Lait de vache

Toujours plus de lait

Le rebond de la collecte initiée au second semestre 2025 en France comme dans l’UE et chez les principaux exportateurs mondiaux se poursuit. L’afflux de lait continue de peser sur les prix malgré un léger mieux sur les marchés des commodités début février. Dans l’UE comme en France, la hausse de la collecte a entraîné une progression des exportations de produits laitiers en 2025. Mais la balance commerciale française s’est dégradée.

Lait de vache » Collecte laitière »

La production laitière mondiale toujours haussière

Rien de neuf dans les principaux bassins exportateurs de produits laitiers côté production laitière. Elle restait encore orientée à la hausse fin 2025. Ce niveau de croissance reposait majoritairement sur l’UE.

La hausse de production ne faiblit pas chez les principaux exportateurs

En décembre 2025, le rythme de croissance sur un an de la production de lait chez les 6 principaux exportateurs (Argentine, Australie, Biélorussie, États-Unis, Nouvelle-Zélande et UE) a de nouveau accéléré. La hausse, une nouvelle fois supérieure au million de tonnes, a atteint 1,23 million de tonnes (+4,9% /2024), un niveau qui n’avait plus été atteint depuis décembre 2011. Tous les bassins de production sont concernés, y compris l’Australie. L’essentiel de la croissance de la collecte restait cependant porté par l’UE pour plus de la moitié des volumes (56%), et par les États-Unis pour près du tiers (30%).

En décembre 2025, les évolutions de production sur un an étaient d’ampleur variable, mais toutes en progression :

  • +689 000 t pour l’UE-27 à 12,12 millions de tonnes (+6,0% /2024) ;
  • +374 000 t pour les États-Unis à 8,88 millions de tonnes (+4,5%) ;
  • +65 000 t pour la Nouvelle-Zélande à 2,71 millions de tonnes (+2,5%) ;
  • +47 000 t pour l’Argentine à 996 000 tonnes (+4,9%) ;
  • +44 000 t pour la Biélorussie à 767 000 tonnes (+6,1%) ;
  • +16 000 t pour l’Australie à 839 000 tonnes (+1,9%).

Sur l’ensemble de l’année 2025, seule la production laitière de l’Australie affichait une baisse sur un an alors que la filière, affectée par des crises environnementales successives, est en repli structurel. L’Australie a produit 8,49 Mt, soit 158 000 t en moins (-1,8% /2024). Toutes les autres zones affichaient des hausses, les États-Unis devançant l’UE grâce à un meilleur début d’année :

  • +2,83 Mt pour les États-Unis à 105,5 millions de tonnes (+2,8% /2024) ;
  • +2,63 Mt pour l’UE-27 à 147,1 millions de tonnes (+1,8%) ;
  • +911 000 t pour l’Argentine à 11,0 millions de tonnes (+9,0%) ;
  • +411 000 t pour la Nouvelle-Zélande à 21,9 millions de tonnes (+2,2%) ;
  • +530 000 t pour la Biélorussie à 9,3 millions de tonnes (+6,1%).

L’UE porte la croissance mondiale de production laitière au 2nd semestre

Après un 1er semestre 2025 plutôt timide, la production laitière dans l’UE-27 s’est très nettement redressée au cœur de l’été. A partir d’août, la croissance sur un an de la collecte a oscillé entre +3% et +6%. Ainsi, les volumes mensuels collectés au sein de l’UE à 27 ont battu des records pour ces mois tout au long du 2nd semestre 2025.

En décembre 2025, les collectes des principaux exportateurs européens étaient orientées à la hausse à l’exception de l’Irlande (-3,0% /2024 à 267 000 t). La hausse relative la plus importante concernait l’Allemagne (+10,8% à 2,81 Mt), devant la France (+7,3% à 2,10 Mt), les Pays-Bas (+7,0% à 1,21 Mt) et la Pologne (+3,8% à 1,16 Mt).

Sur l’ensemble de 2025, les 147,1 Mt de la collecte laitière de l’UE à 27 constitue un record absolu. En Matière Solide Utile (MSU), la progression de la collecte de l’UE-27 était même encore plus marquée (+3,4% ou + 365 000 t /2024 à 11,2 Mt).

