L’excédent commercial laitier français en forte hausse

Les exportations laitières françaises ont progressé en volume sur les huit premiers mois de 2026. Toutefois, la baisse des valeurs unitaires limite la hausse des recettes à l’export et fait reculer la facture des importations. L’excédent commercial laitier a bondi de 53% sur un an.

Des exportations dynamiques en volume malgré le repli des fromages et du lait infantile

Sur les huit premiers mois de 2026, les exportations françaises de produits laitiers ont progressé de 12,5% en volume équivalent lait par rapport à la même période de 2025. Cette dynamique particulièrement soutenue s’est toutefois quelque peu atténuée en juillet et en août, dans un contexte de stabilisation de la collecte laitière française.

Les exportations de lait vrac ont connu une envolée spectaculaire, en hausse de 108%. Cette progression s’explique notamment par de très fortes augmentations des expéditions vers les Pays-Bas et l’Espagne. Les expéditions de poudre maigre ont également progressé de 27%. La France exporte ces produits vers une grande diversité de pays, avec toutefois des évolutions très contrastées selon les destinations. Les Pays-Bas occupent la première place, avec 16% des exportations et une progression de 38% sur les huit premiers mois de l’année. L’Italie arrive en deuxième position, avec 9% de part de marché et une hausse plus modérée de 7%. L’Égypte, également créditée de 9% des exportations, se distingue par une forte progression de 65%. Les ventes vers l’Indonésie ont, quant à elles, bondi de 285%. Les exportations de beurre affichent, elles aussi, une forte croissance de 29% en volume. Là encore, les débouchés sont nombreux et répartis sur plusieurs continents. La Belgique reste la première destination, avec 15% de part de marché et une hausse des exportations de 20%. La Corée du Sud arrive en deuxième position (8 % des volumes, +5%), devant l’Espagne (7% des volumes, +52%), les Pays-Bas (7% des volumes, +124%) et la Chine (7% des volumes, +37%). Les exportations vers les États-Unis, qui représentent 5% des volumes, ont également progressé de 16%.

Dans ce tableau globalement favorable, les exportations de fromages et de poudres de lait infantile font figure d’exception. Les fromages, premier poste d’exportation français de produits laitiers, ont reculé de 1% en volume sur les huit premiers mois de 2026. Cette baisse est particulièrement marquée pour les fromages râpés, dont les expéditions ont chuté de 13%. Les exportations de poudres de lait infantile ont également nettement diminué, de 9% sur la période.

Des recettes à l’export presque stables malgré la hausse des volumes

Malgré la forte progression des volumes exportés, les exportations françaises de produits laitiers n’ont augmenté que de 1% en valeur sur les huit premiers mois de 2026, pour atteindre 6,128 milliards d’euros. La répartition de cette valeur met en évidence le poids de deux grandes catégories : les fromages, qui représentent 41% des recettes à l’export, et les ingrédients secs, qui en concentrent 29%. La part des fromages s’est réduite par rapport à la même période de 2025, où elle atteignait 43%. À l’inverse, celle des ingrédients secs a progressé de 26% à 29%, portée notamment par la forte hausse des exportations de poudre maigre.

Cette évolution contrastée s’explique par le recul marqué des valeurs unitaires moyennes à l’export. Celles-ci ont fortement diminué dans le sillage des cotations. C’est notamment le cas pour le lait vrac (-52%) et les laits conditionnés (-33%), mais aussi pour la crème (-21%) et le beurre (-26%). Les fromages ont mieux résisté, avec un repli limité à 3%. À contre-courant de cette tendance, les poudres de lait infantile affichent une nette hausse de leur valeur unitaire moyenne, de 19% sur la période.

Fromages et yaourts dopent la progression en volume des importations laitières

Sur les huit premiers mois de 2026, les importations françaises de produits laitiers ont progressé de 6,3% en volume équivalent lait par rapport à la même période de 2025. Cette hausse est particulièrement marquée pour les fromages (+13%) et les yaourts (+27%).

Au sein des fromages, les importations de fromages frais ont augmenté de 16,1%, tandis que celles de fromages râpés ont bondi de 31,6%. L’Italie domine largement les approvisionnements en fromages frais, avec 55% des volumes importés et une progression de 24% sur un an. L’Allemagne arrive en deuxième position, avec 16% de part de marché, mais ses expéditions sont restées stables. Pour les fromages râpés, la Belgique occupe la première place, avec 38% des volumes et une envolée de 70% en un an. L’Italie, deuxième fournisseur avec 24% de parts de marché, affiche des volumes stables, tandis que les importations en provenance des Pays-Bas, qui représentent 19% des volumes, ont progressé de 50%.

Les importations de yaourts affichent la plus forte hausse parmi les catégories citées. L’Allemagne reste le premier fournisseur, avec 35% des volumes importés et une hausse de 12%. La Grèce se place en deuxième position, avec 16% de part de marché et une progression de 34%. Enfin, les importations en provenance d’Islande, qui représentent 11% des volumes, ont plus que doublé, bondissant de 119% sur un an.

Les importations laitières reculent fortement en valeur sous l’effet de la baisse des prix

Sur les huit premiers mois de 2026, les importations françaises de produits laitiers ont atteint 4,031 milliards d’euros, en recul de 15% par rapport à la même période de 2025. Les fromages représentent désormais 54% de la valeur totale des importations en valeur, contre 47% un an plus tôt. À l’inverse, la part du beurre s’est réduite, passant de 28% à 21%, malgré son poids toujours important dans les achats français à l’étranger.

Ce recul en valeur s’inscrit dans un contexte de forte baisse des valeurs unitaires moyennes à l’importation. Celles-ci ont diminué de 38% pour les crèmes, de 32% pour le beurre, de 17% pour les yaourts et de 14% pour les fromages. La baisse des prix à l’importation contribue ainsi à expliquer le recul marqué de la valeur des achats français, malgré la progression des volumes importés.

Le solde commercial laitier français en nette amélioration

Sur les huit premiers mois de 2026, l’excédent commercial français en produits laitiers a fortement progressé, atteignant 2,097 milliards d’euros, soit une hausse de 53% par rapport à la même période de 2025. Cette amélioration s’explique notamment par le dynamisme des exportations en volume conjugué au recul de la valeur des importations sous l’effet de la baisse des prix unitaires. Dans le détail, le solde commercial est resté stable pour les fromages, tandis qu’il s’est nettement amélioré pour la crème (+206%) et la poudre de lait infantile (+14%). L’excédent sur la poudre maigre a également progressé de 24%. Enfin, le déficit commercial en beurre s’est réduit de 65%, porté par la hausse des exportations et le recul des importations.