La consommation portée par les produits laitiers protéinés

Après un début d’année dynamique, les achats de produits laitiers des ménages ont ralenti, avec des évolutions contrastées selon les catégories. Les produits riches en protéines continuent de tirer la consommation, tandis que le bio confirme progressivement son redressement.

Les produits protéinés tirent les achats des ménages

Après un début d’année bien orienté, les achats de produits laitiers par les ménages en magasins généralistes marquent le pas. En équivalent lait, ils reculent de 1,4% sur la période P3 (23 février – 22 mars 2026) avant de se stabiliser sur la période suivante (23 mars – 19 avril).

Cette évolution globale masque toutefois des dynamiques très contrastées selon les catégories de produits. Le lait liquide confirme sa tendance structurellement baissière, tout comme les desserts lactés frais, en net repli (-3,5% en P4 et -2,3 % sur 12 mois). Le beurre présente, quant à lui, une évolution irrégulière, alternant phases de hausse et de repli, avec un recul marqué sur la dernière période (-1,5%).

Les fromages conservent dans l’ensemble une dynamique positive, malgré des évolutions hétérogènes selon les segments. Les pâtes molles reculent (-2,6% en P4 comme sur 12 mois), à l’image des pâtes pressées non cuites (-1,3% en P4 et -0,9% sur 12 mois). À l’inverse, les pâtes pressées cuites restent bien orientées (+1,0% en P4 et +0,4% sur 12 mois), tandis que les pâtes fraîches salées affichent la progression la plus soutenue du rayon (+4,2% en P4 et +10,6% sur un an).

Les yaourts confirment leur rôle de moteur de la consommation laitière. En forte progression depuis 2023, ils poursuivent leur dynamique récente avec une hausse de 5,6% en P4 et de 4,1% sur 12 mois. Sur 12 mois, les yaourts standard progressent de 1,9%, portés notamment par l’essor des yaourts hyper protéinés (+196%). Les produits allégés suivent cette tendance (+20,9% sur un an), également soutenus par le segment hyper protéiné. Cette montée en puissance des produits riches en protéines reflète des attentes des consommateurs, de plus en plus attentifs aux bénéfices nutritionnels et aux usages liés au sport ou au contrôle du poids.

À noter également la bonne orientation des fromages frais (+4,1% en P4 et +2,1% sur 12 mois), ainsi que la dynamique toujours favorable des achats de crème, qui restent bien orientés sur l’ensemble des périodes.

La consommation de produits laitiers bio poursuit son redressement

Après plusieurs mois de reprise, les achats de produits laitiers biologiques en magasins généralistes continuent d’afficher une dynamique favorable en ce début d’année 2026.

Le lait liquide bio enregistre notamment une nette accélération, avec des achats en hausse de 12% en P4, après un redémarrage plus tardif que celui observé sur d’autres catégories de produits laitiers bio. Le beurre bio poursuit également sa progression (+4% en P4). Les achats de fromages bio et d’ultra-frais bio restent orientés à la hausse, avec une progression de 1% sur la période. La crème bio constitue la seule catégorie en repli en P4 (-5%). Cette baisse récente ne remet toutefois pas en cause la tendance de hausse observée sur les douze derniers mois (+1%).

Sur un an, c’est l’ultra-frais bio qui affiche les évolutions les plus favorables, avec une progression des achats de 3%.

Des prix à la consommation des produits laitiers globalement stables

L’indice des prix à la consommation des produits laitiers, tous circuits confondus, a peu évolué au cours des derniers mois. En avril 2026, il affichait une hausse limitée de 0,7% par rapport à avril 2025, soit une progression inférieure à celle observée pour l’ensemble des produits alimentaires (+1,3%).

Dans le détail, les prix du lait écrémé ont augmenté de 0,8% sur un an, tandis que ceux du beurre ont progressé plus nettement (+1,7%). Les prix des yaourts sont restés stables. Les fromages et la crème ont, quant à eux, enregistré des hausses modérées de 0,3%.

Les évolutions des prochains mois demeurent toutefois incertaines. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient entraîner une hausse des coûts des emballages, fortement dépendants des marchés de l’énergie et des matières premières. Ces évolutions pourraient, à terme, se répercuter sur les prix des produits laitiers à la consommation.