La forte chute des naissances laitières s’est poursuivie en avril, mais semble être stoppée début mai. Avec un peu plus de naissances en mai, les prix des jeunes veaux se sont repliés au niveau de 2025. Ailleurs en UE, les Pays-Bas envisagent d’arrêter l’import de veaux irlandais.
Net creux des naissances en avril, du mieux en mai
Seuls 164 000 veaux sont nés de mère laitière en avril, soit un revers inédit de 19% /2025 (-39 000 veaux). En cumul sur la campagne de naissances de juillet 2025 à avril 2026, 2 555 000 veaux de mère laitières sont nés (-4,5% /2025), ce qui porte le recul sur cette période à 122 000 têtes. Cette situation est liée à l’arrivée dans le Grand Ouest de la FCO-3 en juillet 2025 et à la canicule qui a sévi à partir du 10 juillet, perturbant alors la reproduction.
Les naissances de veaux disponibles pour l’engraissement reculaient un peu plus en avril, à 97 000 têtes en mars (-21% /2025 ou -26 000 têtes) pour un cumul sur la campagne de 1 509 000 naissances (-5,1% /2024-2025. Sur la première décade de mai, les naissances rebondissent fortement (chiffres encore à consolider), ce qui indiquerait un rattrapage des naissances après les mauvaises conditions de reproduction de juillet 2025.

D’après les données du système d’information génétique bovin, le nombre d’inséminations artificielles dernières (non suivies d’une autre IA, donc sous-entendant en général une fécondation réussie) a bondi à partir d’août 2025 (correspondant à des naissances en mai 2026) et jusqu’en novembre 2025 (naissances d’août 2026). Le rebond excéderait même le déficit d’inséminations constaté en juin et juillet 2025 (+73 000 IA dernières en août-septembre 2025 contre -51 000 IA dernières en juin-juillet 2025). En cumul sur l’année, 2025 termine donc avec 46 000 IA dernières de plus que 2024. Ce surplus d’IA ne se traduira pas forcément en naissances, en fonction des éventuels accidents de reproduction et de gestation (avortements) qui pourraient advenir.

Cours des veaux laitiers en baisse par le rebond des naissances
Le rebond des naissances constaté début mai et annoncé par le nombre d’inséminations artificielles dernières sur septembre-décembre indique une plus grande disponibilité en veaux en mai-juin. Cette situation a amené une détente des prix des jeunes veaux laitiers depuis mi-mai (semaine 19). Les prix avaient en effet progressé plus tôt que d’habitude en 2026, du fait des naissances en recul de 4% ou plus depuis février. De l’autre côté des Pyrénées, les prix des veaux laitiers espagnols ont eux aussi reculé depuis mi-mai, du fait de la plus grande disponibilité en veaux français.

Dans ce contexte de détente, la cotation du veau mâle laitier de 45-50 kg a reculé de 44 € en quatre semaines, à 276 €/tête en semaine 24, un niveau légèrement en-dessous de la valeur 2025, record pour la saison (-16 € /2025), mais encore à plus du double de son prix 2024 (+147 €, ×2,1).
Le veau laitier espagnol de moins d’un mois se stabilisait depuis deux semaines à 159 €/tête en semaine 23 (-9 € en quatre semaines, -16 € /2025). Ce tarif inférieur à la France traduit l’inquiétude des engraisseurs espagnols face à un marché national du jeune bovin baissier (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe). Le veau laitier néerlandais de 43-47 kg est quasiment stable depuis mi-avril, à 370 € en semaine 24 (-65 €/2025, mais encore +68% /2024).
Vers un arrêt des imports de veaux irlandais aux Pays-Bas
Un plan commun à SBK (interprofession du veau aux Pays-Bas), à un syndicat de jeunes agriculteurs et à des ONG de protection animale néerlandaises a été présenté au secrétaire d’État à l’Agriculture néerlandais, Silvio Erkens, le 12 juin dernier. Il est issu d’un alignement des points de vue de ces différentes organisations.
Il prévoit, à horizon 2040, que les Pays-Bas importent uniquement des veaux belges, luxembourgeois, allemands et du sud du Danemark. Par ailleurs, l’objectif du plan est d’arrêter des imports de veaux depuis l’Irlande entre 2028 et 2030. Des travaux seront également menés en vue de meilleures conditions de transport des animaux.
En avril, des exportations de veaux en repli
Faute d’offre en mars-avril et dans un contexte peu favorable au jeune bovin ibérique, les exportations de veaux laitiers ont accentué leur recul en avril, après un mois de mars déjà très affecté (-14% /mars 2025).

Les envois de veaux français de mère laitière ont donc chuté de 23% en avril (semaines 14 à 18) selon SPIE-BDNI, à 21 000 têtes (-6 000 jeunes veaux exportés), portant le cumul sur les vingt premières semaines de l’année, jusqu’au 15 mai, à seulement 108 000 têtes (-13% /2025 ou -16 000 veaux). La première quinzaine de mai (s19-s20) est encore particulièrement marquée par une baisse des exportations de jeunes veaux laitiers (-32% /2025).
