La consommation apparente de viande bovine et de veau sur les cinq premiers mois de l’année 2026 était en léger retrait. Le recul des exportations s’est accentué en mai. Pour la première fois depuis janvier, l’inflation sur le bœuf et le veau est passée sous la barre des 10% en juin.
La consommation apparente presque inchangée en France
Le disponible consommable de bœuf et de veau sur les cinq premiers mois de 2026 a totalisé 580 000 téc (-0,6% /2025). Sur cinq mois, la production de viande bovine recule peu, de 2% /2025, celle de viande de veau plus nettement, de 8% /2025. Les exportations de viande bovine ont reculé de 16% sur janvier-mai 2026, comparées à 2025, permettant de conserver un peu plus de viande en France pour la consommation domestique, tandis que les importations de viande s’érodaient de 2% sur la même période.
Attention, ce calcul ne tient pas compte des variations de stocks de viande en abattoir qui peuvent influer sur les volumes d’un mois sur l’autre ou sur de plus longues périodes.

Le part de viande d’import dans la consommation apparente (hors stocks) reste stable, à 25%, comme sur les cinq premiers mois de 2025.

Depuis le Brexit début 2021, les statistiques douanières sont perturbées par la nouvelle organisation des opérateurs. Plusieurs exportateurs britanniques font dédouaner leurs viandes en France avant de les réexpédier vers les Pays-Bas, afin de faciliter les procédures de dédouanement. Ces effets ne sont pas déduits ici.
Les importations de viande s’effritent en 2026
Les importations de viande bovine réfrigérée, congelée et transformée se montaient à 142 000 téc sur les cinq premiers mois de l’année 2026, en léger recul de 2% /2025 (-2 000 téc). En mai, les importations ont reculé assez nettement de 9% (-2 500 téc) à 27 000 téc, avec toujours des volumes importants d’Allemagne et un net recul d’Irlande, en lien avec les dynamiques d’abattages de vaches dans les deux pays.

Sur les cinq premiers mois de l’année, les importations françaises sont restées stables en provenance des Pays-Bas, premier fournisseur, à 30 000 téc.
Nos importations ont progressé depuis les pays suivants :
- le Royaume-Uni (+4% /2025, +700 téc) à 17 500 téc, sans que ces volumes supplémentaires ne provoquent de hausse de nos envois vers les Pays-Bas comme cela a pu être le cas par le passé,
- l’Allemagne (+10% /2025 ou +1 000 téc) à 14 000 téc, la viande de réforme allemande étant attirée par le différentiel de prix intéressant en France,
- l’Espagne (+3%, +200 téc) à 8 000 téc, par comparaison avec le début de l’année 2025, où l’Espagne exportait beaucoup vers d’autres pays de l’UE et vers les rives sud et est de la Méditerranée,
- et depuis d’autres pays tiers (+33%, +600 téc), à 2 500 téc, surtout de la viande uruguayenne (1 300 téc, +84% /2025) et brésilienne (500 téc +26% /2025) un peu moins d’argentine (200 téc, -40% /2025).
Plus fort revers pour nos exportations de viande en mai
En mai 2026, les exportations de viande bovine française sont particulièrement affectées, avec un recul de 26% /2025 (-5 500 téc), à 15 000 téc, après une baisse de 22% sur un an en avril et de 11% en mars. Les exportations ont ainsi reculé de 25 à 26% vers l’Italie, l’Allemagne et la Grèce, de 43% vers la Belgique et de 20% vers les autres destinations en UE. En mai, les abattages de bovins avaient reculé de 10% en têtes, dont -7% pour les jeunes bovins viande, réduisant le potentiel exportable.
En cumul sur les cinq premiers mois de l’année, les expéditions françaises de viande bovine se montent à 82 000 téc, -16% /2025 et -14% /2024.

En cumul de janvier à mai 2026, les exportations françaises de viande bovine ont reculé vers toutes les destinations :
- vers l’Italie (-14% ou -3 000 téc par rapport au bon début d’année 2025), à 19 000 téc, et encore -7% /2024,
- vers l’Allemagne (-11% /2025, -1 500 téc) à 14 000 téc,
- vers la Grèce (-21% /2025, -3 000 téc) à 11 000 téc, du fait d’une inflation à deux chiffres qui touche le bœuf en Grèce depuis mi-2025,
- vers la Belgique (-27% /2025) à 7 500 téc,
- vers les autres pays de l’UE (-18% /2025) à 7 500 téc, notamment vers le Portugal (1 500 téc, soit -43% /2025),
- vers les pays tiers (-17% /2025) à 2 500 téc, principalement vers le Royaume-Uni et la Suisse.
Les envois français de viande bovine étaient quasi-stables vers les Pays-Bas (-1% ou -150 téc) entre janvier et mai 2026, à 13 500 téc.
En effet, les échanges sont affectés par des flux « parasites » avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas depuis la mise en œuvre du Brexit. Des opérateurs britanniques font dédouaner des viandes britanniques en France, avant réexportation ensuite vers les Pays-Bas. Ces flux ne sont pas retranchés des chiffres ci-dessus.
L’inflation sur le prix du bœuf reflue en juin
En juin selon l’INSEE, l’inflation générale sur les prix en France était de 1,8% sur un an (contre 2,4% un mois plus tôt). Les prix des produits pétroliers ont moins augmenté sur un an en juin, qu’en mai (+11% sur un an, après +17%) avec une période de reflux du prix du pétrole, ce qui a ralenti l’inflation. L’alimentaire a de nouveau nettement ralenti son rythme de hausse, à 0,9% en juin contre 1,1% le mois précédent. L’alimentaire frais augmentait aussi moins vite (+2,8% sur un an contre +3,4% un mois plus tôt). Pour la première fois depuis janvier 2026, le prix du bœuf et du veau progressait de moins de 10%, précisément de 9,4% sur un an.

