Les prix des veaux de boucherie sont repartis nettement à la hausse aux Pays-Bas et en Italie, et frémissent en France, sans pour autant résorber l’engorgement subi par le marché depuis le printemps.
Les prix repartent à la hausse
Les prix des veaux de boucherie en UE sont repartis à la hausse début septembre, à l’image du cours aux Pays-Bas, avec le retour d’une consommation un peu plus dynamique en Europe.

La hausse est nette aux Pays-Bas et en Italie :
- Le veau de boucherie pie-noir néerlandais cotait 6,60 €/kg de carcasse en semaine 37, soit un gain de 40 centimes sur un mois,
- La tendance est plus marquée encore en Italie, avec une cotation à 6,80 €/kg de carcasse en semaine 37, en hausse de 50 centimes sur quatre semaines.
En France, les cours frémissent sans atteindre le niveau des autres pays européens.

En semaine 37 dans l’Hexagone :
- Le veau rosé clair O cotait 7,60 €/kg de carcasse, en légère hausse de 10 centimes sur quatre semaines,
- Le veau rosé clair R gagnait 18 centimes sur un mois, à 8,23 €/kg de carcasse,
- Le veau sous la mère rosé clair U frémissait également, à 11,67 €/kg de carcasse (moyenne semaines 34 à 37), soit une hausse de 13 centimes sur un mois.
Ces tendances contrastées sur les veaux finis ne se traduisent pas encore dans les prix de gros des carcasses de veaux.

En moyenne entre le 1er et le 14 septembre, la carcasse de veau rosé clair O française cotait 7,85 €/kg à Rungis, contre 6,70 €/kg pour le veau rosé clair O d’origine UE. L’écart est ainsi ramené à 1,15 €/kg, en légère baisse par rapport aux derniers mois (il était de 1,30 €/kg au premier semestre). La hausse des cours plus mesurée en France qu’aux Pays-Bas pourrait conduire à réduire encore cet écart et donner un peu d’air au commerce de la viande de veau française.
Stabilisation de la production française
Après un début d’année en net recul, les abattages de veaux de boucherie ont moins reculé en août en France, comparés aux mois précédents.

En août, 65 000 veaux ont été abattus en France, en léger recul (-2 000 têtes) sur un an. En cumul sur huit mois, les abattages ont nettement reculé, de 8% /2025 (-51 000 têtes), avec 564 000 veaux abattus pour 84 000 téc produites (-7% /2025).

La hausse subie de l’âge à l’abattage, qui a atteint 202 jours en août (+7 jours /2025), et l’augmentation de 4 kg des poids carcasse qui en découle, conduit à une stabilité de la production de viande de veau en août, comparée à 2025, à 10 000 téc.
Poursuite de la croissance de la production en UE
Aux Pays-Bas, les abattages de veaux de boucherie poursuivaient leur hausse en juin, avec 107 000 veaux abattus (+10% /2025) pour 17 000 téc (+15% /2025). Là aussi, le marché peu fluide semble avoir conduit à une nette hausse des poids carcasse.

En cumul sur six mois, 610 000 veaux ont été abattus aux Pays-Bas, en hausse de 1% /2025.
La situation est similaire en Italie, avec 361 000 veaux abattus entre janvier et juillet (+3% /2025), dont 53 000 pour le seul mois de juillet. Ces abattages élevés dans toute l’Europe sont venus engorger un marché peu dynamique jusqu’à la fin du mois d’août. La reprise automnale laisse désormais espérer une fluidification du commerce et un écoulement des stocks en viande et en animaux finis.
Inquiétudes sur les prix du gaz
La guerre au Moyen-Orient continue de peser sur les prix des produits pétroliers.

L’indice des prix du propane du ministère de la Transition écologique est ainsi en hausse de 3% /2025 en juillet, dernière donnée disponible. Il atteint son plus haut niveau depuis dix ans, à 124,6 points, soit une croissance de 7% depuis janvier.
Matières premières lactées à des niveaux record
Les prix des aliments lactés pour veaux étaient également en nette hausse, dans la lignée des prix de l’énergie.

En semaine 37, la poudre de lactosérum doux animal cotait ainsi 1 630 €/tonne d’après ATLA, un niveau très supérieur à l’année dernière (+755 €) et en forte hausse de 52% depuis le début de l’année. La poudre de lait écrémé, réservée aux productions les plus qualitatives, gagnait 51% depuis le début de l’année, à 3 180 €/tonne (+910 € /2025).
Cette hausse commence à se voir dans l’IPAMPA aliments d’allaitement pour veaux, qui atteignait 127,2 points en juillet 2026, en hausse de 3% /2025, mais toujours loin de son record à plus de 150 points en 2022.
L’IPAMPA aliments fibreux pour veaux restait en légère hausse en juillet, à 124,4 points (= /2025), loin également de son record de début 2023, à 150,7 points. Les récentes augmentations des cours des céréales pourraient peser dans les prochains mois sur les cours de l’aliment fibreux. Pour en savoir plus, lisez notre article dédié aux matières premières et à l’énergie.
