Europe

Production réduite malgré une demande bien présente

Avec une demande européenne et méditerranéenne très dynamique et une production en baisse dans la majorité des pays, les abattages dynamiques en Espagne et en Pologne ne parviennent pas à faire baisser la tension sur les prix des taurillons.

Des prix à des niveaux record

Pour la deuxième année consécutive, les cours des jeunes bovins ont été en hausse continuelle en 2025, atteignant des niveaux inédits.

En semaine 2 :

  • N’ayant connu aucune période de baisse depuis le début de l’automne 2024, le Charolais italien Prima Qualità (correspondant à une conformation U) cotait 8,32 €/kg de carcasse (+24% /2025), en hausse de 15 centimes sur quatre semaines,
  • Le jeune bovin U espagnol se repliait légèrement (-13 centimes sur quatre semaines), à 7,60 €/kg de carcasse (+19% /2025),
  • Le jeune bovin U allemand se stabilisait depuis octobre et cotait 7,29 €/kg de carcasse (+24% /2025),
  • Le jeune bovin U français a comblé son retard cet automne et rattrapé les prix allemands et espagnols, gagnant 8 centimes sur quatre semaines à 7,60 €/kg de carcasse (+28% /2025).
  • En Pologne, les taurillons R progressaient également de 19 centimes en quatre semaines, à 7,39 €/kg de carcasse (+37% /2025).

Le manque de viande bovine à l’échelle européenne (lire notre article sur les femelles en Europe) tire les prix de tous les animaux de boucherie vers des niveaux inédits.

Espagne : des animaux de plus en plus lourds

Malgré une stabilité en tonnage total, la production espagnole de bovins de moins de deux ans est en pleine mutation en Espagne. Les abattages de mâles de plus de 12 mois progressent nettement au détriment des bovins de moins d’un an.

En cumul sur 11 mois, les abattages de mâles de plus d’un an atteignaient ainsi 281 000 téc, en hausse de 23 000 téc /2024. Les effectifs abattus étaient également en hausse, à 806 000 têtes sur onze mois (+45 000 têtes /2024). Cette hausse a été amplifiée par l’augmentation de 9 kg des poids carcasse, qui atteignaient 348 kg sur onze mois en 2025, contre 339 kg en 2024. La forte progression des envois français de broutards lourds vers l’Espagne (lire notre article sur les broutards) a probablement conduit à ce développement des abattages de mâles plus lourds.

À l’inverse, les abattages de bovins âgés de 8 à 12 mois reculaient en nombre et en volume sur onze mois, atteignant 137 000 téc (-30 000 téc /2024) pour 567 000 têtes (-115 000 têtes /2024). Les poids carcasse de ces animaux étaient également en recul, avec une moyenne de 242 kg sur onze mois en 2025 contre 245 kg en 2024.

Pologne : production en hausse, dopée par les bons prix

En Pologne, les abattages de taurillons étaient en hausse de 2% /2024 sur dix mois, atteignant 865 000 têtes (+19 000 têtes /2024).

La production de viande de jeunes bovins progressait même de 3% /2024 à 292 000 téc, grâce à des poids carcasse en légère hausse. Ce cumul élevé masque un mois d’octobre en net retrait par rapport à un niveau très élevé fin 2024, avec seulement 81 000 mâles de plus d’un an abattus (-12 000 /2024, mais +6 000 /2023).

Les abattages dynamiques servent toujours l’export, qui atteint 500 000 téc sur onze mois (+1% /2024), avec un dynamisme marqué vers l’Allemagne (92 000 téc, +12% /2024 et vers la France (48 000 téc, +9% /2024) mais en baisse vers l’Italie (78 000 téc, -4% /2024) et vers la Turquie (40 000 téc, -14% /2024 mais +32% /2023).

La hausse de production de viande s’est essentiellement faite à partir de bovins importés. Les imports de veaux ont ainsi atteint 136 000 têtes sur onze mois (+7% /2024), issus principalement des pays baltes (47 000 têtes de Lituanie, 16 000 d’Estonie, 14 000 de Lettonie). Les importations de bovins finis étaient également en nette progression pour nourrir les capacités d’abattage polonaises.

Ainsi, sur onze mois, 71 000 bovins finis ont été importés en Pologne (+18% /2024), dont 20 000 de Slovaquie (+18% /2024), 19 000 de Hongrie (×2,23 /2024) et 17 000 de Tchéquie (+55% /2024).

Allemagne : Baisse des abattages faute d’offre à mettre en place

Les disponibilités allemandes en veaux à engraisser ont été en net recul depuis deux ans, sous l’effet de la décapitalisation et des maladies vectorielles. Faute d’animaux mis en place, les abattages de taurillons poursuivent leur repli. En cumul sur dix mois, seuls 843 000 taurillons ont été abattus d’après Eurostat (-8% /2024), du fait notamment de fortes baisses des abattages entre mars et août. Le tonnage recule un peu moins, à 346 000 téc (-7% /2024) grâce à des poids carcasse en hausse de 3 kg.

D’après l’indicateur hebdomadaire d’AMI, les abattages de taurillons ne se sont pas redressés fin 2025 et ont démarré l’année 2026 à un niveau très bas.

Sur les deux derniers mois de l’année, les effectifs de taurillons abattus auraient baissé de 6% /2024 selon AMI.

Italie : faute de broutards français, recul des abattages

La baisse des envois de broutards français depuis plusieurs années a nettement réduit les mises en place en Italie malgré la diversification des pays fournisseurs (lire notre article sur les broutards). Les abattages atteignent leur plus bas niveau depuis 2005.

En cumul sur onze mois, 658 000 mâles (-25 000 têtes /2024) et 498 000 femelles (-7 000 /2024) ont été abattues. La chute est moins forte pour les femelles, qui ont été proportionnellement plus mises en place par les engraisseurs italiens depuis deux ans.

Les statistiques de fin d’année sont plus dégradées encore, impactées par le fort recul des disponibilités fin 2024 et début 2025. En novembre, les abattages de mâles étaient en baisse de 6% /2024, à 62 000 têtes, et ceux de femelles de 5%, à 46 000 têtes.