La dynamique de collecte a été assez homogène chez les principaux producteurs de l’UE : la hausse a en effet été portée par le net rebond des livraisons au 2nd semestre 2025. Sur l’année, la collecte a notamment progressé de 510 000 t en France (+2,1% /2024), de 460 000 t en Allemagne (+1,5%), de 315 000 t en Pologne (+2,3%), de 300 000 t aux Pays-Bas (+2,2%) ou de 200 000 t en Italie (+1,5%).

La dynamique a été différente en Irlande. Si la progression sur un an de la collecte en Irlande est importante (+430 000 t ou +5,0% /2024), elle repose plutôt sur les performances des trois premiers trimestres de 2025 avant que la chute des cours des commodités et du prix du lait ne mette un coup de frein à la production dans le pays.

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Un redressement de la collecte sous tension

Portée par des rendements en nette progression, la collecte laitière française a clôturé l’année 2025 sur un rebond marqué. Cet afflux soudain de lait a été valorisé en produits de commodité et s’accompagne d’un recul du prix du lait payé aux éleveurs.

Reprise soutenue de la collecte en 2025

En décembre 2025, la collecte laitière française a confirmé son net redressement (+7,3% /déc. 2024). Après un 1er trimestre en retrait, la dynamique s’est progressivement inversée. Sur l’ensemble de l’année 2025, la hausse de collecte a atteint 2,2% /2024. Et, selon les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer, cette tendance se serait prolongée en janvier, avec une progression sur un an estimée à près de 5%.

En région, la progression de la collecte est quasi généralisée à l’exception du Grand Est (-2% /2024). Les hausses ont été particulièrement fortes en Auvergne-Rhône-Alpes (+4,3%), en Bretagne (+3,9%) et en Normandie (+2,6%). Avec 5,46 milliards de litres livrés, la Bretagne demeure la première région laitière française.

En parallèle,le cheptel laitier a poursuivi son repli. En décembre, il comptait 3,22 millions de têtes, en baisse de 2,5% sur un an, soit 83 500 vaches laitières de moins.

Malgré cette contraction marquée, la collecte a fortement rebondi grâce à une nette amélioration du rendement laitier. En 2025, le rendement laitier a progressé de 4,7% /2024 après une hausse déjà soutenue de 2,8% l’année précédente. Cette amélioration concerne l’ensemble des régions françaises, avec toutefois des écarts notables. La progression est restée limitée dans le Grand Est (+1,4%), région particulièrement touchée par la FCO, tandis qu’elle a été très dynamique en Bretagne (+6,7%), en Occitanie (+7,4%) et en Auvergne-Rhône-Alpes (+5,9%). Plusieurs facteurs ont convergé en 2025 pour soutenir la production laitière. Des conditions climatiques clémentes ont permis de produire des fourrages à base d’herbe et de maïs ensilage alliant quantité et très bonne qualité. Dans le même temps, le niveau du prix du lait payé aux éleveurs a incité à garder les vaches laitières. La robotisation de la traite s’est accélérée, couplée à une distribution plus importante de concentrés favorisée par des coûts d’aliments compétitifs. Cette conjoncture porteuse a même conduit certains exploitants à différer leur départ à la retraite afin de prolonger leur activité.

L’horizon à court terme reste favorable grâce aux bons stocks fourragers disponibles, conjugués à un coût de l’aliment qui devrait rester maîtrisé dans les prochains mois. Cependant, la vigilance est de mise pour la suite de l’année 2026. Le recul du prix du lait pourrait progressivement infléchir la dynamique de collecte. Par ailleurs, les conséquences de la FCO, qui a touché le Grand Ouest l’été dernier, restent difficiles à évaluer. Les décalages de vêlages pourraient ainsi perturber le pic printanier et la production estivale.

Inflexion du prix du lait

Depuis octobre dernier, le prix du lait en France a entamé un recul. En décembre, pour un lait standard (38 g/l de TB et 32 g/l de TP), le prix s’est établi à 477 €/1 000 litres, passant légèrement sous son niveau de décembre 2024 (-2 €). Le prix réel a, pour sa part, atteint 515 €/1 000 litres, en hausse de 1€ sur un an. Sur l’année 2025, le prix moyen du lait standard ressort à 486 €/1 000 l, soit 25€ de plus qu’en 2024.

Selon l’observatoire de l’Éleveur Laitier, le prix standard poursuivrait son repli. Une baisse de 10 à 15 € est attendue pour janvier, suivie d’un repli équivalent en février. Les éleveurs pourraient percevoir 20 à 30 € de moins qu’à la même période l’an passé.

