Lait de chèvre et viande

Maintien de la dynamique dans la filière caprine

Le bon niveau de consommation de fromages et de produits ultra-frais au lait de chèvre par les ménage soutient le dynamisme de la filière caprine. La production laitière s'est bien maintenue cet été malgré les vagues de chaleur successives et permet de répondre à la demande. Côté viande caprine, la situation est plus difficile. Le recul du nombre de chevreaux disponibles en fin d'année pénalise la filière tandis qu'ils se maintiennent pour la période de Pâques.

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Hausse des fabrications en août

La collecte de lait de chèvre progresse toujours en août. Les fabrications de fromages ont été en hausse, y compris les bûchettes qui avaient été en léger retrait au premier semestre. Les achats des ménages sont, eux aussi, en hausse, soutenant la dynamique de la filière.

Collecte laitière toujours dynamique

La collecte de lait de chèvre s’est élevée à 45,3 millions de litres en août 2026, une hausse de 3% /2025.

En cumul sur les huit premiers mois de l’année, les livraisons ont atteint 374 millions de litres (+6% /2025).

Avec quatre épisodes successifs de fortes chaleurs en juin, juillet et août, la production de lait de chèvre a marqué le pas. Ces vagues de chaleur ont frappé par leur durée et leur intensité.

Leur conséquence directe sur la collecte est visible sur les données hebdomadaires transmises par FranceAgriMer : en semaine 22, soit la première vague, l’indice de collecte hebdomadaire s’est affiché en recul de 2% d’une semaine sur l’autre. L’épisode de fin juin est celui qui a le plus fortement touché les chèvres par sa durée et son intensité. On a ainsi observé une baisse de 9% de l’indice entre les semaines 25 et 26, et de nouveau de 3% en semaine 27, et 5% en semaine 29. Enfin, en août, sur les semaines 32 à 34, l’indice de collecte hebdomadaire a reculé de 3% toutes les semaines par rapport à la précédente.

Semaines 39 (du 21 septembre) et 40, les livraisons sont en hausse d’une semaine sur l’autre. Elles étaient moins dynamiques en semaine 41 mais restaient au-dessus de leur niveau de 2025 (+3,2%).

Par ailleurs, les conséquences sur les fins de lactations, les mises bas désaisonnées, et la production fourragère restent encore à évaluer.

La hausse des livraisons se poursuit sur tout le territoire

En août, la collecte a progressé dans toutes les régions :

  • +10% en AURA,
  • +7% en Centre-Val de Loire,
  • +5% en Occitanie
  • +2% en Pays de la Loire et
  • +1% en Nouvelle-Aquitaine.

En cumul sur les huit premiers mois de l’année, les hausses sont significatives dans toutes les régions.

Approvisionnements quasi stables en août

La baisse saisonnière des stocks de produits de report caprins débutée en juillet s’est poursuivie en août : -8% d’un mois sur l’autre, et -3% /2025.

Les industriels français ont importé 5,3 millions de litres équivalent lait en août 2026 (-12% /2025). En cumul sur huit mois, 34 millions de litres équivalent lait ont été importés, soit 16% de moins que sur la même période de 2025.

Les importations sont très réduites depuis le début de l’année, en lien avec la collecte en forte progression. Stockage et limitation des importations, pour les entreprises qui ont ce levier, permettent de temporiser la hausse de collecte au niveau des sites de transformation.

Les approvisionnements des transformateurs sont en légère hausse par rapport à août 2025, à 50,4 millions de litres (+1% /2025).

En cumul sur huit mois, 408 millions de litres de lait étaient disponibles pour les laiteries, soit une hausse de 4% /2025 et une stabilité par rapport à 2023.

Hausse des fabrications de bûchettes

Les fabrications de fromages de chèvre progressent de 2% en août d’une année sur l’autre, totalisant 8 244 tonnes.

En cumul sur huit mois, elles s’élèvent à plus de 64 500 tonnes, stables par rapport à 2025.

Les fabrications de fromages de chèvre à la pièce destinés à la vente au détail sont en hausse de 4% en août et de 1% en cumul. Les fabrications de bûchettes ont augmenté de 3% en août, ce qui permet de rattraper le niveau de 2025 en cumul sur huit mois.

