Lait de chèvre et viande

Début de campagne prometteur

Les conditions sont réunies pour une bonne année laitière caprine : des fourrages de qualité 2025 pour débuter la campagne, des chèvres présentes en élevage et un bon niveau de production. La récolte fourragère de ce printemps va être déterminante pour la suite. La consommation des ménages est dynamique et devra probablement venir compenser le recul du secteur de la restauration hors domicile.

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Hausse du cheptel caprin en 2025

Le cheptel caprin en hausse traduit à la fois la volonté des éleveurs de conserver des chèvres face au recul de la production par animal mais aussi le besoin de renouvellement après presque deux années de fourrages distribués de faible qualité et la circulation de maladies vectorielles dans les troupeaux.

+8% de chevrettes en ferme en novembre 2025

Avec 1,25 million de chèvres et chevrettes au 1er novembre 2025, le cheptel français de reproductrices est en hausse de 3% par rapport à novembre 2024. Fait notable, la hausse du cheptel est concentrée sur les chevrettes (+8%, lire ci-après), traduisant un besoin conjoncturel important de renouvellement. En effet, les fourrages de médiocre qualité et des maladies (FCO, contaminations par des mycotoxines…), ont entrainé dans certaines exploitations des pertes de reproducteurs.

Par ailleurs, le cumul de facteurs réduisant la production laitière par chèvre a pu inciter les éleveurs à moins réformer. Phénomène qui se traduit dans le recul des réformes laitières (-5% en 2025 par rapport à 2024). En effet, le prix du lait était favorable et celui des aliments achetés en recul.

Les évolutions de cheptel sont plus ou moins fortes selon les régions. Parmi les principales régions caprines, le Centre-Val-de-Loire a vu ses effectifs de chèvres (+9%) et de chevrettes (+12%) augmenter en 2025. En Occitanie également, une hausse du nombre de chèvres et chevrettes (+5% et +11%) est observée. En Pays de la Loire, l’évolution est contrastée entre les deux catégories d’animaux : -3% de chèvres et +3% de chevrettes. En Bourgogne-Franche-Comté, le nombre de chèvres est en fort recul, à -8%, mais celui des chevrettes est en hausse de 14%. La Nouvelle-Aquitaine a des effectifs de chèvres en légère augmentation (+1%), et les chevrettes sont en forte hausse (+9%). La région AURA a vu le nombre de chèvres diminuer de façon importante (-9%), mais les chevrettes sont présentes en fin d’année (+12%).

On retrouve ces dynamiques régionales dans le nombre d’exploitations détenant plus de 10 caprins : – 2% en Pays-de-la-Loire, -4% en AURA, stable en Nouvelle-Aquitaine, +4% en Centre-Val-de-Loire, et +7% en Occitanie.

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La campagne 2026 sur de bons rails

La campagne 2026 de production du lait de chèvre a démarré en fanfare. Les volumes livrés sont en hausse grâce aux fourrages de qualité et au cheptel présent en exploitation en augmentation.

+5% de lait en janvier

La collecte de lait de chèvre s’est élevée à 25,3 millions de litres en janvier 2026, une hausse de 5% /2025.

D’après les données de l’enquête hebdomadaire de FranceAgriMer, la production de février reste dans la même lignée, en hausse de 6% /2025. En cumul jusque la semaine 11 (15/03), la hausse serait également de +6% /2025.

Dans la continuité de fin 2025, les livraisons de lait de chèvre débutent donc 2026 de façon dynamique. La qualité des fourrages de 2025 et la présence fin 2025 de plus de chèvres et de chevrettes qu’à la même date en 2024 selon l’enquête cheptel d’Agreste expliquent ce bon début d’année. Pour maintenir ce niveau de production, la récolte fourragère du printemps devra être de qualité et disponible assez rapidement, les stocks 2025 étant réduits.

Hausse générale des livraisons

En janvier, la collecte a progressé dans toutes les régions, à des niveaux variables :

  • +7% en Centre-Val de Loire, et en Occitanie,
  • +5% en Pays de la Loire
  • +4% en AURA
  • +1% en Nouvelle-Aquitaine.

Des approvisionnements supérieurs à 2025

Les stocks de produits de report caprins sont quasiment à leur niveau de janvier 2025 (-1%), en légère hausse sur un an (+1% /2024) et en retrait par rapport au mois de novembre (-25%).

Les industriels français ont importé 4,7 millions de litres équivalent lait en janvier 2026 (-14% /2025 et +7% /décembre 2025).

Les approvisionnements des transformateurs affichent une petite hausse par rapport à janvier 2025, à 30,0 millions de litres (+1% /2025).

Recul des fabrications fromagères

Les fabrications de fromages de chèvre sont en recul de 7% d’une année sur l’autre en janvier, totalisant 7 375 tonnes.

Les fromages de chèvre dits « à la coupe », c’est-à-dire destinés à la restauration hors domicile et à l’industrie agro-alimentaire, avaient déjà souffert en 2025 des difficultés de ce secteur. Les volumes fabriqués sont en recul de 12% /janvier 2025.

Les fromages frais, qui avaient bien progressé l’année passée, marquent le pas en janvier (-13% /2025) principalement à cause de la catégorie « fromages frais traditionnels » (-19% /2025).

Quant aux fabrications de fromages de chèvres à la pièce destinés à la vente au détail, elles sont en recul de 4% /2025. La bûchette reste leader en volume mais recule de 3% /2025.

Le segment ultra-frais au lait de chèvre débute 2026 comme il avait terminé 2025 : à +5% de fabrications par rapport à janvier 2025.

Achats de fromages de chèvre toujours dynamiques

Au cours de la deuxième période 2026 du panel Circana (du 25/01/2026 au 22/02/2026), les ventes de fromages de chèvre sont en hausse en volume (+1,6% /P2 2025) et en valeur (+1,0%). En cumul annuel mobile (CAM), elles croissent de 1,4%.

Les achats des ménages au rayon libre-service des grandes surfaces sont toujours sur une dynamique positive. Le prix moyen de vente est en léger retrait (-0,6% /P2 2025).

Ce dynamisme des achats cache de fortes disparités. Ainsi, les AOP sont en retrait de 2,4% sur la deuxième période et en cumul annuel mobile (CAM). En CAM, les ventes de Rocamadour (seconde AOP caprine en volume) ont diminué de 2,8%, mais sur le cumul des deux premières périodes de 2026, elles sont en hausse de 7%. Quant à la première AOP caprine, le Sainte-Maure-de-Touraine, elle affiche une baisse de 8,1% sur la P2 2026 et de 4,4% en CAM.

Les achats de fromages bio par les ménages ont reculé de 8,6% sur la P2.

Les marques nationales continuent de marquer leur territoire, avec des volumes en hausse en de 4,1% sur la P2 2026 et de 5,9% en cumul courant. Les marques de distributeurs affichent +1% sur la P2 2026 et seulement +0,4% en cumul courant.

Quant aux produits frais, leur dynamisme se confirme dans les achats, en hausse de 3,5% en cumul courant.