après plusieurs mois de morosité, à l’exception de l’Italie, les cours semblent désormais se redresser. Mais les hausses sont timides et les prix restent globalement à la traîne. La consommation allemande redémarre timidement. La demande en viande polonaise semble repartir à la hausse après le creux causé par les scandales du début d’année. La hausse de production de JB en Irlande (en anticipation du Brexit) et en l’Espagne (après la perte du débouché turc pour le vif) participe néanmoins à l’alourdissement et la fragilité du marché européen du jeune bovin.

ALLEMAGNE : du mieux sur la consommation, des prix encore en retrait

En Allemagne, les abattages de JB sont entrés dans le pic annuel habituel en amont des fêtes de fin d’année. Cependant, d’après l’indicateur hebdomadaire publié par AMI, le nombre de JB abattus sur les quatre dernières semaines connues (45 à 48) est tout de même en retrait par rapport aux années précédentes (-3 600 têtes soit -4% /2018 ; -4 500 têtes soit -4% /2017).

La remontée saisonnière des cours est toutefois timide. Ceux-ci restent inférieurs aux années précédentes pour toutes les conformations (-4% /2018 et -9% /2017) : le JB U atteint 3,74 €/kg de carcasse (+4 centimes en 4 semaines), le JB R 3,68 €/kg éc (+5 centimes) et le JB O 3,34 €/kg éc (+3 centimes). Début décembre, d’après les experts d’AMI, la demande des opérateurs est plus ferme en JB et le marché est équilibré.

Après avoir souffert en début d’année, la consommation de viande bovine progresse de nouveau. Calculée par bilan sur 8 mois, elle a atteint 780 000 téc (+1% /2018 ; +2% /2017) d’après Eurostat. D’ailleurs, d’après l’enquête par panel publiée par AMI, les achats de viande bovine par les ménages allemands dans les circuits de distribution classiques font mieux que résister sur les 3 premiers trimestres (+0,6% /2018 en volume et +1,5% en valeur), ce qui est profitable notamment à la viande de jeune bovin. Mais les achats de viande bovine transformée (viandes pour saucisses, mix porc/viande bovine) où la viande de réforme est plus généralement utilisée, sont en retrait.

Depuis le début de l’année, les importations allemandes demeurent très limitées. Les achats de viande bovine réfrigérée et congelée étrangère enregistrent une baisse de 7% /2018, à 263 000 téc. Toutes les origines sont impactées.

POLOGNE : abattages en hausse et redressement des prix

En Pologne, face à une demande européenne globalement en berne depuis les scandales du début d’année, les exportations de viande bovine réfrigérée et congelée ont atteint seulement 282 000 téc sur les 8 premiers mois de l’année (-6% /2018 ; -4% /2017). Les abatteurs ont congelé d’importants volumes de viande face à l’encombrement du marché polonais du début d’année. Les envois de viande congelée ont atteint  88 000 téc sur 8 mois, soit +19% /2018 et +10% /2017.

Toutefois, la situation commence à évoluer et pour la 1ère fois depuis le début de l’année, les exportations de viande bovine polonaise réfrigérée et congelée ont globalement progressé en août (+5% /2018). Aussi, les abattages de JB étaient en hausse au 3ème trimestre 2019. En septembre, 86 000 jeunes bovins ont ainsi été abattus (+15% /2018).

Les cours des JB se sont globalement redressés depuis le début de l’automne. D’après Eurostat, sur les quatre dernières semaines connues, la cotation du JB O s’est appréciée de 4 centimes (+2%) et celle du JB R de 3 centimes (+1%). A respectivement 2,94 €/kg éc (-9% /2018 et -15% /2017) et 3,01 €/kg éc (-10% /2018 et -15% /2017) début décembre, ces cours restent néanmoins inférieurs aux 3 années précédentes.