Ce retournement de tendance s’explique par la dynamique de production particulièrement vigoureuse. Le net rebond de la collecte, tant dans l’Hexagone qu’à l’échelle mondiale, exerce une pression baissière sur les cours. Cette accélération de la production durant le second semestre 2025, largement inattendue, a généré un afflux de lait qu’il a fallu absorber. Et la dynamique de production demeure soutenue en ce début d’année, prolongeant les tensions sur les débouchés.

Face à cette offre abondante, la demande française montre toutefois des signes de résilience. Si la consommation des ménages français est restée stable en 2025, elle affiche une hausse de +1,8% en équivalent lait sur le début de l’année 2026 (P1 du 29/12/2025 au 25/01/2026). Parallèlement, après une longue période de repli, les exportations françaises de produits laitiers ont retrouvé de la vigueur lors du dernier quadrimestre 2025 (voir l’article sur le commerce extérieur).

Les charges en élevages, d’après l’IPAMPA lait de vache (qui représente 58% des coûts de production en zone de plaine), ont légèrement reflué en décembre 2025 d’un mois sur l’autre (-1,1%) et ont diminué de 2,4% /déc. 2024. Sur un an le recul est toujours marqué pour le poste aliment acheté (-7% /2024), pour l’énergie (-13%) mais en hausse soutenue pour les engrais (+12,7%). Sur l’ensemble de l’année 2025, l’IPAMPA lait de vache a affiché un repli moyen de 1,9% /2024. Les charges courantes ont diminué de 2,6%, tirées par la baisse des dépenses en alimentation (-5,7%) et en énergie (-10,5%), tandis que les engrais ont enregistré une hausse significative (+7,5%). Les biens d’investissement, en revanche, ont progressé légèrement sur l’année (+0,8%).

La marge MILC, estimée à 250 €/1 000 l en décembre, a enregistré un repli de 6€ en un mois sous l’effet conjugué d’une baisse du prix du lait, d’une diminution des prix des produits issus de la vente des animaux et d’une baisse des charges. En revanche, sur un an, la MILC a augmenté de 38€/1000 l. Le produit lait a baissé de 4 €, les coproduits viande ont augmenté de 34€, tandis que les charges se sont réduites (-9€).

Cap sur les commodités

En décembre, comme au cours des derniers mois, les fabrications françaises de produits laitiers se sont principalement orientées vers le beurre, la poudre maigre et les fromages. En période d’excédent, les volumes supplémentaires sont en effet mécaniquement dirigés vers ces produits dits de « commodités », plus facilement stockables et exportables. Ainsi, en décembre, les fabrications de poudre maigre ont bondi de 23% /2024, celles de beurre de 17% et celles de fromages de 7%. Ces volumes ont très largement été exportés, achetés notamment par les traders et négoces.

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Rebond des exportations depuis l’UE

Alors que les disponibilités en lait se sont accrues dans l’UE au second semestre et que les fabrications ont augmenté, les exportations ont été plus soutenues.

Poursuite du rebond des fabrications dans l’UE

Dans le sillage de la hausse de la collecte dans l’UE à 27, les fabrications de beurre et de poudre maigre ont augmenté. Entre janvier et novembre 2026, elle ont respectivement progressé sur un an de 6% et 7%. La production de fromages a poursuivi sa tendance à la hausse (+1%).

Exception notable, avec la mise en avant du beurre et de la poudre maigre par les industriels, les fabrications de poudres grasses se sont nettement repliées (-10%).

Hausse des importations de produits laitiers par l’UE

En 2025, les importations ont nettement progressé, à 3,4 Mt d’équivalent lait (+16,5% /2024). Avec une hausse des disponibilités relativement tardive dans l’UE, les achats ont été plus soutenus en début d’année. Les importations de beurre ont été plus dynamiques (x2,6 à 34 500 t), notamment depuis le Royaume-Uni (45% des volumes), l’Ukraine (17%), les États-Unis (16%) et la Nouvelle-Zélande (12%). Idem pour les importations de butter-oil (+54% à 34 500 t) dont 95% provient du Royaume-Uni (50%) et de la Nouvelle-Zélande (45%). D’autres produits ont également été plus importés par l’UE, à commencer par les fromages (+6% /2024).

