Lait de chèvre et viande

Prix du lait de chèvre en hausse en Europe

Sur août et septembre, le prix payé du lait de chèvre a fortement augmenté en Espagne tandis qu'il amorçait une petite hausse aux Pays-Bas après plusieurs mois de recul dans ces deux pays. En France, le prix payé est en augmentation de 1% alors que la collecte a repris des couleurs dans toutes les régions. Les fabrications de fromages et produits ultra-frais sont elles aussi dynamiques.

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Poursuite de la bonne dynamique des livraisons de lait de chèvre

Les livraisons de lait de chèvre aux transformateurs poursuivent leur progression en septembre. En cumul, elles ont rattrapé leur niveau de 2024 : une bonne nouvelle alors que la consommation se maintient. Les fabrications de fromages sont stables en cumul annuel et celles d’ultra-frais affichent toujours une belle augmentation.

Hausse de 4% des livraisons en septembre

En septembre, la collecte de lait de chèvre s’est élevée à 40,3 millions de litres, une hausse 4% /2024.

En cumul sur les neuf premiers mois de l’année, 393 millions de litres ont été livrés, soit -2% /2024 (avec correction de l’effet année bissextile en 2024). L’écart avec 2024 diminue à mesure que les livraisons progressent. D’après les données de l’enquête hebdomadaire de FranceAgriMer, la production a poursuivi sa dynamique en octobre (en pointillés sur la courbe), avec des livraisons très supérieures à leur niveau de 2024 (+7%).

La Nouvelle-Aquitaine dans le vert

En cumul sur les neuf premiers mois de 2025, la collecte a évolué d’une année sur l’autre comme suit :

  • +2% en Centre-Val de Loire,
  • stable en Occitanie
  • -1% en Pays de la Loire et en AURA,
  • -5% en Nouvelle-Aquitaine.

Sur le mois de septembre, les livraisons sont en hausse de 11% en AURA, 5% en Centre-Val de Loire et Occitanie et 4% en Pays de la Loire. Pour la première fois de l’année la Nouvelle-Aquitaine voit ses livraisons passer au-dessus de leur niveau de 2024 (+1% /2024).

Stocks toujours en recul

Les stocks de produits de report caprins sont en recul sur un an en septembre (-18% /2024) et stables par rapport au mois d’août. Les industriels français ont importé 5,8 millions de litres équivalent lait en septembre (+24% /2024 et -5% / juillet 2025). Ainsi, les approvisionnements des transformateurs sont en hausse par rapport à septembre 2024, à 46,0 millions de litres (+6% /2024).

En cumul sur neuf mois, ils ont pu transformer 439 millions de litres de lait de chèvre (collecte et importations), un niveau légèrement supérieur à 2024 (+0,4% /2024). Le niveau des livraisons du premier semestre avait fortement fait reculer les approvisionnements de début d’année, à peine compensés par les importations.

Légère hausse des fabrications

Les fabrications de fromages de chèvre sont en hausse de 1% d’une année sur l’autre en septembre, totalisant 7 970 tonnes. En cumul depuis janvier, les volumes atteignent 73 200 tonnes (= /2024).

Si les ventes de fromages de chèvre en GMS se maintiennent, les difficultés économiques de la restauration hors domicile pénalisent ce débouché. Les fromages de chèvre sont en effet plus chers que leurs homologues au lait de vache. Les fabrications de bûches de 1kg et autres fromages destinés à la restauration hors domicile ou aux industries agroalimentaires reculent (-2% en cumul sur neuf mois) tandis que les fromages frais progressent significativement (+4% /2024).

En cumul, les fabrications de fromages de chèvres à la pièce destinés à la vente au détail sont en recul de 1% /2024. La bûchette reste leader en volume mais recule en cumul depuis le début de l’année (-2% /2024). Les crottins progressent légèrement (+1% /2024) ainsi que les autres fromages affinés à la pièce (+2% /2024), tandis que les pyramides décrochent (-9% /2024).

L’ultra-frais reste sur sa bonne dynamique, avec 1 400 tonnes fabriquées en septembre (+9% /2024).

En cumul sur neuf mois, les fabrications d’ultra-frais sont en hausse de 5% /2024.

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Légère hausse du prix du lait de chèvre payé

Le prix de base du lait de chèvre affiche une très légère hausse au troisième trimestre 2025. Les volumes produits et le taux protéique progressent tandis que le taux butyrique baisse. Chez nos voisins européens le prix du lait est en hausse : légère aux Pays-Bas et plus conséquente en Espagne.

Augmentation de 1% du prix payé

À 893 € les 1 000 litres au troisième trimestre 2025 (+0,8% /2024), le prix moyen payé aux producteurs de lait de chèvre est supérieur de 7 € à son niveau de 2024 et de 18 € à celui de 2023. Cette hausse du prix payé découle de la légère augmentation du taux de matière protéique et de celle du prix de base. Ce dernier s’est établi à 839 €/1 000 litres au troisième trimestre 2025, en hausse de 5 €/1 000 L par rapport à 2024, soit +0,5%.

L’IPAMPA se stabilise

Dans le même temps, les charges en élevage caprin sont stables sur un mois et en baisse sur un an.
Attention toutefois, ces dernières ne représentent que 73% des coûts de production. Certaines charges non couvertes par l’IPAMPA, tels que les travaux réalisés par des tiers, les fermages ou encore le coût de la main-d’œuvre, ont continué de progresser.

À l’indice 120 en septembre, soit -0,2% sur un mois et -1,9% sur un an, l’IPAMPA lait de chèvre se stabilise.

  • Le poste aliments achetés est à l’indice 118, soit -0,5% /août 2025 et -4,6% sur un an.
  • Le poste énergie et lubrifiant reste très volatil (+2,3% sur un mois, -6,5% sur un an), à l’indice 139.

Recul du taux de matière grasse au début de l’été

En moyenne sur le troisième trimestre 2025, la quantité de matière grasse dans le lait a diminué par rapport à l’année précédente (-0,4 g/l) et la matière protéique est en hausse (+0,2 g/l).

La moyenne nationale du taux butyreux au troisième trimestre se situe à 36,1 g/l, soit -0,9% /2024. Le taux protéique est en légère hausse avec une moyenne trimestrielle qui s’est établie à 33,9 g/l (+0,7% /2024). La hausse de production depuis juin et les fortes chaleurs ont réduit la concentration de matière grasse, mais le taux de matière protéique a, lui, progressé.

Hausse du prix en Espagne, stabilisation aux Pays-Bas

Chez nos voisins espagnols le prix payé est en hausse après plus d’un an de recul. Il est enregistré à 1 028 €/1 000 l en septembre, soit +12% / 2024. La collecte y est en retrait de 5% /2024 en cumul sur 9 mois.

Les syndicats de producteurs avaient alerté le gouvernement espagnol au cours de l’hiver 2024-2025 et du printemps 2025 sur la crise traversée par la production laitière caprine, avec des coûts de production largement non couverts par le prix du lait actuel, les charges ayant fortement augmenté. Conséquence, de nombreuses exploitations ont cessé de livrer du lait.

Aux Pays-Bas, la baisse du prix semble enrayée et le dernier prix disponible, en août, est à 692 €/1 000 L (+1% /2024).