ITALIE : hausse saisonnière des cours

En Italie, les cours des JB mâles poursuivent leur hausse saisonnière. A 2,72 €/kg vif en semaine 49, la cotation du JB charolais de 700-750 kg à Modène a pris 6 centimes par rapport à la cotation quatre semaines plus tôt (+3% /2018 ; -1% /2017). La cotation du JB limousin de 600-650 kg a gagné 3 centimes à 2,85 €/kg (+2% /2018 ; +1% /2017). Face à une offre étoffée, les prix des jeunes femelles, Charolaises comme Limousines, sont également restés stables mais après des périodes de baisse liées à un déséquilibre demande/offre, à respectivement 2,59 € et 2,89 €/kg (-2% /2017 et 2018).

D’après la BDNI italienne, les effectifs de mâles de 1 à 2 ans présents fin novembre en élevage étaient plus étoffés que les mois précédents et proches des niveaux de l’année dernière (-0,5% /2018).

Côté consommation, les achats totaux de viande bovine ont progressé sur les 8 premiers mois de l’année 2019 (+2% /2018 en volume ; +3% en valeur), d’après les données du panel ISMEA-Nielsen. La consommation évolue notamment avec la progression de viande de femelle dans les achats et notamment d’ « hamburgers italiens de scottona ».

Entre janvier et août, les importations italiennes de viande bovine réfrigérée et congelée ont été légèrement en retrait par rapport à l’année dernière (-1% /2018). Mais la France connait un recul plus marqué de ses exportations (-9%) face à la concurrence accrue d’autres fournisseurs européens comme la Pologne (+11%) ou l’Irlande (+10%).

IRLANDE : les cours toujours à la peine

En Irlande, en anticipation du Brexit, les envois vers le Royaume-Uni ont régressé sur les 8 premiers mois de l’année (-4% /2018 à 159 000 téc). En effet, sur la même période, on assiste à la progression des exportations de viande bovine réfrigérée et congelée vers les pays de l’UE continentale (+15% /2018 à 132 100 téc) et les pays tiers (x3 /2018 à 35 300 téc).

En effet, de nombreux éleveurs produisent depuis plusieurs mois des JB à destination de l’Europe continentale et la filière irlandaise cherche encore à diversifier sa clientèle. Depuis le début de l’année et malgré les blocages des abattoirs à la fin de l’été, les abattages de JB dans les établissements irlandais agréés à l’export ont progressé de +10% /2018 (de la semaine 1 à 48). Dans le même temps, les abattages de bœufs, principalement destinés au marché britannique, ont diminué de 9%.

La situation des marchés bovins reste dégradée en Irlande. Après les abattoirs, ce sont désormais les distributeurs qui sont visés par les manifestations d’éleveurs. Début décembre, les éleveurs bovins de l’Irish Farmers Association (IFA) bloquaient des centrales d’achats de Lidl et d’Aldi, puis de Tesco. D’après la Commission européenne, la cotation du JB R est restée stable sur les quatre dernières semaines à 3,21 €/kg de carcasse début décembre (-11% /2018 et -14% /2017). Selon les opérateurs, la demande pourrait se raffermir dans les semaines à venir.

ESPAGNE : le surplus d’offre pèse encore sur les cours

En Espagne, les abattages de mâles restent orientés à la hausse depuis la perte du débouché turc pour le vif il y a environ un an. Les effectifs de jeunes mâles non castrés abattus ont à nouveau augmenté au 3ème trimestre. En septembre 2019, les abattages ont nettement progressé (+10 000 têtes, soit +8% /2018). Depuis le début de l’année, ce sont 35 000 têtes supplémentaires de mâles non castrés qui ont été abattus en Espagne (+3% /2018).

Logiquement, les exportations de viande bovine espagnole réfrigérée et congelée ont augmenté sur les 8 premiers mois de l’année (+15% /2018). Cette production supplémentaire destinée à un marché communautaire encombré pèse sur les cours. D’après les statistiques espagnoles, le cours du JB R a perdu 2 centimes en 4 semaines. A 3,50 €/kg de carcasse fin novembre, la cotation peine à se redresser et reste inférieure aux 3 années précédentes (-6% /2018 ; -10% /2017 et -6% /2016).

