Veaux laitiers

Disponibilités élevées

Après un début d’année perturbé par les accidents de fertilité liés aux maladies vectorielles, les naissances de veaux laitiers ont poursuivi leur rattrapage pendant l’été.

Naissances toujours en hausse

Les naissances de veaux laitiers terminaient leur rebond en juillet, après un début d’été très dynamique.

En juillet, 268 000 veaux laitiers sont nés en France, soit +8 000 têtes /2025. Cette hausse termine la séquence liée à l’épidémie de FCO-3 à l’été 2025, qui avait conduit à un fort creux de vêlages au printemps et à un rebond depuis mai.

Sur la campagne complète (juillet 2025 à juin 2026), les décalages de vêlage se compensent. En cumul sur douze mois, 3 029 000 veaux sont nés de mère laitière, en baisse de 2% /2025 (-43 000 veaux), soit un recul similaire à celui du cheptel de vaches laitières (voir notre article dédié aux gros bovins en France).

Hausse des envois  

Les disponibilités plus importantes ont permis la reprise des exportations de veaux laitiers, après un printemps en net retrait.

En juillet (semaines 27 à 31), les envois de veaux laitiers ont ainsi progressé de 21% /2025, à 35 000 têtes, après une première hausse de 14% (+2 000 têtes) en juin.

Ces hausses ne compensent pas encore la chute des envois en début d’année. En cumul sur 34 semaines (jusqu’au 23 août), 196 000 veaux ont été exportés, soit une baisse de 3% /2025 (-6 000 veaux).

Sur les dernières semaines, les données TRACES laissent cependant apercevoir une nouvelle hausse des envois vers l’Espagne. Entre les semaines 35 et 37 (du 24 août au 13 septembre), les exportations de bovins de toutes races, sexes et âges confondus vers l’Espagne ont gagné 10% /2025, à 48 000 têtes, dépassant même leur niveau de 2024 de 4%.

Stabilisation des prix

L’offre renforcée, la demande nationale limitée par le commerce difficile de la viande de veau (lire notre article dédié aux veaux de boucherie) et le rattrapage des exportations aboutissent à une stabilisation des prix à un niveau inférieur aux sommets de 2025, mais encore élevé comparés aux années précédentes.

En semaine 37, le veau laitier de 45 à 50 kg cotait à 132 €/tête, en légère hausse (+10 €) sur quatre semaines mais en forte baisse par rapport à son niveau de 2025 (-158 €). Le niveau atteint reste cependant plus élevé que les prix habituels à cette saison (moins de 100 €/tête par le passé).

Baisse des envois irlandais

Les envois irlandais de veaux laitiers étaient en net recul vers la plupart des destinations depuis début 2026, sauf vers l’Espagne.

En cumul sur sept mois, 90 000 veaux laitiers ont été exportés d’Irlande, en recul de 17 000 têtes (-16%) par rapport à la même période l’an dernier. L’Espagne est devenue le premier destinataire de ces veaux, avec 52 000 têtes (+14 000 têtes /2025), détrônant les Pays-Bas, client historique, à 23 000 têtes (-18 000 têtes /2025).

Deux éléments sont de nature à compliquer les envois irlandais de veaux laitiers vers le continent. D’une part, le gouvernement néerlandais, après acceptation du plan de la filière du veau néerlandais et de la société civile, a annoncé son objectif « d’arrêter l’import de veaux irlandais d’ici 2028 » (voir un article d’Agriland.ie). D’ici là, les autorités néerlandaises ont demandé à quatre exportateurs de veaux irlandais de garantir un arrêt pour abreuvement des veaux non sevrés toutes les 12 heures, dans leur trajet de l’Irlande vers les Pays-Bas, allant au-delà de la réglementation européenne. Faute d’abreuvement, des amendes de plusieurs milliers d’euros seront appliquées aux entreprises à chaque traversée.

D’autre part, la compagnie maritime Brittany Ferries a annoncé la fin de son transport de bétail entre l’Irlande et Cherbourg (à destination finale des Pays-Bas et de l’Espagne) à partir du 1er septembre 2026. Cette activité n’avait été reprise qu’en février 2025 par la compagnie, qui n’avait pas transporté d’animaux vivants durant trente ans. Les éleveurs irlandais recherchent une alternative, même si une compagnie est encore active pour les traversées entre ces deux pays.