Lait de chèvre et viande

Achats des ménages toujours en hausse

La consommation des ménages est dynamique depuis le début de l'année, alors que les débouchés en restauration hors domicile sont moins porteurs pour les fromages de chèvre. Les bons niveau de collecte, grâce à une meilleure productivité par chèvre et des effectifs en ferme plus importants, sont soutenus par le prix du lait stable en France.

Lait de chèvre et viande » Lait de chèvre »

Bons niveaux de consommation des ménages

En avril et mai, la production caprine a poursuivi sur ses bons niveaux. Les fabrications de fromages sont en retrait face, notamment, à un secteur de la restauration hors domicile en repli, alors que les achats des ménages se maintiennent bien.

Les livraisons de lait de chèvre sont toujours dynamiques

La collecte de lait de chèvre s’est élevée à 56,7 millions de litres en avril 2026, une hausse de 8% /2025. En cumul sur les quatre premiers mois de l’année, les livraisons atteignent 166 millions de litres (+7% /2025).

D’après les données de l’enquête hebdomadaire de FranceAgriMer, la production resterait dans la même lignée en mai, en hausse de 6% /2025. Si on compare à la moyenne 2023-2025, les livraisons sont en hausse de 3% sur les 22 premières semaines de 2026 (jusqu’au 31 mai). Début juin, on observe un ralentissement, à seulement +2% /2026 en semaine 23.

Toutes les régions sont dans le vert

En avril, la collecte a progressé dans toutes les régions, à des niveaux variables :

  • +16% en AURA,
  • +12% en Centre-Val de Loire,
  • +8% en Pays de la Loire
  • +6% en Occitanie,
  • +5% en Nouvelle-Aquitaine.

En cumul sur les quatre premiers mois de l’année, les hausses sont significatives dans toutes les régions, et notamment +12% en Centre-Val de Loire et en AURA.

Reconstitution des stocks et recul des importations

En avril 2026, les stocks de produits de report caprins ont poursuivi leur hausse saisonnière : ils sont en hausse de 40% d’un mois sur l’autre, mais toujours en-deçà de leur niveau de 2025 (-7%).

Avec une collecte en forte progression depuis janvier, les importations sont très réduites. Les industriels français ont importé 2,7 millions de litres équivalent lait en avril 2026 (-44% /2025 et -3% /mars 2026).

Les approvisionnements des transformateurs augmentent par rapport à avril 2025, à 59,4 millions de litres (+3% /2025).

En cumul sur quatre mois, 180 millions de litres de lait étaient disponibles pour les laiteries, soit une hausse de 3% /2025 mais un retrait de 1% /2023, année de référence avant les reculs successifs des livraisons en 2024 et 2025.

Fabrications de fromages à la pièce en retrait

Les fabrications de fromages de chèvre reculent de 4% en avril d’une année sur l’autre et sont stables par rapport au mois précédent, totalisant 8 185 tonnes.

En cumul sur quatre mois, elles s’élèvent à plus de 31 000 tonnes, en retrait de 3% /2025.

Les fabrications de fromages de chèvre dits « à la coupe », c’est-à-dire destinés à la restauration hors domicile et à l’industrie agro-alimentaire, s’effondrent en cumul sur le premier quadrimestre de 2026 (-6% /2025 en cumul), en lien avec les difficultés du secteur de la restauration.

La catégorie fromages frais est en retrait de 3%, mais cela cache des disparités : les fabrications de « frais à tartiner » sont en hausse de 2% sur quatre mois, tandis que les « frais traditionnels » sont en recul de 10%.

Quant aux fabrications de fromages de chèvre à la pièce destinés à la vente au détail, elles sont en recul de 2% en cumul. Les fabrications de bûchette et de crottins ont régressé de 2% en cumul annuel, et la catégorie « autres fromages affinés à la pièce » recule de 1%.

Du côté de l’ultra-frais au lait de chèvre, on constate des fabrications en retrait en avril 2026 (-8% /2025). L’évolution est de +1% en cumul annuel.

Consommation en grandes surfaces toujours positive

Selon les données du panel Circana de la période 5 (du 20/04 au 15/05), les ventes de fromages de chèvre au rayon libre-service des grandes surfaces sont toujours sur une bonne dynamique : en hausse de presque 4% /2025 en volume.

Dans le détail, les marques de distributeurs ont progressé de 4% et les marques nationales de 6% sur la P5, et de respectivement 2 et 4% en cumul annuel en volume. Même les fromages bio affichent une progression, de 12% sur la cinquième période, et de 2,3% en cumul annuel.