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Prix dégradés, surtout en laitières

Malgré des abattages en net retrait, les cours des vaches laitières sont particulièrement dégradés, pâtissant d’un marché européen morose. Ceux des allaitantes résistent mieux mais restent sous pression. Dans les deux cheptels, la décapitalisation se poursuit.

Prix des laitières sous pression

Malgré une offre française en retrait, les cotations des vaches laitières ont enregistré une forte baisse saisonnière à l’automne et leurs cours sont particulièrement bas début décembre. La vache P cotait 2,55 €/kg de carcasse en semaine 48 (-3% /2018 et -7% /2017) et la vache O 2,96 €/kg (-3% /2018 et -5% /2017). Le marché européen déprimé (voir l’article sur les femelles en Europe), en particulier en Irlande et en Allemagne, nos deux principaux fournisseurs à l’import, fait pression sur le marché français.

La pression est moins forte sur les meilleures conformations bien que les prix restent bas. La vache R cotait 3,73 €/kg début décembre (= /2018 et +1% /2017) et la vache U 4,35 €/kg (= /2018 et 2017).

Abattages de laitières en baisse

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de vaches laitières sur les 4 semaines de novembre ont enregistré une baisse de 4% par rapport à 2018. En revanche, ceux de vaches allaitantes sont restés élevés (+1% /2018), alors même que le cheptel s’est déjà fortement réduit. Ceci laisse suggérer que la décapitalisation allaitante se poursuit, voire continue de s’accélérer.

Décapitalisation allaitante

La décapitalisation allaitante s’accentue encore. Le cheptel de vaches allaitantes comptait 3,79 millions de têtes le 1er novembre, soit 2,4 % de moins qu’un an plus tôt contre -2,0% au 1er septembre. En effet, les entrées dans le troupeau restent très limitées, alors que les sorties restent dynamiques.

L’érosion du cheptel laitier s’accentue depuis le mois d’août. La baisse atteignait -1,5% au 1er novembre, contre 0,9% au 1er août. Le faible nombre de primipares ne compense pas les sorties même si celles-ci demeurent limitées.

Volumes importés en retrait depuis août, après un début d’année très fourni

En hausse de 4% par rapport à 2018 sur les 7 premiers mois de l’année, les importations françaises de viande bovine sont finalement tombées sous leur niveau de 2018 depuis août.

Le début d’année avait été particulièrement fourni, en particulier depuis l’Irlande, où l’offre était en forte hausse en raison d’abattages anticipés en prévision du Brexit, mais aussi parce que le débouché britannique a absorbé beaucoup moins de viande qu’en 2018 (voir l’article Europe). Les achats étaient également en hausse en provenance d’Allemagne et d’Italie sur les 7 premiers mois de l’année.

Depuis août, les importations sont moins dynamiques. Sur août-septembre, les achats à l’Irlande ont baissé de 7%, en lien avec les blocages d’abattoirs dans le pays, mais ceux à l’Allemagne se sont également réduits (-10%), de même que ceux à la Pologne (-28%) comme c’est le cas depuis fin janvier 2019, date du 1er scandale sanitaire de l’année ayant éclaboussé la filière polonaise. Le Royaume-Uni (+27%), l’Italie (+6%) et les Pays-Bas (+5%) en ont profité pour développer leurs ventes.

La consommation française se maintient

D’après le SSP, les disponibilités de viande bovine consommables en France sur les 9 premiers mois de l’année ont totalisé 1,157 million de tonnes équivalent carcasse (-0,6% /2018 et +1,7% /2017).

 

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Marché lourd pour les femelles

Les cours restent bas, malgré des réformes globalement ralenties. La consommation britannique est en forte baisse. La colère des éleveurs irlandais est toujours vive. La remontée du prix du porc en Allemagne ne profite pas aux vaches.

IRLANDE : Éleveurs en colère !