Les fabrications de fromages de chèvre dits « à la coupe », c’est-à-dire destinés à la restauration hors domicile et à l’industrie agro-alimentaire, affichent des évolutions contrastées. Les bûches de 1kg dites « à la coupe » sont en baisse de 5% quand les autres fromages « à la coupe » de cette catégorie sont en hausse de 4%. Le débouché IAA semble plus souffrir que la restauration pour les fromages de chèvre.

La catégorie fromages frais est en retrait de 4%, mais cela cache également des disparités : les fabrications de « frais à tartiner » augmentent de 4% sur cinq mois, tandis que les « frais traditionnels » diminuent de 9%.

Du côté de l’ultra-frais au lait de chèvre, les fabrications sont en hausse en août et en cumul annuel, de 1% /2025.

Achats des ménages stables

Selon les données du panel Circana de la période 9 (du 10/08 au 06/09), les ventes de fromages de chèvre au rayon libre-service des grandes surfaces affichent une légère hausse (+1,0% /P9 2025). En cumul annuel mobile (CAM), la hausse observée est de 1,7% et de 1,5% en cumul courant. En valeur, les achats de fromages de chèvre reculent de 0,2% sur la période, mais restent en légère hausse en CAM : +0,7%.

Dans le détail, les marques de distributeurs (MDD) ont progressé de 4,2% sur la période 9 et les marques nationales (MN) ont reculé de 1,2%. En cumul annuel mobile, les deux catégories progressent respectivement de 1,3 et 3,6%. Les tendances sont similaires en valeur :

  • Pour les MDD : +3% sur la P9 et +0,3% en CAM
  • Pour les MN : -1,6 sur la P9 et +3,1 en CAM.

Côté AOP, hormis sur la première période de 2026 (qui intégrait les achats du 31/12) les ventes sont en recul en volume sur les 13 dernières périodes.

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Abattages stables sur la période de Pâques

Les volumes de chevreaux abattus sur la campagne 2025/2026 montrent une nouvelle fois une concentration au printemps et un recul très marqué des abattages sur la fin d'année. Côté cotations, elles ont été légèrement supérieures à celles de la campagne précédente.

Abattages de caprins en retrait de 1% en volume

Sur la campagne 2025-2026 (de septembre à août), les abattages de caprins ont légèrement diminué, à un peu plus de 5 600 téc (-1% /2024-2025). En têtes, le recul est sensiblement supérieur, de 2%, à 586 000 têtes.

Concentration des abattages de chevreaux au printemps

Le nombre de chevreaux abattus sur la campagne a reculé de 2% en tête et en téc, avec des poids carcasse stable.

Ce recul annuel cache d’une part un fort recul des abattages sur la fin d’année 2025, et d’autre part une stabilité sur la période mars-avril. Le manque de chevreaux sur la période de Noël s’accentue d’année en année.

Légère hausse des réformes en fin de campagne

Entre septembre 2025 et août 2026, 131 000 chèvres ont été abattues (-2% /2024-2025). Les poids carcasse sont en hausse de 2%, le volume produit est donc stable par rapport à la campagne précédente.

Une légère hausse des abattages est observée sur les mois de juillet et août 2026, respectivement +3 et +8% /2025. Mais en valeur absolue, le nombre est limité. Il représente moins de 1 000 animaux.

Fin de la publication des cotations du chevreau vif de 11kg

Depuis la semaine 17, FranceAgriMer ne publie plus de cotation pour le chevreau léger. En effet, l’un des trois abatteurs de la filière a cessé ses activités caprines mi-avril. Elles ont été reprises par l’un des deux opérateurs restants, offrant une solution aux éleveurs et engraisseurs de la région. La concentration de la filière chevreau est aujourd’hui très forte tant au niveau de l’engraissement que de l’abattage.

L’interprofession viande caprine, Interbev caprin, cherche une alternative avec FranceAgriMer et les acteurs de la filière.

Pour les fêtes pascales, grand temps fort de consommation du chevreau, le pic de cotation du chevreau léger vif a atteint 3,94 €/kg sur deux semaines (+14 cents ou +4% /2025).

Depuis le pic de Noël, le prix du chevreau de 8 à 11 kg vif était stable, autour de 3,70 €/kg (+3% /2025). Après Pâques, il est redescendu à 3,63 €/kg (+18 cents ou +5% /2025).