La baisse des prix au kilo limite les évolutions en valeur, même si elles restent positives : +1% en cumul annuel pour l’ensemble des fromages de chèvre et les MDD et +3% pour les marques nationales.

Les fromages AOP sont, eux, en retrait de 5% sur la P5 et de 4% en cumul annuel. Les ventes en GMS de Sainte Maure de Touraine, première AOP caprine en volume, sont en retrait de 4% en cumul depuis le début de l’année. Celles de Rocamadour, à l’inverse, affichent une hausse de près de 4% en volume en cumul annuel.

Lait de chèvre et viande » Prix du lait de chèvre »

Quasi-stabilité du prix du lait de chèvre au premier trimestre

Sur les trois premiers mois de 2026, le prix du lait de chèvre payé aux producteurs s’est élevé à 956 €/1 000 L. La légère hausse du prix payé a été effacée par le recul des taux. En Espagne et aux Pays-Bas, le prix du lait est aussi en hausse significative sur ce début d’année.

Prix de base en légère hausse, prix payé stable

À 956 € les 1 000 litres au premier trimestre 2026 (+0,3% /2025), le prix moyen payé aux producteurs de lait de chèvre est supérieur de 3 € à celui de 2025.

Cette hausse du prix payé découle de la légère augmentation du prix de base. Ce dernier montre lui aussi une légère augmentation (+0,6% /2025) tandis que les taux sont plutôt en retrait.

D’après l’enquête mensuelle de FranceAgriMer, une hausse de 0,9% et 8€/1 000 L serait observée sur le prix payé en avril.

Légère hausse de l’IPAMPA sur un an

Les charges en élevage caprin, suivies par l’IPAMPA (représentant 73% des charges totales), sont en légère hausse sur un mois et sur un an. L’indice IPAMPA lait de chèvre d’avril 2026 est à 124,9, soit une hausse de 1,2% sur un mois et de 2,6% sur un an.

Dans le détail, à part le poste aliments achetés, l’ensemble des charges progresse sous l’effet du conflit au Moyen-Orient :

  • Le poste aliments achetés est à l’indice 117,8, soit 1,7% /mars 2026 et -2,9% sur un an ;
  • Le poste engrais et amendements est à l’indice 182,7, soit +3,3% sur un mois et +18% sur un an ;
  • Le poste énergie et lubrifiant est à l’indice 195,4 (+3,5% sur un mois, +45% sur un an);
  • Les frais généraux sont à l’indice 113,2, soit +0,1% sur un mois et +1,7% sur un an.

Certaines charges non couvertes par l’IPAMPA, tels que les travaux réalisés par des tiers, les fermages ou encore le coût de la main-d’œuvre, ont continué de progresser.

Moins de matière utile

Sur le premier trimestre 2026, les quantités de matière grasse et de matière protéique dans le lait sont en recul, notamment sous l’effet de la forte hausse des volumes produits (effet dilution) et malgré la bonne qualité des fourrages. En mars, le taux de matière grasse a même reculé de 2%, à 42,06 g/L (-0,9 g/L) et le taux de matière protéique a diminué plus modérément, à 35,96 g/L (-0,6 g/L, soit -0,2% /2025).

En matière sèche utile (MSU), les livraisons sont, à l’image de la collecte, en forte hausse, à +7% en avril /2025 comme en cumul sur les quatre premiers mois de l’année.

Si on compare à 2023, année de référence avant les deux années successives de recul des livraisons, la hausse n’est que de 0,7%.

Hausse du prix en Espagne et aux Pays-Bas

En Espagne, la collecte de lait de chèvre poursuit son recul, malgré la hausse du prix du lait. Sur le premier trimestre, le retrait est de 10% d’une année sur l’autre, et de 5% /2025 en avril 2026.

La filière caprine espagnole ne semble pas se remettre de la crise traversée par la production laitière en 2024 et 2025, avec des coûts de production largement non couverts par le prix du lait. Les hausses de ce derniers enclenchées par les acheteurs dès mi-2025 n’ont pas suffi à relancer la production.

Le prix payé est à 1 107 €/1 000 L en avril 2026, soit +20% /2025.

Aux Pays-Bas, le prix du lait affiche une hausse constante sur les derniers mois de l’année, pour atteindre 777 €/1 000 L en avril (+6% /2025).