En Irlande, après avoir bloqué les abattoirs en août et septembre, les éleveurs bloquent actuellement les plateformes de distribution des enseignes de GMS : Aldi et Lidl début décembre, puis Tesco le 9 et Musgraves le 10 décembre. Ils leur reprochent de gagner de l’argent sur leur dos, l’écart de prix se creusant entre les cotations britanniques et irlandaises (lire l’article de agriland.ie).

Les cotations irlandaises sont en effet les plus déprimées d’Europe par rapport aux niveaux des années précédentes. Le cours de la vache O, à 2,59 €/kg fin novembre, se situait 5% sous son niveau de 2018 et 18% sous celui de 2017. La génisse R cotait 3,51 €/kg (-7% /2018 et -10% /2017) et le bœuf R 3,42 €/kg (-7% /2018 et -9% /2018).

Les capacités d’abattage sont actuellement prioritairement utilisées pour les bœufs et génisses, afin de rattraper le retard pris lors des blocages de septembre. Sur les 8 semaines d’octobre et novembre, le nombre de génisses abattues était en hausse de 7% /2018 et celui de bœufs de +3%. Les abattages de vaches restent en revanche très faibles pour la saison (-16% /2018 en octobre-novembre).

ROYAUME-UNI : vers une consommation en baisse de 7% en 2019

D’après le rapport Outlook d’AHDB de décembre, le bilan estimé pour 2019 fait apparaître une consommation nationale en baisse de 7% par rapport à 2018, à 1,104 million de téc. L’organisme précise que la baisse de consommation a été visible dans les achats des ménages comme dans le secteur de la restauration hors domicile. Les achats des ménages restent en effet en baisse en volume comme en valeur. D’après le panel Kantar, sur les 12 semaines finissant le 6 octobre, les achats de viande bovine fraîche et congelée ont diminué de 2%, dont -6% pour les viandes à rôtir, -6% pour les viandes à bouillir, -1% pour les pièces à griller et +0,5% pour la viande hachée.

La baisse de consommation au Royaume-Uni a fortement impacté le commerce extérieur : sur les 9 premiers mois de l’année, les importations ont chuté de 15% à 182 000 t de produit, dont 141 000 t en provenance d’Irlande (-8%), 11 000 t en provenance de Pologne (-16%) et 4 000 t en provenance d’Allemagne (-47%). A l’inverse, les exportations ont bondi de 21% à 98 000 t, dont 9 000 t vers la France (+30%) et 4 000 t vers l’Italie (+20%) et 18 000 t vers les pays tiers (+80%).

ALLEMAGNE : prix en baisse malgré la hausse des cours du porc

En Allemagne, le prix du porc s’envole. Il a bondi de 44% par rapport à 2018 et de 38% par rapport à 2017, en raison de la fièvre porcine africaine en Asie qui dope les flux commerciaux vers la Chine. Cependant, ceci semble n’avoir aucun impact sur le prix des vaches de réforme dont la viande est traditionnellement mélangée au porc dans la saucisserie et la viande hachée. Depuis début juillet, la vache O a perdu 44 centimes pour tomber à 2,59 €/kg de carcasse fin novembre (soit +7% par rapport au très mauvais niveau de 2018 et -12% /2017) et la vache P a chuté 34 centimes à 2,12 €/kg (+8% /2018 et -11% /2017).

Si la consommation allemande de viande bovine semble se redresser depuis l’été, cela bénéficierait plutôt à la viande de jeunes bovins (voir l’article sur les jeunes bovins), les viandes de mélange semblant être boudées par les ménages. La baisse de la demande allemande pour la viande de transformation et la concurrence accrue de la viande irlandaise font pression sur les cours.

POLOGNE : Les prix des vaches restent déprimés

En Pologne, les prix des vaches sont toujours au plus bas, malgré des abattages restreints. Ils ne se remettent toujours pas des scandales sanitaires de début d’année. La vache O polonaise cotait 2,51 €/kg fin novembre (-7% /2018 et -14% /2017).

