Le contexte sanitaire a engendré des avortements chez les génisses, accélérant la baisse du nombre de vaches dans le cheptel laitier comme dans le cheptel allaitant au 1er décembre. Conséquence de la décapitalisation, la France produira moins de viande bovine en 2025.
La baisse du cheptel s’accélère
La baisse du cheptel s’est accélérée cet automne. Le nombre de vaches allaitantes présentes dans les fermes françaises au 1er décembre 2024 était en recul de 2,0% d’un an sur l’autre à 3,404 millions de têtes, contre seulement -1,5% au 1er septembre. Cela s’explique par le faible nombre d’entrées dans le troupeau (génisses devenant vaches) qui a baissé d’un an sur l’autre de 7% en septembre, 13% en octobre et 8% en décembre. MHE, FCO3 et FCO8 ont en effet mis à rude épreuve les élevages provoquant des problèmes de fertilité et des avortements en particulier chez les génisses.

Les troupeaux laitiers ont rencontré des problèmes similaires. Le nombre de vaches laitières présentes dans les fermes françaises au 1er décembre 2024 était en recul de 2,1% d’un an sur l’autre à 3,303 millions de têtes, contre seulement -1,4% au 1er septembre.

Production de viande bovine en baisse en 2025 (prévisions Idele)
Après s’être quasiment stabilisée en 2024 grâce à la hausse des abattages de jeunes bovins, la production de viande bovine abattue devrait repartir à la baisse en 2025, à 1,290 million de téc (-1,8% /2024).

Les tonnages de femelles baisseraient significativement (-27 000 téc). En effet, les cheptels reproducteurs sont en nette baisse en raison du contexte sanitaire. La décapitalisation devrait en outre ralentir dans le cheptel laitier du fait du contexte laitier porteur, ce qui conduira à une forte baisse des réformes laitières. La décapitalisation allaitante se poursuivra compte tenu des difficultés rencontrées par les éleveurs. Pour autant, moins de vaches allaitantes seront disponibles pour la réforme alors que les génisses de boucherie seront un peu plus nombreuses.
La production française de mâles, taurillons et bœufs, augmenterait modérément (+6 000 téc). La production de jeunes bovins de type viande progresserait de 1,4%, grâce à une part de broutards conservée en France toujours plus importante et à une légère hausse du poids moyen. Les abattages de jeunes bovins de type lait devraient poursuivre leur déclin (-6%). La production de bœufs a marqué un retour inattendu en 2024, qui devrait se poursuivre en 2025 (+10%) si l’on en croit la forte hausse des effectifs en ferme de mâles âgés de plus de 2 ans.
La production de veaux de boucherie reculerait moins fortement que lors des trois années précédentes (-3 000 téc /2024). Les niveaux de charge des ateliers se sont stabilisés et les prix des veaux gras ont progressé. Le secteur a également montré quelques signaux positifs au niveau du remplacement des départs en retraite.
Pour en savoir plus sur nos prévisions, consulter notre communiqué de presse.
Forte hausse des prix des jeunes bovins
Les cours des jeunes bovins restaient orientés à la hausse en janvier. Le marché européen est toujours en tension, avec très peu d’offre en Italie notamment, et des prix très élevés pour démarrer l’année, comme le détaille notre article sur le marché européen.

La cotation française du JB U a gagné 10 centimes en quatre semaines pour grimper à 5,96 €/kg de carcasse en semaine 3 de 2025 (+9% /2024) et celle du JB R 13 centimes à 5,78 €/kg (+9% /2024). La cotation du JB O a gagné 5 centimes à 4,96 €/kg (+3% /2023).
Hausse des cours des femelles de race à viande
Les cours des vaches de race à viande ont démarré l’année à des niveaux bien supérieurs à ceux de l’an dernier, l’offre étant à peine suffisante pour répondre à la demande des abattoirs.

En semaine 3 de 2025, la vache R cotait 5,61 €/kg de carcasse (+4% /2024). La vache U standard cotait 6,06 €/kg, surplombant les niveaux atteints les années précédentes (+4% /2023).
Les cours des laitières remontent
Les cotations des vaches laitières démarrent l’année à un niveau intermédiaire entre 2024 et 2023, mais elles sont orientées à la hausse.

La cotation de la vache O a gagné 8 centimes en quatre semaines pour remonter à 4,67 €/kg de carcasse en semaine 3 (+7% /2024). Dans le même temps, la vache P a gagné 11 centimes, à 4,36€/kg (+8% /2023).