Net rebond des exportations européennes fin 2025

Avec le net rebond de la production européenne de certaines commodités laitières en deuxième partie d’année, les exportations de l’UE à 27 en fin d’année ont connu des progressions plus ou moins marquées. Sur le dernier trimestre 2025, les exportations étaient en hausse sur un an pour :

  • Le beurre : +8% /2024 à 72 000 t ;
  • Le fromage : +9% à 389 000 t ;
  • La poudre maigre : +40% à 208 000 t ;
  • Les poudres grasses : +15% à 48 000 t.

En bilan sur 2025, les exportations en volume de l’UE-27 ont rebondi après la baisse de 2024, à 25,7 Mt équivalent lait (+1,7% /2024). Les envois de laits liquides conditionnés ont augmenté de 12% sur un an (1,02 Mt) et le lait vrac de 50% (360 000 t), quasi exclusivement à destination des îles britanniques. Après une pause en 2024, l’export de fromages a rebondi à 1,42 Mt (+3%), avec une hausse marquée vers le Royaume-Uni (+8%). Les exportations de beurre ont très légèrement progressé (+1%), soutenues par les achats étasuniens, tandis que le butter-oil (-8%), les laits condensés (-9%) et les préparations infantiles (-2%) ont reculé.

Côté produits secs, les exportations totales ont augmenté de 4,5% (1,83 Mt), portées par la poudre maigre (+12%) et la poudre de lactosérum (+3%). Seules les poudres grasses ont nettement baissé (-15%).

Alors que les perspectives pour 2026 restent incertaines, le ministère du commerce chinois a officialisé de façon anticipée le 12 février dernier, les niveaux de droits de douane additionnels définitifs qui seront appliqués sur les fromages et la crème pour une période de cinq ans. Ils seront finalement compris entre 7,4% et 11,7%. Si ces droits de douane additionnels sont significatifs, ils sont néanmoins bien inférieurs aux droits provisoires compris entre 21,9% et 42,7% appliqués jusqu’ici.

Enfin, le risque d’escalade tarifaire entre l’UE et les États-Unis semble désormais être sur pause, le Président Trump ayant suspendu l’application d’un nouveau droit de douane additionnel de 10%. Néanmoins, le commerce extérieur pourrait rester mouvementé en 2026.

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Un excédent laitier sous tension face à la hausse des importations

Malgré une valeur d'exportation record à 10,4 milliards d'euros et une reprise des volumes exportés en fin d'année, l'excédent commercial laitier français s'est effrité de 19% en 2025.

Croissance en valeur des exportations

En 2025, les exportations françaises de produits laitiers ont atteint 10,4 Mrds €, en progression de 2,1% /2024. La tendance demeure solidement orientée à la hausse : depuis 2015, leur valeur a augmenté de 40%. Longtemps prédominante, la destination UE avait vu sa part dans les exportations françaises reculer, passant des deux tiers des flux au début des années 2000 à 51% en 2019. Depuis, elle regagne du terrain et représente 57% des ventes en 2025.

La Belgique demeure le premier client de la France, avec 12% des exportations en valeur en 2025. Les flux vers ce marché sont dominés par les fromages (42% de la valeur) et le beurre (10%). L’Allemagne occupe la deuxième place (11% de part de marché), mais son poids s’est érodé au fil du temps. Elle représentait 17% des débouchés en 2000. Les exportations à destination de l’Allemagne sont très largement composées de fromages, qui concentrent 73% de la valeur.

Hors Union européenne, la Chine reste, depuis 2011, la première destination des produits laitiers français. En 2025, les exportations vers ce marché ont atteint 553 M€. Toutefois, les ventes en valeur s’inscrivent en retrait depuis 2022. Les laits infantiles constituent le premier produit exporté (34% de la valeur en 2025), devant les crèmes (25%).

Reprise des exportations en volume en fin d’année

En 2025, les exportations françaises de produits laitiers ont totalisé 793 000 tonnes de matière sèche utile (MSU) soit un repli de 4,6% /2024. Certains segments ont toutefois su tirer leur épingle du jeu sur l’ensemble de l’année. Tout d’abord les exportations de fromages, piliers de l’export (représentant 33% de la MSU totale), ont légèrement progressé (+2% /2024). Le lait concentré (+15%), le lait infantile (+7%) et les yaourts (+6%) ont affiché des croissances solides, contrairement au reste des produits laitiers dont les volumes ont reculé.