Viandes bovines » Maigre »

Marché à l’équilibre

Après une baisse saisonnière nette cet été, les cours des broutards se sont stabilisés sous l’effet d’une demande ferme à l’export et d’une offre limitée qui ne devrait pas progresser dans les mois à venir. En octobre, les envois indiquent un plafonnement de la demande italienne en femelles.

Les cours sont reconduits

Après un début d’année positif, les cours des broutards ont connu une baisse saisonnière estivale précoce et marquée, avant de se stabiliser à partir de septembre. Le Charolais U de 450 kg cotait 2,58 €/kg vif en semaines 47 à 49, en repli de 9 cts par rapport à 2018 (-4% /2018 et +1% /2017). De même, le cours du Charolais U de 350 kg s’est établi à 2,41 € /kg en semaine 49 (-4% /2018 et +1% /2017). A 3,05 € kg, le cours du Limousin E de 300 kg était en hausse de +2% /2018 tandis que celui du croisé U de 300 kg était en repli de -8% /2018 à 2,67 €/ kg.

Stables et élevés depuis 2018, les cours des femelles ont connu une légère baisse à l’automne sous l’effet du plafonnement de la demande italienne, avant de se stabiliser. La Charolaise U de 270 kg a perdu 10 cts par rapport au mois d’août et elle cotait 2,56 €/kg en semaines 46 à 49 (-3% /2018). En race limousine la baisse des cours est moins évidente.

Le recul de l’offre s’accentue

Au 1ernovembre, le stock de mâles allaitants de 6-12 mois était de 790 000 têtes, en recul de 2% par rapport au stock déjà très faible de 2018, marqué par la chute des naissances en 2017. Ce repli est davantage marqué par rapport aux années antérieures, de -6% /2017 et -7,5% /2016. La baisse des effectifs de Charolais (-4%) et de Blonds (-2%) est plus nette que dans les autres races (Limousins = /2018).

L’offre en broutards devrait rester allégée dans les mois à venir. Avec 628 000 têtes, le stock de mâles allaitants de 0-6 mois a fortement reculé, de -6,5% /2018, -1,5% /2017 et -10% /2016. Les naissances de veaux issus de mère allaitante sont en fort repli, de -7,5% /2018 depuis le mois de juillet, en lien pour partie avec le recul du cheptel de vaches de -2,4% /2018 au 1er novembre.

La demande reste ferme et s’oriente vers les mâles en octobre

Les cours des JB sont toujours élevés en Italie, principal acheteur de broutards français, mais le manque de places à l’engraissement limiterait la demande tandis que le marché espagnol reste encombré. En octobre, pour la 1ère fois depuis des mois, les envois de mâles de 4 à 16 mois ont progressé à 79 000 têtes (+3,5% /2018), tandis que ceux de femelles ont fléchi à 37 000 têtes (-6,5% /2018). Ensemble, 962 000 bovins de 4 à 16 mois ont été exportés en 10 mois (+2,5% /2018), tirés par la hausse des envois de femelles (+6% soit 35% des effectifs) alors que ceux de mâles se maintenaient (+0,5%).

L’évolution du ratio mâles/ femelles est liée au développement du marché de la génisse en Italie. D’après les opérateurs italiens, le développement du segment haut de gamme de viande de Scottona (génisse) a atteint un plafond à l’automne après sa mise en place il y a 4-5 ans par les principaux distributeurs. La rentabilité de l’engraissement de femelles s’est également rapprochée de celle de JB suite à la baisse des cours des génisses grasses en Italie.

Une demande algérienne ferme mais jusqu’à quand ?

Malgré les troubles politiques, la demande algérienne est restée dynamique durant toute l’année 2019. D’après les douanes, 6 000 animaux y ont été expédiés en octobre (x5 /2018) portant le total sur dix mois à 46 800 têtes (+72%). Dans une moindre mesure, le marché tunisien était demandeur avec 6 400 têtes achetées sur 10 mois (+19% /2018), tandis que le marché marocain importait 2 200 broutards (-19%).

