Lait de chèvre et viande

Coup de frein au dynamisme des livraisons

La succession de vagues de chaleur a mis fin à la hausse de la collecte de lait de chèvre. La consommation de fromages au lait de chèvre par les ménages est toujours dynamique, tandis que les achats du secteur de la restauration hors domicile sont en retrait. Conséquence, les fabrications reculent.

Lait de chèvre et viande » Lait de chèvre »

Les fortes chaleurs pénalisent la production laitière

Si en mai, la production laitière caprine a continué sur sa bonne dynamique, en juin et début juillet elle marque un pas face aux fortes chaleurs. Ces dernières ont fortement impacté l’état des animaux et pénalisé les lactations.

Coup de frein à la hausse de collecte en juin à cause des fortes chaleurs

La collecte de lait de chèvre s’est élevée à 59,4 millions de litres en mai 2026, une hausse de 7% /2025.

En cumul sur les cinq premiers mois de l’année, les livraisons ont atteint 226 millions de litres (+8% /2025).

Avec trois épisodes successifs de fortes chaleurs en juin et juillet, la production de lait de chèvre a marqué un coup d’arrêt. Cela est visible sur les données de collecte hebdomadaires transmises par FranceAgriMer : en semaine 22, soit la première canicule, la collecte hebdomadaire s’est affichée en recul de 2% d’une semaine sur l’autre. Mais l’épisode de fin juin a fortement touché les chèvres par sa durée et son intensité. On a ainsi observé une baisse de 9% de la collecte entre les semaines 25 et 26, et de nouveau de 3% en semaine 27, soit un repli de 12% en deux semaines alors que la collecte était très dynamique jusque-là.

Par ailleurs, les conséquences sur les fins de lactations, les mises-bas désaisonnées, et la production fourragère restent encore à évaluer.

+12% pour la collecte en Centre-Val de Loire en mai

En mai, la collecte a progressé dans toutes les régions, à des niveaux variables :

  • +12% en Centre-Val de Loire et en AURA,
  • +7% en Pays de la Loire
  • +6% en Occitanie
  • +5% en Nouvelle-Aquitaine.

En cumul sur les cinq premiers mois de l’année, les hausses sont significatives dans toutes les régions, et notamment +12% en Centre-Val de Loire et en AURA.

Hausse significative des approvisionnements en mai

En mai 2026, les stocks de produits de report caprins ont poursuivi leur hausse saisonnière : +28% d’un mois sur l’autre. Ils ont quasiment rejoint leur niveau de 2025.

Les industriels français ont importé 3,0 millions de litres équivalent lait en mai 2026 (-21% /2025). En cumul sur cinq mois, 17 millions de litres équivalent lait ont été importés, soit 31% de moins que sur la même période de 2025.

Avec une collecte en forte progression depuis janvier, les importations sont très réduites.
Hausse des stocks et recul des importations, pour les entreprises qui ont ce levier, permettent de temporiser la hausse de collecte au niveau des sites de transformation.

En mai 2026, les approvisionnements des transformateurs ont augmenté par rapport à mai 2025, à 62,4 millions de litres (+5% /2025).

En cumul sur cinq mois, 243 millions de litres de lait étaient disponibles pour les laiteries, soit une hausse de 4% /2025.

Recul des fabrications toutes catégories

Les fabrications de fromages de chèvre reculent de 3% en mai d’une année sur l’autre, totalisant 8 166 tonnes.

En cumul sur cinq mois, elles s’élèvent à plus de 39 500 tonnes, en retrait de 2% /2025.

Les fabrications de fromages de chèvre dits « à la coupe », c’est-à-dire destinés à la restauration hors domicile et à l’industrie agro-alimentaire, sont en recul en cumul sur cinq mois (-2% /2025), en lien avec les difficultés du secteur de la restauration. Mais fait marquant, les bûches de 1kg dites « à la coupe » sont en baisse de 10% quand les autres fromages « à la coupe » de cette catégorie sont en hausse de 8%.

La catégorie fromages frais est en retrait de 4%, mais cela cache des disparités : les fabrications de « frais à tartiner » augmentent de 4% sur cinq mois, tandis que les « frais traditionnels » diminuent de 11%.

Quant aux fabrications de fromages de chèvre à la pièce destinés à la vente au détail, elles sont en recul de 2% en cumul. Les fabrications de bûchettes, de crottins et la catégorie « autres fromages affinés à la pièce » ont régressé de 1% en cumul annuel.

Du côté de l’ultra-frais au lait de chèvre, on constate des fabrications en retrait en mai 2026 (-8% /2025). L’évolution est de -1% en cumul annuel.

Consommation en grandes surfaces toujours dynamique

Selon les données du panel Circana de la période 6 (du 18/05 au 14/06), les ventes de fromages de chèvre au rayon libre-service des grandes surfaces sont toujours sur une bonne dynamique : en hausse de 3,5% /2025 en volume.

Dans le détail, les marques de distributeurs ont progressé de 1% et les marques nationales de 9% sur la P6, et de respectivement 1,7 et 4,4% en cumul annuel en volume. La baisse des prix au kilo explique ces évolutions en volume, même si elle limite les évolutions en valeur.