Deux périodes radicalement opposées se sont succédées. Sur les huit premiers mois de l’année, les exportations ont subi un net coup de frein, avec un reflux des expéditions de 8% /2024. La dynamique s’est inversée au dernier quadrimestre. Depuis septembre, les exportations ont repris des couleurs avec une progression de 2,5% /2024. Cette reprise a été portée par des produits spécifiques. Le lait concentré (+67 %) a connu une progression marquée, soutenue notamment par la demande de la Pologne. Les exportations de crème (+45%) ont fortement augmenté vers l’Europe du Sud (Italie, Grèce, Espagne) ainsi que les Pays-Bas. La poudre maigre (+21%) a connu un regain de compétitivité sur le grand export, particulièrement vers l’Égypte, le Maroc, le Vietnam et la Libye. Les envois de beurre (+10%) ont augmenté vers nos voisins européens (Belgique, Allemagne, Pays-Bas). Enfin, les yaourts (+10%) et les fromages frais ou râpés (+8%) ont également affiché une belle dynamique.

Croissance en valeur des importations

En 2025, les importations françaises de produits laitiers ont atteint 7,5 Mrds €, en progression de 13,7% /2024. Depuis 2015, les achats de produits laitiers à l’étranger ont bondi de 120%. L’Union européenne demeure le fournisseur principal de la France, représentant 90% des produits importés en valeur. En dehors de l’UE, le Royaume-Uni s’impose comme le premier partenaire commercial, avec 7% des importations.

L’approvisionnement français est dominé par quatre pays européens. Les Pays-Bas (20% du total en 2025), premier fournisseur de la France, expédient essentiellement du beurre (36% de la valeur importée depuis ce pays) et des fromages (32 %). L’Allemagne (16%) fournit majoritairement des fromages, qui représentent 46% de la valeur de ses envois vers la France. L’Italie (16%) se distingue par une spécialisation marquée dans les fromages, qui concentrent 94% de la valeur des importations en provenance de ce pays. Enfin, la Belgique (14%) exporte principalement du beurre (25 % de ses expéditions vers la France) et de la crème (19 %).

Des importations en progression en volume

En 2025, les importations françaises de produits laitiers ont totalisé 607 000 tonnes de MSU soit une hausse de 4,4% /2024. Le segment des yaourts se distingue par une hausse de 18% /2024. Les importations proviennent majoritairement d’Allemagne, qui conforte son rang de premier fournisseur, mais aussi d’autres origines diversifiées comme l’Espagne, la Grèce, la Pologne et le Danemark. Les importations de fromages ont également progressé (+6% /2024). Cette dynamique est largement tirée par les fromages frais, dont les volumes importés ont bondi de 14%. Plusieurs partenaires européens et limitrophes profitent de cette tendance, notamment l’Italie, l’Allemagne, le Danemark, la Belgique ainsi que le Royaume-Uni. Les importations de beurre ont augmenté de 5%. Cette hausse est particulièrement marquée en provenance de Finlande, Irlande, Pologne et Royaume-Uni.

Le solde commercial s’effrite

Bien que la balance commerciale des produits laitiers français demeure positive en 2025 avec un excédent de 2,88 Mrds €, le solde s’est contracté de 19% /2024. La dégradation est généralisée à l’ensemble des catégories de produits. Cette érosion a été sévère pour la crème dont le solde s’est effondré de 53% /2024. Le solde des fromages a reculé de 19%. Le déficit commercial du beurre a continué de se creuser.

Notre solde s’est particulièrement dégradé avec la Belgique (-31% /2024), le Royaume-Uni (-27%) et la Pologne (-22%).

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Des cotations qui restent déprimées

Avec des disponibilités en lait et des fabrications en hausse, les prix du lait cru et des commodités laitières restaient sous pression début 2026. Un léger mieux était cependant observé début février.

Les prix mondiaux du lait affectés par la hausse des disponibilités

Avec plus de lait et de produits laitiers fabriqués et échangés, les prix à la production ont globalement été orientés à la baisse. C’est notamment le cas du prix du lait payé aux éleveurs étasuniens qui a atteint 368 €/1 000 l en décembre 2025, soit une baisse de 19 € en un mois (-5%) et de 136 € en un an (-27%). Le prix néozélandais, 347€/1 000 l, étaient en baisse sur un an (-83 €, soit -19%), pas sur un mois.

