Abattages de gros bovins dynamiques en début d’année

La hausse des sorties de jeunes bovins, de bœufs et de vaches laitières compense le recul des abattages de femelles allaitantes sur les premières semaines de l’année. Les carcasses s’alourdissent pour profiter des prix qui demeurent orientés à la hausse pour l’ensemble des catégories.

Abattages stables en têtes, poids carcasse en hausse

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de gros bovins sur les sept premières semaines de l’année étaient stables d’un an sur l’autre en têtes et en hausse de 1,8% en tonnage, du fait de l’alourdissement des carcasses. Les bons prix de la viande et le faible prix de l’aliment incitent en effet à bien finir les animaux.

Dans le détail :

  • Les jeunes bovins de type viande affichaient une progression de 4,8% en têtes et de 6,8% en tonnages.
  • Les jeunes bovins de types lait étaient moins nombreux en têtes (-1%), mais enregistraient des tonnages en hausse (+0,8%).
  • Les sorties de bœufs avaient bondi de 12,3%, et leurs tonnages de 13,6%.
  • Les vaches laitières montraient une progression de 1,6% en tête et 3% en tonnage.
  • A l’inverse, les abattages de vaches allaitantes reculaient de près de 7% en tête mais de seulement 4,7% en tonnage
  • Et ceux de génisses de type viande reculaient de près de 2% en tête, affichant une stabilité en tonnage.

Ralentissement de la décapitalisation

La baisse des abattages de femelles de type viande montre que le mouvement de décapitalisation pourrait continuer à ralentir.

Au 1er janvier, la ferme France comptait 3,369 millions de vaches allaitantes, soit -1,7% /2025. Le rythme annuel de baisse a donc diminué par rapport à celui enregistré l’été dernier (-2,5% en août et septembre).

Les cotations des vaches toujours en hausse

Qu’elles soient laitières ou allaitantes, les vaches de réforme voient les cours continuer de progresser.

En type viande, la hausse des cours répond à la baisse de l’offre, qui découle du recul du cheptel et de la rétention actuelle encouragée par la hausse des revenus.

La cotation de la vache R a gagné 18 centimes depuis le début de l’année pour grimper à 7,66 €/kg de carcasse en semaine 7 (+34% /2025). Celle de la vache U standard a atteint 8,00 €/kg la même semaine (+31% /2025 et +17 centimes depuis le début de l’année).

Le retournement de la conjoncture laitière ne conduit pas à un afflux de réformes. Certes les vaches laitières sont un peu plus nombreuses à l’abattoir (+1,6% /2025 sur les sept premières semaines de l’année), mais la hausse est modeste compte tenu du recul marqué du cheptel . Au 1er janvier, le cheptel laitier accusait en effet une baisse de 2,6% sur un an. Ainsi, les prix des laitières continuent eux aussi leur progression, entraînés par ceux des allaitantes.

En semaine 7, la vache O cotait 6,61 €/kg de carcasse (+34% /2025 et +17 centimes depuis la semaine 1). La vaches P cotait 6,31 €/kg de carcasse (+36% /2025 et +21 centimes depuis la semaine 1).


Hausse des cours des jeunes bovins

Les cotations des jeunes bovins finis poursuivent leur progression. Le marché européen reste dynamique. Certes, les prix ont amorcé une baisse en Italie et en Allemagne, mais les prix espagnols sont repartis à la hausse avec le début du ramadan et les ventes de carcasses vers le Maghreb (voir notre article sur les jeunes bovins en Europe).

La cotation du jeune bovin U a gagné 22 centimes sur les sept premières semaines de l’année pour atteindre 7,76 €/kg de carcasse (+25% /2025). Celle du jeune bovin R a atteint 7,57 €/kg en semaine 7 (+26% /2025) et celle du jeune bovin O 6,91 €/kg (+35% /2025).

L’IPAMPA relativement stable

L’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) évolue peu depuis plusieurs mois. En décembre, il était à l’indice 123,8 (-0,9%/ décembre 2024). Les baisses du prix de l’aliment (-4,3%) et de l’énergie (-12,6%) étaient partiellement compensées par la hausse du prix des engrais (+12,2%).

À noter, l’IPAMPA ne couvre pas l’ensemble des charges des exploitations. D’autres charges comme les coûts salariaux ou les coûts des travaux par tiers, qui ne sont pas prises en compte dans l’IPAMPA, restent en hausse par rapport à 2024.