Maigre

Régression des envois en début d’année 2026 

Le début d’année 2026 est marqué par une offre limitée de broutards, soutenant globalement les prix. Les exportations reculent nettement, que ce soit vers l’Espagne ou vers l’Italie. 

Reprise de la croissance des prix pour les charolais 

Les cours des broutards charolais poursuivaient leur hausse en début d’année, tandis que les Limousins et les Croisés se stabilisaient au-dessus des 6 € /kg vif.  

En semaine 11 :   

  • les Charolais U de 350 kg cotaient 6,22 €/kg vif (+1,29 € /2025), en hausse de 11 centimes sur quatre semaines,   
  • les Limousins E de350 kg atteignaient à 6,15 €/kg vif (+1,20 € /2025), stable sur quatre semaines,   
  • les Croisés R de300 kg restait inchangé en quatre semaines, à 6,30 €/kg vif (+1,69 € /2025),  
  • Les Charolais U de 450 kg gagnaient 7 centimes en quatre semaines, atteignant 5,53 €/kg vif (+68 cts € /2025),  
  • La cotation des Limousines E de 270 kg est resté la même sur un mois, à 5,80 €/kg vif (+1,35 € /2025).  
  • Les Charolaises U de 270 kg perdaient 5 centimes sur un mois, à 5,50 €/kg vif (+90 cts /2025).   

Recul des naissancesen janvier 2026  

Après une année 2025 en léger recul, les naissances de veaux allaitants sont restés sur la même tendance en janvier 2026.   

En janvier, 290 000 veaux sont nés de mère allaitante, en baisse de 2% par rapport à 2025. Cela prolonge les chiffres du cumul annuel 2025 qui était déjà en recul de 1,5%/2024 avec 3 110 000 veaux nés soit une baisse de 47 000 veaux.  

Malgré tout, en cumul sur les six premiers mois de campagne (juillet 2025 – janvier 2026), les naissances allaitantes progressaient de 2,4% /2024-2025, avec 1 782 000 veaux, mais toujours avec un repli de 4% par rapport à la campagne 2023-2024. Après un début d’année 2025 très bas à cause de la FCO-3 lors de l’automne 2024, les naissances ont connu un report de juin 2025 vers juillet 2025, d’où ce rebond au début de la campagne 2025-2026.

Progression des effectifs de broutards de moins de 6 mois  

Le retour du dynamisme des naissances d’automne en 2025, après une année 2024 fortement impactée par les maladies vectorielles, conduit à un renforcement des effectifs de broutards (notamment Limousins et Croisés). À l’inverse, les effectifs de broutards plus âgés étaient pénalisés par la faiblesse des naissances en début d’année.  

Au 1er février 2025, 771 000 mâles allaitants de moins de six mois étaient présents dans les élevages, en hausse de 2% /2025 mais toujours en dessous des niveaux précédent (-5% /2024). À l’inverse, les effectifs de mâles allaitants âgés de six à douze mois étaient en baisse, avec seulement  525 000 têtes (-4% /2025, -9% /2024).   

Baisse des envois en janvier  

En janvier, les envois de bovins âgés de 4 à 15 mois étaient en baisse par rapport aux chiffres de l’année précédente. 

Après une année en recul de -3% par rapport à 2024, avec  915 000 têtes, la tendance baissière s’est accentuée en janvier 2026 (semaines 1 à 5) avec 81 000 têtes exportées (-6% /2025).

Les exportations de femelles sont particulièrement touchées par la baisse des envois (-10%/2025 contre -3%/2025 pour les mâles). Elles ne représentent plus que 32% des exportations, signe qu’une part plus importante de femelles est sans doute gardée pour le renouvellement des troupeaux en France. De même, la baisse des exportations touchait particulièrement les broutards charolais (-11%/2025), tandis que les broutards limousins étaient moins touchés par ce recul (-2%/2025) conséquences de la dynamique actuelle des naissances et de la demande étrangère plus importante pour les Limousins et Croisés. 

D’après les douanes cette baisse des envois s’expliquerait par une contraction des exportations vers l’Espagne de 36% en janvier. Environ 3 000 mâles lourds et 3 000 broutards de moins de 300 kg en moins auraient été envoyés par rapport à janvier 2025. L’impossibilité d’exporter des bovins vers l’Espagne depuis les zones vaccinales, en plus des diverses zones réglementées, a participé à la baisse des envois. À l’inverse de l’Espagne, l’Italie acceptait déjà en janvier les animaux issus de la zone vaccinale 2 ce qui aurait permis un relatif bon maintien des envois.  

Retour à des exportations de broutards lourds

Sur la fin de l’année 2025, et encore en janvier 2026, comme il y a 12 mois, l’Espagne alourdit en moyenne ses importations française de broutards.

Alors que les Espagnols étaient revenus à des poids plus légers au milieu de l’année 2025, en achetant des broutards mâles qui pesaient en moyenne 360 kg, ils ont depuis août à nouveau augmenté les niveaux de poids, avec des animaux de 390 kg en moyenne en janvier, rentrant en concurrence avec l’Italie, comme ce qu’il s’était produit fin 2024.

Baisse des envois vers l’Italie en marsd’après les données TRACES  

Plus récemment, d’après les données TRACES-DGAL, les envois de bovins toutes races et sexes confondus vers l’Espagne et l’Italie étaient en baisse entre les semaines 8 et 11 de 2026.   

Les envois vers l’Espagne (y compris veaux laitiers) étaient en baisse de 8% sur les semaines 8 à 11, à 38 000 têtes exportés. La baisse des exportations vers l’Italie était plus nette encore, à près de 21% sur cette période, reculant à un minimum historique de 55 000 têtes (-15 000 têtes/2025). Il semblerait que la disponibilité limitée des broutards pour l’exportation soit la cause de cette chute d’envois vers l’Italie.