Les prix sont aussi orientés à la baisse au sein de l’UE à 27 mais les variations sont hétérogènes en lien avec le mode de formation du prix et les mix-produits des entreprises présentes dans le pays. Ainsi, par exemple :

  • Le prix moyen allemand s’est nettement replié, à 425 €/1 000 l en décembre 2025, en baisse de 30 € en un mois (-7%) et de 98 € en un an (-19%) ;
  • Le prix moyen français a connu un recul plus modéré, à 425 €/1 000 l, en baisse de 7 € en un mois (-1,4%) et de 5 € en un an (-0,7%).

Les prix payés par les entreprises européennes sont dépendants du type produit et de la destination. Les entreprises orientées vers l’exportation de commodités laitières sont notamment affectées par le repli des cours mondiaux comme en Irlande (Dairygold, Tirlan, Kerry Agribusiness) mais aussi aux Pays-Bas (Friesland Campina), au Danemark (Arla) ou en Allemagne (DMK).

Les cotations du beurre déprimées

Début 2026, sans retournement de marché et avec des disponibilités toujours importantes, les cours du beurre restaient déprimés chez les principaux exportateurs. Aux États-Unis, la cotation restait orientée à la baisse, nettement sous la barre des 3 000 €/t. En janvier 2026, elle atteignait 2 655 €/t (-2% /décembre 2025 et -51% /janvier 2025). En Océanie, le cours s’établissait à 4 490 €/t (-1% /décembre 2025 et -31% /janvier 2025). Même constat dans l’UE où la baisse a été plus tardive : le cours du beurre s’établissait à 4 252 €/t (-8% /décembre 2025 et -43% /janvier 2025).

La cotation sur le marché spot en France a rebondi timidement au-dessus de la barre des 4 000 €/t d’après ATLA. Elle était de 4 210 €/t en semaine 7. Elle avait progressé de 6% en un mois mais reculé de 44% en un an, soit de 3 260 €/t.

Léger rebond des cours de la poudre maigre

A l’instar du beurre, les cours de la poudre maigre ont été sous pression en 2025 dans le sillage du rebond des disponibilités. Mais un léger mieux se fait sentir depuis le début de l’année bien que les cours restent encore bas. En janvier 2026, la cotation départ Nouvelle-Zélande atteignait 2 202 €/t, soit +2% en un mois mais -18% /2025. Un mouvement de redressement récent similaire était observé dans l’UE : la cotation atteignait 2 097 €/t, soit +3% en un mois mais -18% /2025.  Sur un mois, la cotation départ USA s’est plus nettement redressée en € comme en dollars étasuniens. A 2 289 €/t en janvier 2026 (+6% /décembre 2025 mais -22% /janvier 2025), elle dépassait ses homologues européennes et néozélandaises.

En France, le redressement des cours se poursuivait en février. D’après ATLA, la cotation de la poudre maigre s’établissait à 2 300 €/t en semaine 7, soit +10% sur un mois. Elle restait cependant en baisse sur un an de 220 €/t, soit -9% /2025.

A quand la fin durable de la baisse des cotations ?

Si les cotations des prix des ingrédients laitiers restent déprimées, on observe un léger mieux depuis le début de l’année. Les quatre premières enchères de 2026 au sein de la plateforme Global Dairy Trade étaient toutes orientées à la hausse. Le 17 février 2026 :

  • Le prix du beurre s’est apprécié de 19% en un mois et 22% depuis le début de l’année, à 6 347 US$/t (5 362 €/t) ;
  • Le prix de la poudre maigre a repris 14% en un mois et 16% depuis le début de l’année, à 2 973 US$/t (2 351 €/t).

Ce redressement sera-t-il durable ? La prévision de l’évolution des prix à court et moyen terme reste cependant un exercice difficile. D’après la Rabobank, la production laitière devrait rester croissante chez tous les principaux exportateurs lors du premier trimestre 2026. Un ralentissement est attendu au 2ème trimestre mais les États-Unis et l’Océanie resteraient en croissance pour l’ensemble de l’année.

Ainsi, côté prix, la Rabobank estime que la faiblesse des prix mondiaux des commodités laitières devrait se prolonger sur une grande partie de 2026, sous l’effet d’une offre abondante et d’une demande fragile. Ces prix dépréciés pourraient néanmoins soutenir une reprise progressive de la demande, mais celle-ci restera lente.

Les cours du beurre devraient ainsi se redresser lentement, sans toutefois retrouver les niveaux records de 2025. Pour la Rabobank, les producteurs feront face à des marges plus serrées, dans un contexte de surproduction au moins sur le 1er semestre 2026.