Si le marché algérien a absorbé en 2019 des effectifs importants de broutards avec une préférence pour les animaux lourds de race Aubrac, la demande est plus incertaine début 2020. Outre l’actualité houleuse avec la tenue d’élections contestées par une partie de la population, de nouvelles conditions sur l’importation de bovins vifs entrent en vigueur en décembre. Les broutards envoyés ne devront pas excéder 450 kg vif et 14 mois. En début d’année, alors que l’offre française est minimale et que les animaux envoyés sont généralement les plus lourds, cette nouvelle contrainte pourrait pénaliser les cours.

Viandes bovines » Veaux de boucherie »

Un marché assaini

Après deux trimestres difficiles, le marché du veau de boucherie s’est renversé : l’offre en recul a rencontré une demande plus ferme dès septembre. Ce qui a permis une forte remontée des cours et le retour à la normale des poids carcasses. La hausse des cours serait toutefois terminée.

Stabilsiation des cours

En semaine 49, la cotation du veau de boucherie rosé clair O a atteint 5,84 €/kg de carcasse, un niveau voisin des années précédentes (+2% /2018 et -1% /2017). Selon les professionnels les prix des veaux seraient en train de se stabiliser après une progression impressionnante depuis la semaine 34 : +1,03 €/kg. La situation est identique pour la cotation du veau R rosé clair, qui a bondi de 86 centimes en 15 semaines, à 6,33 €/kg en semaine 49 (= /2018 et +0,5% /2017).

Il est habituel d’observer une remontée des cours du veau de boucherie entre septembre et novembre. Cette période est marquée par la réouverture de nombreux établissements de restauration collective et par le retour d’une météo automnale propice à la consommation de veau. La hausse saisonnière de 2019 a toutefois été exceptionnellement forte pour deux raisons principales : d’une part les cours partaient d’un niveau historiquement bas, et d’autre part la reprise de consommation a rencontré une offre peu abondante.

Des abattages en net retrait au 4ème trimestre

Les effectifs de veaux gras abattus en France (corrigés des variations journalières) ont reculé de 5%, à 108 500 têtes en octobre 2019. Cette chute des abattages devrait s’amplifier en novembre selon les premiers chiffres disponibles et perdurer au moins en décembre. Les abattages du dernier trimestre correspondent aux mises en place de veaux du 2ème trimestre. En 2019 ces mois étaient marqués par l’amplification de la crise du veau, avec une cotation en forte baisse et des abattages très retardés. Cette situation a doublement pénalisé les mises en place, la chute des cours décourageant les intégrateurs et les retards de sorties limitant les rotations dans les ateliers. Au final les abattages de veaux au 4ème trimestre devraient reculer de plus de 5% /2018.

Normalisation des âges et des poids

L’alourdissement et le vieillissement des veaux abattus sont des tendances de fond dans la filière veau, que la crise du veau a momentanément amplifiées.  En août 2019 les veaux abattus en France étaient en moyenne âgés de 191 jours (+7 jours /2018) et pesaient 149 kgéc (+4 kgéc /2018). En octobre la situation semble en voie de normalisation, avec un âge moyen de 187 jours, soit « seulement » 2,5 jours de plus qu’en 2018 et un poids moyen de 146 kgéc, soit +0,75 kgéc /2018.

Ce retour à la normale de l’âge et du poids des veaux confirme un équilibre offre/demande sur le marché beaucoup plus favorable aux intégrateurs qui doivent même abattre les animaux plus précocement pour coller au mieux à la demande.

Une situation similaire ailleurs en Europe

La situation de la filière veau de boucherie s’est également fortement améliorée aux Pays-Bas et en Italie. Les Pays-Bas bénéficient de la reprise de la consommation en France et surtout en Italie. Les cotations du veau de boucherie connaissent partout une forte hausse saisonnière (voir Tendance numéro 306).

