Les prix des broutards semblent s’être stabilisés depuis mi-mai, en particulier dans les catégories les plus lourdes, demandées pour des sorties d’hiver. L’export reste en retrait et laisse place à des mises en place plus dynamiques dans l’Hexagone.
Arrêt de la baisse des cours
Après avoir connu une nette baisse entre début avril et fin mai, les cours des broutards de plus de 450 kg ont stoppé leur baisse mi-mai, et réaugmentent un peu depuis. En effet, les animaux les plus lourds sont les plus recherchés pour un abattage en fin d’année, où la demande et les prix des jeunes bovins sont espérés plus élevés.

En semaine 24, la cotation du Charolais U de 450 kg s’est stabilisée à 5,13 €/kg vif après avoir gagné 15 centimes sur un mois. Elle restait toutefois inférieure de 37 centimes à son cours de 2025.
À l’inverse, les animaux plus légers, dont l’abattage devrait advenir en début d’année 2027, stabilisaient tout juste leurs cotations grâce à une offre encore faible sur les marchés.

En semaine 24 :
- Le Limousin E de 350 kg cotait 5,70 €/kg vif, en baisse de 10 centimes sur quatre semaines,
- Le Charolais U de 350 kg se stabilisait à 5,51 €/kg vif, en recul de 13 centimes sur un mois.
Commerce peu dynamique à l’export
La conjoncture moins porteuse pour la viande bovine en Italie et en Espagne dans un contexte d’inflation généralisée et de demande pays tiers faible, conjuguée à une offre en ferme toujours faible, conduit à une baisse des envois de broutards et à leur maintien sur le territoire national.

En avril (semaines 14 à 18), 70 000 broutards ont été exportés, soit une baisse de 11 000 têtes /2025. Les envois ont tout particulièrement ralenti vers l’Espagne (-26% /2025, année historiquement haute), où les engraisseurs souffrent de la demande atone (lisez notre article sur les jeunes bovins en Europe). Vers l’Italie, le recul est similaire (-21% /2025). L’Italie confirme toujours sa place de premier client, représentant 78% des broutards exportés par la France (+2 pts /2025). Les envois vers la Tunisie ont atteint 3 000 têtes sur quatre mois.
La baisse des envois touche différemment les broutards selon leur race.

Les envois de Charolais baissaient tout particulièrement, comme depuis deux ans, avec seulement 85 000 têtes exportées sur vingt semaines (-22 000 têtes), tandis que les envois de Limousins baissaient moins (97 000 têtes, -11 000 têtes /2025) confirmant leur place de première race exportée. Les envois de Blonds ont pâti de la fermeture des principaux pays clients aux zones vaccinales du Sud-Ouest en début d’année.
Sur les dernières semaines, la dynamique d’export s’est un peu redressée, sans retrouver ses niveaux habituels, notamment vers l’Italie.

Sur les semaines 20 à 24 (depuis mi-mai), 71 000 bovins (tous sexes, âges et races confondus) ont été exportés vers l’Italie, en recul de 9% /2025. Ce recul atteignait 17% sur la précédente période de quatre semaines.
Mises en place dynamiques en France
Faute d’être exportés, les broutards sont davantage orientés vers l’engraissement en France.

Au 1er mai, 473 000 mâles de race allaitante âgés de 6 à 12 mois étaient présents dans les élevages français, soit 17 000 de plus que l’année précédente à la même date, qui souffrait alors d’une cohorte de naissance très faible en raison des maladies vectorielles. Ces effectifs renforcés sont présents chez les engraisseurs et naisseurs-engraisseurs avec achat et pour une moindre partie chez les naisseurs spécialisés, traduisant leur réorientation vers la production de jeunes bovins française au premier trimestre.

Après avoir été très dynamiques sur les trois premiers mois de l’année (90 000 broutards achetés par des ateliers d’engraissement français entre janvier et mars, soit +6 000 /2025), les mises en place ont reculé en avril (32 000 têtes, soit -3 000 /2025), portant le cumul sur quatre mois à 121 000 têtes (+3 000 têtes/2025).
