Veaux de boucherie

Ventes difficiles et cours en baisse dans toute l’Europe

La consommation de viande de veau recule en Europe et tire les prix à la baisse, conduisant à des retards de sortie et à des poids carcasse record.

Prix toujours en baisse

Les épisodes caniculaires n’ont rien apporté à un commerce de viande de veau déjà difficile. En conséquence, les prix des veaux de boucherie ont connu un nouveau recul et sont passés en France sous leur niveau de 2025, ce qui avait déjà été le cas plus tôt aux Pays-Bas et en Italie.

En semaine 28 :

  • Le veau de boucherie rosé clair O perdait 40 centimes en un mois, à 7,58 €/kg de carcasse (-3 cts /2025, mais +68 cts/2024),
  • Le veau de boucherie rosé clair R reculait de 44 centimes sur quatre semaines, à 8,15 €/kg de carcasse (+20 cts /2025 et +91 cts/2024),
  • Le veau sous la mère rosé clair U cotait 11,40 €/kg de carcasse, en baisse de 38 centimes sur quatre semaines (+1,05 € /2025).

En Italie et aux Pays-Bas, la baisse se poursuivait au début de l’été, amenant l’écart de prix entrée abattoir entre les veaux français et européens à plus d’un euro.

En semaine 28 :

  • Le veau de boucherie pie-noir néerlandais reculait de 35 cts sur un mois, à 6,30 €/kg de carcasse (-70 cts /2025, mais +76 cts /2024),
  • Le veau de boucherie pie-noir italien perdait 30 cts sur quatre semaines à Modène, s’établissant à 6,40 €/kg de carcasse (-80 cts/2025, mais +40 cts /2024).

L’écart de prix à la production se répercute sur les prix des carcasses vendues à Rungis.

En moyenne du 1er au 17 juillet, les carcasses O de veaux européens cotaient 1,26 €/kg de moins que celles de veaux français de même catégorie. Cet écart toujours conséquent rend difficile l’utilisation de viande de veau française dans la restauration. Il a néanmoins reculé depuis janvier, où il atteignait 1,30 €/kg.

Sorties retardées en France

Faute de ventes, les sorties des veaux des boucherie sont toujours retardées en France.

En juin, les veaux français ont été abattus en moyenne à 198,6 jours d’âge, un niveau historiquement haut (+9 jours /2025) qui bat le précédent record de mai 2026, traduisant le manque de fluidité du commerce. Cependant, les épisodes caniculaires ont compliqué la croissance des animaux et les poids carcasse moyens reculent légèrement sur un mois (-0,7 kg), à 154,2 kg de carcasse, tout en restant très élevés par rapport aux références historiques.

Fort recul des abattages français

La hausse des poids carcasse compense en partie la baisse des abattages en effectifs.

En juin, 67 000 veaux ont été abattus (-7% /2025) pour 10 000 téc (-3% /2025). La baisse des sorties depuis deux ans conduit à un cumul en fort retrait sur le premier semestre 2026 : seulement 434 000 veaux (-9% /2025, -16% /2024) pour 64 000 téc (-8% /2025 et -14% /2024). En cinq ans depuis 2021, les abattages cumulés sur six mois ont perdu 174 000 têtes (-29%) et 26 000 téc;

Baisse mesurée de la production en Europe

Aux Pays-Bas, la hausse des poids carcasse due probablement aux retards de sortie compensait la baisse des effectifs abattus sur les quatre premiers mois de l’année.

100 000 veaux ont été abattus en avril, en baisse de 7% /2025. En cumul sur quatre mois, la production néerlandaise se stabilise sur un an à 397 000 têtes (-1% /2025), mais reste en retrait des niveaux historiques (-17% /2024). La hausse des poids carcasse dans un marché peu fluide, à 160,1 kg en avril (+7 kg  /2025, niveau le plus élevé pour un mois d’avril depuis 2010) limite la baisse de la production à 3% en avril (16 000 téc) et conduit même à une légère hausse de la production cumulée depuis janvier, à 61 000 téc (+2% /2025, mais -17% /2024).

Dans les autres pays producteurs, les abattages restent élevés, alimentant un marché déjà encombré.

En Italie, après un printemps très dynamiques, les abattages de veaux ont légèrement reculé en mai, à 49 000 têtes (-1% /2025). Le cumul sur cinq mois reste nettement positif, à 257 000 têtes (+3% /2025, mais -3% /2024).

En Belgique, la hausse de la production se poursuivait à un niveau plus mesuré, avec 28 000 veaux abattus en mai (+1% /2025) pour 5 000 téc (+3% /2025). Là aussi, la forte hausse des poids carcasse conduit à amplifier la hausse des effectifs abattus. En cumul sur cinq mois, 149 000 veaux ont été abattus (+8% /2025) pour 27 000 téc produites (+9% /2025).

Légère détente sur les aliments laitiers

Les cours des ingrédients laitiers utilisés pour l’alimentation des veaux de boucherie restaient élevés au début de l’été.

En semaine 28, la poudre de lactosérum doux cotait 1 310 €/tonne d’après ATLA (+64% /2025), un prix supérieur au très haut niveau atteint en 2022. En comparaison, la poudre de lait écrémé se maintenait à des tarifs relativement modérés, qui pourraient la rendre intéressante pour l’alimentation des veaux de boucherie.

En semaine 28, la poudre de lait écrémé cotait 2 670 €/tonne, proche de ses niveaux habituels (+14% /2025). Pour en savoir plus, lisez notre article consacré au marché des produits laitiers.