Des intrants en hausse

D’après les indicateurs disponibles, les coûts de production du veau de boucherie sont en hausse. L’IPAMPA aliments d’allaitement pour veaux a atteint 105,5 points en octobre, soit 8 points de plus qu’en 2018. Cet indicateur, qui n’avait pas atteint ce niveau depuis 2017, se maintient depuis juin au-dessus de sa moyenne depuis 2014. Par ailleurs la cotation française de la poudre de lactosérum pour alimentation animale poursuit son redressement entamé en septembre : à 674 €/t elle reste à -11% /2018 mais +23% /2017.

Divergents depuis le début de l’année, l’IPAMPA et la cotation du lactosérum convergent de nouveau à la hausse depuis septembre. Selon certains observateurs, l’IPAMPA aliments d’allaitement pour veaux accorderait trop peu de poids à la poudre lactosérum et peinerait a représenter l’évolution des pratiques alimentaires des veaux.

Viandes bovines » Veaux nourrissons »

La baisse des naissances se confirme

La baisse des naissances de veaux de mère laitière se confirme mois après mois, en grande partie en raison de la forte baisse des vêlages de génisses. Malgré cela le marché des veaux nourrissons reste très encombré.

Fort repli des vêlages de primipares

352 000 vaches laitières ont mis bas en octobre 2019 en France, un nombre en repli de 4,5% /2018. Le mois d’octobre est à l’image de l’année : sur les 9 premiers mois de 2019 les naissances de veaux de mère laitière ont reculé de 99 500 têtes (-3,5% /2018), totalisant 2,773 millions de têtes.

Ce repli des naissances provient d’abord de la chute des vêlages de génisses : sur 9 mois 748 000 génisses laitières sont entrées en lactation en France, soit -6% ou -47 000 veaux par rapport à 2018. Les mise bas de génisses représentent environ un tiers des naissances en France, mais explique la moitié des moindres naissances de veaux en 2019. Le nombre de génisses est en forte baisse dans les élevages laitiers depuis plusieurs mois. Au 1er juin 2019 on dénombrait 693 000 génisses âgées de 18-24 mois dans les élevages français, soit -4,5% ou -33 000 /2018. Les exportations françaises de génisses laitières ont contribué à ce phénomène, elles ont progressé en 2019 : sur 10 mois 41 000 têtes ont été expédiées contre 30 000 en 2018.

Le reste du repli des naissances laitières s’explique par une dégradation du taux de vêlage sur le total des vaches adultes présentes depuis le début de l’année. Celui-ci peut s’expliquer par la contraction du cheptel laitier qui réduit naturellement les mises à la reproduction de vaches. Cette décapitalisation est régulière depuis 2015, mais semble s’accélérer ces derniers mois (Voir article collecte laitière en France). Par ailleurs et plus ponctuellement, une dégradation de la fertilité pourrait s’expliquer par une moindre qualité des fourrages due aux sécheresses répétées.

Un marché des veaux qui reste extrêmement encombré

Cette offre réduite semble sans effet sur le marché déprimé des veaux nourrissons, la faute à des débouchés en berne en France (Voir Tendance 306). Les cotations des veaux restent au plancher et ne devraient pas progresser avant le printemps.

Faute de débouchés en France, une part toujours croissante des veaux est exportée, à plus de 90% vers l’Espagne. En octobre 2019, 36 000 veaux français ont été exportés , soit +12% /2018. Sur 10 mois l’effectif cumulé s’élève à 233 000 têtes (+11% /2018 et +19,5% /2017).

Le contexte de marché du JB est pourtant morose en Espagne (Voir article JB en Europe) où la demande espagnole en veaux nourrissons plafonne. Sur les 9 premiers mois de l’année l’Espagne a importé 313 000 veaux européens, un effectif très élevé, mais en repli de 8,5% par rapport à l’effectif record de 2018. Ce repli des envois s’est toutefois accompagné d’une nouvelle concentration des achats de veaux français. Entre janvier et septembre 2019, 54% des veaux expédiés en Espagne provenaient de France contre 48% en 2018. Ceci s’explique par l’offre abondante et les cours très dégradés qui ont rendu les veaux français très compétitifs malgré le coût des analyses PCR obligatoires pour prévenir la dissémination de la FCO en Espagne.